Le blog de michel koppera

Suite des aventures de Mary en terre bordelaise...

"In vino veritas", chapitre 2

Lundi, premier jour.

Le matin du départ, Mary vérifia une dernière fois le contenu de sa valise. Après avoir consulté la météo qui annonçait une semaine de très beau temps sur le sud-ouest, elle remplaça ses pull-overs et ses pantalons par des robes de cotonnade légère et des débardeurs. Au dernier moment, sans bien savoir pourquoi, elle y ajouta furtivement un maillot de bain deux pièces, plusieurs paires de bas et deux porte-jarretelles en dentelle.

vino3Dans l'avion, elle relut une énième fois le programme de la semaine. Maintenant qu'elle était partie, sans raison valable ni possibilité de faire demi-tour, elle sentait monter en elle une réelle excitation tempérée par la très légère angoisse que lui procurait la solitude.

À l'aéroport de Mérignac, elle fut prise en charge par un chauffeur de grosse berline allemande qui l'emmena jusqu'à l'hôtel, Allée de Tourny, tout près de la Place des Quinconces. Un groom en livrée la précéda jusqu'au troisième étage, chambre 317. Tout en escamotant son pourboire, il lui rappela qu'elle était attendue dans la salle restaurant pour le dîner à partir de 20h 30. La chambre était spacieuse, le lit très large. Mary se dit qu'on pouvait y dormir confortablement à trois, sans se gêner... En attendant le dîner, elle prit une douche dans la vaste salle de bains au sol et aux murs carrelés de marbre, se regarda nue dans le grand miroir mural, se soupesa les seins à deux mains, se dit qu'elle aurait peut-être dû tailler l'épais buisson noir qui fleurissait en haut de ses cuisses, se trouva finalement plutôt belle, s'allongea sur le lit, alluma la télé, se caressa la chatte en toute innocence tout en regardant un documentaire sur le Grand Nord, se demanda comment elle allait s'habiller pour le dîner, puis s'endormit...

Au restaurant, elle fit la connaissance du Président du Syndicat, un petit homme jovial au charme compassé, venu accompagné de son épouse blonde décolorée. On lui présenta aussi Monsieur David Signac qui ferait office chauffeur-guide. C'était un homme d'une quarantaine d'années, plutôt stylé, aimable et attentionné, qui la mit immédiatement à l'aise. Ce n'était pas le cas du dernier convive !

- Je vous présente Monsieur Clément Dutertre, votre collègue de Normandie.

Mary le regarda et au premier coup d'œil il lui fut antipathique. Elle ne parvenait pas à se le représenter responsable du rayon Vins dans une grande surface. Le front bas, le regard gris et froid, la voix sombre, taillé comme un rugbyman, il avait plutôt l'allure d'un bûcheron ou d'un boucher. Oui, c'était cela : un boucher ! Sans doute à cause de ses mains, deux battoirs aux phalanges velues, des mains puissantes d'étrangleur. Tout en l'observant plus attentivement, Mary se remémora "Le Boucher", un film de Chabrol où Jean Yanne interprétait un boucher meurtrier. Elle fut parcourue d'un frisson. Cela n'enleva rien à la convivialité du dîner : les mets étaient raffinés et la conversation roulait sans encombre sur le mode policé, entre gens de bonne compagnie. À l'arrivée du plateau de fromages, Mary sentit sous la table, un pied se frotter au sien. La sagesse lui commandait de refuser l'avance, elle n'en fit rien. Encouragé, le pied indécent remonta lentement le long de son mollet, de la cheville à la saignée du genou et redescendit tout aussi lentement. Le petit jeu dura jusqu'au tiramisu. Elle chercha à lire sur le visage des convives à qui appartenait ce pied audacieux. Peine perdue ! Elle se laissa gagner par la langueur de la caresse. Puis, le pied baladeur se retira aussi mystérieusement qu'il s'était approché dans les coulisses de la nappe blanche.

De retour dans la solitude de la chambre 317, Mary se branla avec énergie, pressée soulager sa vulve toute moite de désir.

à suivre...

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Sam 19 mar 2016 Aucun commentaire