Le blog de michel koppera

Extrait des mémoires de Jacques Casanova de Seingalt ( 1725-1798). Le passage qui va suivre se trouve au début du chapitre « La Dubois », jeune femme de 25 ans qui fut la gouvernante puis la maîtresse de Casanova en 1760. Dans l’extrait, Casanova se retrouve à Berne en compagnie de trois femmes ( la Dubois, sa bonne et deux Suissesses ) pour une « partie carrée ».

 

« Nous nous enfermâmes tous les quatre dans le bain.

Dès que je fus déshabillé, j’entrai dans l’eau avec ma robuste Suissesse. Ma bonne allait lentement : la nouveauté l’étonnait, et quelque chose dans sa mine annonçait le repentir de s’être engagée si avant ; mais, faisant bonne contenance, elle se mit à rire en me voyant frotter d’importance par mon grenadier féminin. Elle eut quelque peine à de défaire de sa chemise ; mais, comme il n’y a que le premier pas qui coûte, une honte ayant vaincu l’autre, elle la laissa tomber, et, malgré ses deux mains, elle m’étala comme malgré elle toute la beauté de ses formes. Sa servante se préparait à la traiter comme je l’avais été la veille, mais elle la pria de la laisser tranquille ; et, l’ayant imitée en revoyant la mienne, il fallut bien qu’elle se décidât à se laisser servir par moi.

Les deux Suissesses, qui sans doute s’étaient souvent trouvées en pareille situation, se mirent en devoir de nous donner un spectacle qui m’était bien connu, mais qui était tout à fait étranger à ma chère Dubois.

Ces deux bacchantes commencèrent à imiter les caresses que je faisais à ma bonne, tandis que celle-ci ne pouvait revenir de sa surprise en voyant la fureur avec laquelle ma servante jouait le rôle d’homme auprès de la sienne. J’avoue que j’en étais un peu étonné moi-même, malgré les transports que ma belle religieuse de Venise m’avait fait voir six ans auparavant avec ma belle C.C.

Je n’aurais jamais pu croire que quelque chose de ce genre eût pu me distraire, ayant entre mes bras pour la première fois une femme que j’aimais et qui possédait tous les charmes qui peuvent captiver tous les sens ; mais l’étrange lutte de ces deux jeunes ménades l’occupait comme moi.

«  Il faut, me dit la bonne, que la fille que vous avez prise soit un garçon.

- Mais, ma chère, dis-je, vous avez vu sa gorge et ses formes ?

- Oui, mais cela n’empêche pas. »

Ma grosse Suissesse qui l’avait entendue, se retourna, et me fit voir une chose que j’aurais crue impossible. Cependant je ne pouvais m’y méprendre ; c’était bien une membrane féminine, mais beaucoup plus longue que mon petit doigt et d’une raideur capable de pénétrer. J’expliquai à ma chère Dubois ce que c’était ; mais, pour la convaincre, je fus obligé de le lui faire toucher. L’insolente créature poussa le dévergondage jusqu’à lui offrir d’en faire l’essai sur elle, et elle y mettait une insistance si passionnée, que je fus obligé de la repousser. Se retournant alors vers sa compagne, elle assouvit sur elle sa lubrique fureur. Cette vue, malgré ce qu’elle pouvait avoir de dégoûtant, nous irrita si fort, que ma bonne, cédant à la nature, m’accorda tout ce que je pouvais désirer.

Cette fête dura deux heures, et nous fit rentrer en ville très contents l’un de l’autre. » 


Dim 16 nov 2008 Aucun commentaire