Le blog de michel koppera

      
Paul Delvaux, Chrysis, mai 1967.
Voilà maintenant dix ans que Chrysis veille sur moi, dix ans qu'en affiche de 1,50 m sur 0.80 m, elle surplombe ma table de travail. Il me suffit de lever la tête pour la voir, tendrement penchée au-dessus de moi. Malgré ses paupières chastement baissées, elle me regarde à travers la jalousie de ses longs cils sombres. Elle ne marche pas. Non, elle est debout, immobile, le bougeoir à la main. Que fait-elle là, seule dans la nuit, sur ce quai étrange ? Vient-elle de descendre l'escalier qui mène à la porte close ou d'arriver par la rue pavée qu'éclaire maigrement un réverbère solitaire ? Je sais qu'elle m'attend. Elle n'a pas encore froid malgré la nuit. Elle est belle... J'aime ses seins aux mamelons durs et pointus, ses mains délicates, la fragilité de ses épaules et l'ombre secrète de ses salières... J'aime son ventre, ses hanches, son nombril et surtout sa chatte châtain, poilue juste comme il sied à une jeune femme immortelle.             
       Chrysis a de grands pieds, mais c'est pour mieux venir me chercher et rester là, debout, immobile à attendre que j'en ai terminé d'écrire et que je me lève enfin pour la prendre dans mes bras, car elle commence à avoir froid, toute nue et toute seule dans la nuit...

Mer 18 mar 2009 Aucun commentaire