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Richard FORD : « Canada »
Editions de l’Olivier, 2013
478 pages, traduit de l’américain par Josée Kamoun
Pages 215-216
À 15 ans, Dell ( le narrateur) et sa sœur jumelle Berner se retrouvent seuls dans la maison familiale à la suite de l’arrestation de leurs parents. La nuit venue, Berner vient se coucher dans le lit de son frère
« Elle avait
pleuré ; elle sentait les larmes et la cigarette. Elle n’avait rien sur elle, ça m’a fait un choc. Sa peau était froide, et elle s’est collée contre moi, dans mon pyjama. Pleurer l’avait
refroidie. Elle a pris ma main et l’a posée sur son ventre. « Réchauffe-moi, elle a dit, j’arrive pas à dormir. » Elle a reniflé et poussé un soupir. « C’est d’avoir bu ce
whisky, ça empêche de dormir. » Elle s’est serrée encore plus contre moi. Je sentais le savon sur sa peau, les pastilles Vicks, la fumée dans ses cheveux. Elle a logé son visage acnéique
contre mon cou ; ses joues étaient humides et fraîches ; elle avait le nez bouché.
« Je dormais, ai-je menti.
- Rendors-toi, je te dérangerai pas », elle a dit. Un train a sifflé dans la nuit. J’avais les bras croisés. Elle a saisi ma main.
« Je vais fuguer toute seule », elle a chuchoté à mon oreille. Elle s’est éclairci la gorge, elle a dégluti, ravalé ce qu’elle avait dans le nez. « Je suis folle, je fais n’importe quoi. »
Pendant un temps, elle n’a plus rien dit. J’étais allongé auprès d’elle, je respirais. Et puis, soudain, elle m’a embrassé brutalement, dans le cou, sous l’oreille, et elle s’est rapprochée de moi d’un mouvement brusque. Je n’étais pas fâché qu’elle m’embrasse ; ça me rassurait. Elle a lâché ma main et a baladé la sienne qui était rêche et osseuse. « Je voulais le faire ce soir avec Rudy ( le petit ami de Berner), elle a dit, mais je vais le faire avec toi.
- D’accord », j’ai dit. Je voulais bien. Ça m’était égal.
« Ce ne sera pas long. On l’a déjà fait dans sa voiture. Il faut que tu saches ce que c’est, de toute façon.
- J’en ai aucune idée.
- Encore mieux. Ça ne comptera pas. Tu oublieras.
- D’accord
- Je te promets, elle a dit, ça n’a pas la moindre importance. »
Et il n’y a rien à ajouter. Ça ne se répète pas. Ça ne voulait pas dire grand-chose, ce qu’on a fait, sauf pour nous, sauf sur le moment. Plus tard, dans la nuit, Berner s’est réveillée, elle s’est assise dans le lit et elle m’a dit, parce que j’étais réveillé :
« T’es pas Rudy.
- Non, je suis Dell.
- Eh ben, je voulais juste te dire au revoir.
- Au revoir. Où tu vas ? » Elle m’a souri, ma sœur, et puis elle s’est rendormie mes bras autour d’elle, au cas où elle aurait peur, ou froid. »
Ce que j'en pense : un roman magistral où le sexe
n'occupe qu'une infime partie. Récit initiatique du passage du monde de l'enfance à l'âge adulte. Difiicile de parler simplement d'un ouvrage aussi dense.
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