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Gabriel García Márquez " Vivre pour la raconter" (2002)
Livre de poche n° 30538 (572 pages)
Récit autobiographique de son enfance en Colombie et de ses débuts en littérature.
Page 197-199. Le jeune Gabriel est envoyé par son père pharmacien pour encaisser des dettes dans un bordel aux environs de la ville de Sucre.
" Je passai la tête par la porte entrebâillée d'une pièce qui donnait sur la rue et j'aperçus une femme
qui faisait la sieste sur un lit de camp, pieds nus, vêtue d'une combinaison qui laissait ses cuisses à découvert. Avant que j'aie pu dire un mot, elle s'assit sur le lit à moitié endormie
et me demanda ce que je voulais. Je lui expliquai que j'avais un message de mon père pour don Eligio Molina, le propriétaire. mais au lieu de m'indiquer où le trouver elle me donna l'ordre
d'entrer, de fermer la porte, de pousser le loquet, et elle accompagna d'un mouvement de l'index ces deux mots qui voulaient tout dire :
- Viens ici.
À mesure que je m'approchais d'elle, le bruit de sa respiration précipitée, pareil au courant d'air d'un fleuve, remplissait la pièce. Me saisissant de la main droite par le bras, elle fit glisser la gauche dans ma braguette. Je fus pris d'une délicieuse terreur.
- Alors comme ça tu es le fils du docteur aux petites pastilles, me dit-elle tandis que cinq doigts agiles
continuaient de me tripoter et me donnaient l'impression qu'elle en avait dix. Elle baissa mon pantalon tout en me murmurant des mots tendres à l'oreille, passa sa combinaison au-dessus de sa
tête et s'allongea sur le lit avec pour tout vêtement une petite culotte à fleurs.
- C'est toi qui me l'enlèves, me dit-elle. C'est un travail d'homme.
Je défis le cordon mais dans ma hâte je ne pus la lui ôter et elle dut m'aider en étirant les jambes avec des ondulations de sirène. Puis elle m'attrapa sous les bras et me plaça au-dessus d'elle dans la position classique du missionnaire. Elle s'occupa du reste, jusqu'au moment où je crus mourir sur elle, englué dans le suc de ses cuisses de pouliche.
Tournée sur le côté, elle me regardait droit dans les yeux sans dire un mot et moi je soutenais son regard dans l'espoir de recommencer, sans peur et avec moins de hâte. Soudain elle me dit qu'elle ne me ferait pas payer les deux pesos de la passe parce que je n'étais pas venu pour ça. Puis, se rallongeant sur le dos, elle ajouta en me dévisageant :
- C'est toi le gentil grand frère de Luis Enrique, n'est-ce pas ? Vous avez la même voix.
J'eus la naïveté de lui demander d'où elle le connaissait.
- Ce que tu peux être bête, rit-elle. La dernière fois qu'il est venu, il a même laissé un caleçon que j'ai lavé.
Vu l'âge de mon frère, je crus qu'elle exagérait, mais quand elle me le montra je dus me rendre à l'évidence. Alors, elle bondit hors du lit, nue, avec une grâce de danseuse, et tandis qu'elle se rhabillait, elle m'expliqua que je trouverais don Eligio Molina à la première porte à gauche. À la fin, elle me demanda :
- C'est la première fois, pas vrai ?
Mon coeur ne fit qu'un bond.
- Penses-tu, répondis-je, c'est au moins la septième.
- De toute façon, ajouta-t-elle avec une expression moqueuse, tu devrais dire à ton frère de te donner quelques leçons. "
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