Vendredi 30 mars 2018
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"Vernon Subutex", tome 1
Extrait n° 2 : pages 228-229
Gaëlle parle à Vernon de sa copine : " Elle a vingt ans de moins que moi. Elle veut faire
la fête tout le temps, elle me fatigue, t'imagines pas l'énergie qu'elles ont à cet âge-là... moi, quand j'étais jeune, c'était quand même dur d'être lesbienne. Mais les jeunes, aujourd'hui,
elles ont une vie, elles ont des soirées tous les soirs... elles sont deux mille là-dedans, à frimer dans tous les sens... t'imagines pas comment elles baisent, les garces : elles débarquent,
elles sortent direct le harnais et le gros real skin et tout leur paraît normal. Des trucs que j'ai mis des années à faire, elles commencent par là, les gamines..." Et elle avait commencé à le
chauffer, en faisant semblant de ne pas savoir ce qu'elle faisait, en lui décrivant dans le détail la texture douce et la praticité des nouveaux godes ceintures...
Par michel koppera
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Lundi 26 mars 2018
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Virginie Despentes : Vernon Subutex, tome 1(2015)
Editions Le livre de poche n° 34047, 429 pages.
Un chef d'œuvre, un roman qui vous scotche de la première à la dernière page. On ne peut s'empêcher de
s'identifier à l'un ou l'autre des personnages, il y a forcément quelqu'un qui nous ressemble ! Comme toujours avec Virginie Despentes, le sexe est omniprésent, explicite ou latent.
Pages 174-175. " Paul entraîne Lydia dans l'entrée, il y a un recoin derrière l'ascenseur. C'est
la première fois qu'ils s'embrassent, et ils sont tout juste assez alcoolisés pour que ça fluidifie les gestes, mais pas assez pour faire des trucs grotesques. Demain, elle se souviendra de
chaque parcelle de cet instant-là. Parce qu'il n'y a que ça qui l'intéresse, dans la vie, mais ça
l'intéresse à fond : la première fois qu'on s'embrasse, la première fois qu'il soulève son pull et pose une main sur son soutien-gorge, puis fouille du bout des doigts pour l'écarter, s'en
débarrasser, la première fois qu'elle a posé sa main à plat contre sa queue dans son pantalon, et qu'il bandait si dur qu'elle a cru défaillir, la première fois qu'il a caressé son poignet pour
glisser sa paume ouverte contre sa chatte, et que directement deux doigts se sont glissés en elle, qu'il l'a possédée en la doigtant comme jamais elle n'avait été doigtée et qu'elle a joui
direct, debout, bassin soulevé vers lui, les yeux plantés dans les siens pour qu'il puisse voir l'effet qu'il lui faisait. Elle voulait le sucer dans l'entrée mais il a chuchoté "chez toi c'est
pas possible ?" et elle a répondu oui, tu peux venir mon mec n'est pas là. Ils sont sortis chercher un taxi."
Par michel koppera
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Mercredi 7 mars 2018
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Etienne LIEBIG, "Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle", 2006, Editions La
Musardine, Lectures amoureuses n° 105
Un récit érotique sur le mode "carnet de voyage". C'est frais, inconvenant et gaillard à souhait. Plutôt que de
vous donner un passage d'ébats sexuels, je préfère vous donner ce court postulat en préambule aux aventures du narrateur/pélerin :
page 14. "La sympathie, chez toutes les catholiques, précède immédiatement le gonflement des
canaux lactaires, la tumescence des petites lèvres à l'entrée du vagin et l'inflammation des muqueuses utérines qui facilitent votre travail d'homme."
Par michel koppera
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Lundi 5 mars 2018
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"Madame rêve", chanson extraite de l'album "Osez Joséphine" paru en
1991
Paroles de Pierre Grillet, musique de Alain Bashung
Madame rêve d'atomiseurs
Et de cylindres si longs
Qu'ils sont les seuls
Qui la remplissent de bonheur
Madame rêve d'artifices
De formes oblongues
Et de totems qui la punissent
Rêve d'archipels
De vagues perpétuelles
Sismiques et sensuelles
Refrain : D'un amour qui la flingue
D'une fusée qui l'épingle
Au ciel
Au ciel
On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin
On est loin
Madame rêve ad libitum
Comme si c'était tout comme
Dans les prières qui emprisonnent
Et vous libèrent
Madame rêve d'apesanteur
Des heures et des heures
De voltige à plusieurs
Rêve de fougères
De foudre et de guerres
À faire et à refaire
Refrain
Madame rêve
Au ciel
Madame rêve
Au ciel
Madame rêve
Par michel koppera
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Dimanche 29 octobre 2017
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Dominique Simon vient de faire paraître aux éditions YIL un recueil de 50 dessins érotiques au
graphisme inspiré des vases grecs antiques. Le trait est délicat, très épuré et l'inspiration exclusivement saphique.
L'ouvrage est intitulé : "Le petit théâtre d'Hélène"
Pour attiser votre curiosité, en voici trois échantillons
Pour prendre connaissance de la plaquette de présentation, cliquez ICI
Par michel koppera
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Vendredi 13 octobre 2017
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5 : La levrette, de l'animalité à la vulnérabilité
En latin, pour parler de levrette, on dit coitus more ferarum : "comme les animaux le font". Les
Anglais, eux, disent, doggy style ("comme un chien"). Dans "Sexe & philo", Francis Métivier cite Rousseau, penseur de l'animalité de l'homme, avec son "état de nature". la
bonté serait naturelle chez l'homme, et la méchanceté, le fruit des relations sociales. La levrette, position animale par excellence, cristalliserait cette ambivalence. "Au moment de la
levrette, l'homme défoule une animalité que sa gentillesse a refrénée."
Selon la version réactionnaire, l'homme devient pleinement un mâle et la femelle se révèle à elle-même en femelle.
Heureusement, le monde n'est pas si normé. Des femmes peuvent pénétrer des hommes dans cette position, des hommes peuvent aussi pénétrer des hommes. Et si l'on associe souvent la levrette à un
rapport de soumission-domination, il ne faut pas oublier que celle ou celui qui est à quatre pattes ne voit pas celle ou celui qui la ou le pénètre. À elle ou lui la liberté de l'imaginaire ! La
vulnérabilité n'est peut-être pas là où on l'imagine, observe Francis Métivier. Pendant l'acte, "la seule chose qu'il ou elle peut voir et toucher, ce sont les testicules de son partenaire.
Ses parties les plus vulnérables."
Par michel koppera
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Mercredi 11 octobre 2017
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4 : La sodomie, ou comment toucher le sublime
La pénétration
anale, rappelle Sylvain Bosselet, a longtemps été présentée comme contraire à la nature. " Elle est condamnée par la Bible (Sodome et Gomorrhe punies par Dieu) mais aussi par Mahomet."
Comme pour d'autres pratiques supposées non naturelles, Sylvain Bosselet nuance : "En réalité, elle est largement pratiquée dans le règne animal." Et même là, le fait d'offrir ses fesses
est associé à l'idée de soumission. "Y compris chez les singes, où le perdant d'une joute hirérarchique présente symboliquement ses fesses au mâle alpha qui mime quelques allers-retours de
sodomie! "
Tout est transgression dans la sodomie. Ce qui est sale devient désirable, "comme si les verrous de notre
éducation (devoir être propre) étaient "débordés" par le flot des désirs !" Ensuite, la sodomie contrevient à la fonction reproductive du sexe. "Le plus grand mystère : pourquoi
existe-t-il un orgasme anal (alors qu'il n'y a pas de reproduction possible) ? Et pire, pourquoi peut-il être plus grand que l'orgasme vaginal ou phallique ?" interroge Sylvain Bosselet.
Autre jeu avec les interdits : celui d'un corps qui s'affranchit de ses obligations. Francis Métivier écrit : " La fonction première du rectum est celle de contenant provisoire et,
surtout, d'expulsion. La sodomie serait donc un mouvement contre nature d'introduction pour cet organe dont la seule fonction vitale est une fonction de rejet. La sodomie constitue l'oubli de la
fonction organique et physiologique première du rectum et de l'anus, leur sublimation."
Sublimation. Pôles inversés. Ici, on ne résiste pas à l'idée de citer Beckett. Dans "Molloy", son personnage
réfléchit et s'interroge au sujet du "petit trou" : " On le méconnaît, à mon avis, ce petit trou, on l'appelle celui du cul et on affecte de le mépriser. Mais ne serait-il pas plutôt le vrai
portail de l'être, dont la célèbre bouche ne serait que l'entrée de service ?"
illustrations signées Tom Poulton et Alex varenne
Par michel koppera
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Lundi 9 octobre 2017
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3 : Le 69, un contrat social
Ici, tout le monde fait la même chose. Se goûter, se manger, s'absorber, se sucer. C'est intéressant car c'est la
seule position qui permette une telle réciprocité de don et de réception. Francis Métivier rappelle, au sujet de cette position symétrique, le concept de "pacte social", introduit par Hobbes dans
le "Léviathan", repris par Rousseau dans le "Contrat social" : " Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous
recevons encore chaque membre comme partie indivisible du tout" écrit ce dernier. Pas d'infraction sur le corps de l'autre, renoncement au plaisir individuel pur, on pense à soi mais tout
autant à l'autre, on s'applique à lécher tout autant qu'on est léché. La position quant à elle est variable : chacun peut être au-dessus ou en dessous, sur le côté, des deux côtés. Le 69 est
révolutionnaire, solidaire et égalitaire.
illustrations signées Alex Varenne et Tom Poulton
Par michel koppera
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Vendredi 6 octobre 2017
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2 : L'Andromaque et le pouvoir des femmes
La femme chevauche l'homme. Francis Métivier rappelle ce qu'on lit dans l"'Iliade" d'Homère ou encore dans la pièce
d'Euripide "Les Troyennes" : Andromaque chevauchait Hector, son mari troyen, au lit. L'étymologie même d'Andromaque raconte cette position : andros signifie "l'homme" et maché,
"combat", comme dans "tauromachie". "L'Andromaque est la position majeure de la domination de la femme sur l'homme, du grand renversement de la hiérarchie", résume Francis Métivier.
Ovidie complète : L'Andromaque est effectivement la position féminine par excellence. Elle permet aux femmes de contrôler parfaitement la vitesse et l'angle de pénétration et de parvenir
plus facilement à l'orgasme."
Par michel koppera
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Mercredi 4 octobre 2017
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L'Obs n° 2755 du 21 août 2017 a publié un dossier intitulé "Les philosophes et le
sexe". Parmi les articles, il y avait celui de Renée Greusard qui avait recueilli les analyses de Ovidie (ex-star du X et réalisatrice de pornos
féminins), Francis Métivier (docteur en philosophie) et Sylvain Bosselet ( agrégé de philo et auteur de "Je pense donc je jouis") Ensemble, il ont passé en revue
5 positions sexuelles. Voici, en 5 chapitres, l'intégralité de leurs propos.
1 : Le missionnaire, une certaine idée de la norme
"C'est encore la seule position autorisée dans l'État américain de Washington" rappelle Sylvain Bosselet.
Le missionnaire, c'est une certaine idée de la norme, la position du couple installé depuis fort longtemps ensemble. Dans l'imaginaire collectif, c'est une position civilisée, polie, que
l'on associe souvent à l'ennui. Sylvain Bosselet affirme qu'elle a été élue pour servir de repère : " Le propre de l'humain, c'est de vouloir accéder à des variations à partie d'une
norme." Quant à la singularité de cette position de l'amour pur, regard contre regard, visage contre visage, Sylvain Bosselet invite à la nuance : "On croyait que cette position était
spécifique à l'homme, or les bonobos la pratiquent aussi..."
ci-dessous, eau-forte de Rembrandt intitulée " Le lit à la française"
Par michel koppera
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