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Lundi 27 janvier 2020 1 27 /01 /Jan /2020 08:00

Boris VIAN, "Les morts ont tous la même peau" Collection Le Livre de poche n° 14193.  Ce petit polar de 125 pages est paru en février 1947 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan. 

Héros : Dan Parker, videur de club. Lieu : New-York

Dan, métis plus blanc que noir, voit son existence bouleversée par l'irruption dans sa vie de son frère Richard qui le menace de révéler ses origines.

Pages 35-37. Dans un tripot, Dan retrouve son frère en compagnie de deux jeunes femmes noires.

" La fille du divan se leva, complètement nue, et ferma la porte. Elle s'approcha de Richard et s'assit sur la table. Je sentais son odeur âcre et chaude. Elle riait dans le vague en me regardant.

Est-ce que j'allais le faire ? Est-ce que j'allais tuer Richard ? Je vis les deux filles, et le corps maigre de mon frère et ses yeux sournois. Cette odeur terrible me montait à la tête, me faisait courir des frissons sur les reins. Je me représentai mes deux mains autour de son cou tendineux et dur, et les cris des deux filles. Naturellement, il fallait que je me débarrasse de lui et autrement qu'en lui donnant de l'argent pour retourner à Chicago. Naturellement. Mais à moins de me débarrasser de ces filles aussi, rien à faire ici. Bon, il fallait y passer.

- Va chercher du whisky, dis-je à celle des deux qui était encore habillée. Comment t'appelles-tu ?

- Ann, dit-elle.

- Je suis Sally, dit l'autre.

b-vianElle me regardait en dessous et riait, la tête un peu inclinée sur son épaule, ses cuisses rondes et fermes s'aplatissaient sur la surface rugueuse de la table, et des gouttes de sueur roulaient de ses aisselles à ses hanches dures. Elle changea légèrement de position. Je voyais maintenant son bas-ventre nu, à peine couvert d'un léger duvet frisé plus foncé que sa peau. En fermant les yeux, je pouvais me représenter la masse pleine et bombée de son sexe dans ma paume, et je sentis que je glissais, que j'allais perdre la partie. (...) L'odeur de ces deux femmes, de ces noirs, paraissait sourdre de toutes parts, elle venait de ces murs sales, à la peinture défraîchie et écaillée, elle venait de ce sol froid et humide, de ce divan démodé, elle venait de cette table, des jambes de cette fille, de sa poitrine que je voyais se tendre, impatiente, de ses cuisses, et de ce triangle dur et chaud que j'allais écraser de tout mon poids. (...)

Je m'approchai de la table. J'avais un geste à faire pout toucher Sally.

Elle fit le geste. Elle se leva, se colla contre moi et prit ma main droite, qu'elle guida vers sa poitrine aiguë. Richard ne bougeait pas. J'entendis la porte s'ouvrir. Ann entra, referma à clef, et posa la bouteille sur la table. Richard s'en empara, hésita, mais il l'ouvrit et je le vis boire goulûment.

Ann attendait la bouteille et sourit lorsque nos yeux se rencontrèrent. Je sentais Sally remuer et s'agiter, et je n'osais pas penser à elle. Elle se dégagea soudain et m'aida à retirer mon imperméable. Je posai mon chapeau à côté de moi.

Richard s'était arrêté de boire. Il tendit la bouteille à Ann. Elle la prit, but, et ce fut mon tour : pendant de temps-là, elle et Sally me retiraient mes vêtements. Richard s'était écroulé, la tête sur les coudes. Je portai Sally jusqu'au divan. Elle tenait la bouteille et me la rendit vide. Je caressais de mes lèvres le grain de sa peau, l'humidité amère de sa sueur, et je voulais la mordre en pleine chair. Elle m'attira vers elle et guida ma tête, et je la sentis s'offrir lorsque je l'embrassai... et pendant de temps, Ann se glissa contre moi. Je la pris sauvagement, à la faire crier ; nos corps nus fumaient dans l'air froid de la pièce et je ne savais plus que j'avais la peau blanche."

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Vendredi 27 décembre 2019 5 27 /12 /Déc /2019 08:00

Régine Deforges, "Le cahier volé" (1978).

Collection Le Livre de Poche n° 5369. 224 pages

Un village de province, dans les années 50. Rose et Mélie, deux ados d'une quinzaine d'années, s'aiment d'amour.

deforgesPages 43-44 :" Je sens le corps de Mélie contracté contre le mien, qui, peu à peu, se détend, s'alanguit. Elle me prend par l'épaule et me retourne face à elle. Elle m'embrasse doucement les yeux, le nez, le cou, puis force mes lèvres de sa langue pointue. Je ne pleure plus, je suis attentive aux caresses. Elle déboutonne mon chemisier, détache le soutien-gorge de mon maillot de bain ; sa bouche a pris la pointe d'un de mes seins et la mordille doucement, de son autre main, elle détache mon short, me retire la culotte du maillot. Je suis nue ! nue dans la chambre ! nue sur le lit ! nue dans la lumière de l'été ! J'aime être nue, vue nue. Je me sens livrée et délivrée. J'ai honte et c'est délicieux. Doucement Mélie écarte mes jambes (je ne les écarte jamais de moi-même. j'aime que l'on m'ouvre), se penche sur mon ventre que je sens battre doucement, sa langue s'insinue, s'enroule, ses dents mâchent mes lèvres, mon bouton si sensible que je pousse un cri.

-Je t'ai fait mal ?

J'appuie fortement sa tête sur mon sexe. Je voudrais qu'elle me mange, qu'elle me fasse disparaître dans sa bouche, en elle ; je voudrais m'anéantir par le sexe, n'être plus qu'un puits vaste et profond où s'engouffreraient tous les sexes du monde, toutes les langues, toutes les mains, être ouverte à tous et à toutes, humains et animaux, sentir des crocs, des griffes, des mufles humides me fouiller, me déchirer, me tuer de plaisir ! Je gémis doucement. Lentement, les doigts de Mélie s'enfoncent en moi, m'explorent, me découvrent, tirent de moi un plaisir qui me tord et me fait crier.

Mélie se couche sur moi, elle tremble. Ses yeux sont lumineux, pleins de larmes et de joie. Je la serre contre moi.

J'ai dû m'endormir, car lorsque j'ouvre les yeux, la lumière n'est plus la même. Mélie, appuyée sur un coude, me regarde.

- Les autres viennent d'arriver, je descends. Tu viens ?

Je n'ai pas envie de bouger, je secoue la tête, je m'étire longuement. J'aime être seule après l'amour pour le refaire encore dans ma tête."

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Mercredi 18 décembre 2019 3 18 /12 /Déc /2019 08:00

Dans la collection "Osez 20 histoires de sexe" aux éditions La Musardine, voici un recueil dont toutes les nouvelles sont écrites par des femmes. Mon coup de cœur est allé à la nouvelle "Rose barbaque" signée par Delphina.

La narratrice a développé une attirance sexuelle irrépressible pour la viande crue et tout ce qui s'y rapporte. C'est ainsi que devenue adulte, elle a ses habitudes dans un bar situé près des abattoirs. Adolescente, elle aimait aussi fréquenter les boucheries-charcuteries. C'est là qu'elle avait repéré un boucher sur qui elle fantasmait. (pages 98-99).

"Gras à souhait, souvent luisant et chauve, je me demandais bien à quoi pouvait resembler son sexe, tout calfeutré dans ce pantalon pied-de-poule bleu. J'étais certaine qui lui aussi avait subi l'influence de cette cohabitation avec les ongulés morts, il avait dû frotter maintes fois son organe contre du faux-filet, le nicher dans du haché, mêler son sperme au jus sanglant.

barbaque2L'après-midi, seule à la maison, je faisais dorénavant mes exercices masturbatoires en sa compagnie imaginaire. Le fantasme se passait dans l'arrière-boutique, peu importait la manière dont je m'étais retrouvée là. Poser mon cul sur l'immense planche à découper, la tête coincée entre les couteaux et les couperets pendants, les cuisses ouvertes, mon sexe tout au bord de l'établi. Mon boucher dodu ne gardait que son tablier et ses bottes en caoutchouc, j'y tenais. Il ajustait ma position à sa convenance. Il pinçait chacun de mes tétons avec un instrument en inox, une ficelle à gigot les reliait aux barres du plafond, il poursuivait en me saucissonnant fermement, des gestes brusques et mécaniques machinaient mes membres, il allait même parfois jusqu'à me barder. J'étais sa préparation du jour, lorsqu'il me jugeait à point, il m'embrocherait, il le fallait. Le fil alimentaire blessait ma peau, je commençais à prendre des couleurs. Il m'inspectait silencieusement avec précision, son tablier ondulait, bougeait un peu tout seul. Il le soulevait pour dévoiler son organe, lui montrait sa proie, moi.. Sa chose était suintante, épaisse, nappée d'une fine crépinette, les veines couraient tout le long, un gland à la texture spongieuse pointait vers moi. Doucement, il s'avançait à pas de loup. Le boucher avait les mains sur les hanches, ses yeux rivés sur son engin gorgé de sang, j'étais son offrande. Il farfouillait de sa queue, s'attardait sur les abords de mes lèvres grandes et petites, et soudain, s'introduisait sans fioritures, d'un coup sec. Le membre chaud vivant en moi s'immisçait jusqu'au col, s'imposait et se retirait, ses secousses de l'intérieur, mes parois vaginales gonflées à bloc, l'impossibilité de bouger par moi-même. Et soudain, le renversement de situation total que je comprenais comme un flash, j'explosais de décharges électriques, comme on eût électrocuté une vache avant l'abattage.

Je me suis donc initiée peu à peu à la sexualité, en passant de l'escalope dans la culotte au boucher dans mon con. Maintenant, jai besoin d'aller bien plus loin."

barbaque

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Lundi 16 décembre 2019 1 16 /12 /Déc /2019 08:00

Paru anonymement en janvier 1748, "Les Bijoux indiscrets" est le seul écrit libertin de Denis Diderot. 

Collection poche Garnier Flammarion n° 192

bijoux

Chapitre IV : explication du titre. Scène entre le génie Cucufa et le sultan Mangogul. Le génie offre au sultan "un anneau d'argent, que Mangogul prit d'abord pour une bague de saint Hubert.

- Vous voyez cet anneau, dit-il au sultan ; mettez-le à votre doigt mon fils. Toutes les femmes sur lesquelles vous en tournerez le chaton, raconteront leurs intrigues à voix haute, claire et intelligible : mais n'allez pas croire au moins que c'est par la bouche qu'elles parleront.

- Et par où donc, ventre-saint-gris ! s'écria Mangogul, parleront-elles donc ?

la-divine-parole.jpg - Par la partie la plus franche qui soit en elles, et la mieux instruite des choses que vous désirez savoir, dit Cucufa; par leurs bijoux.

- Par leurs bijoux, reprit le sultan en s'éclatant de rire : en voilà bien une autre. Des bijoux parlants ! cela est d'une extravagance inouïe."

Au cours du récit, l'anneau sera utilisé à trente reprises et, à chaque fois, les "bijoux" des dames, parleront de leurs souvenirs, de leurs expériences heureuses ou malheureuses, de leurs désirs les plus intimes, de leurs déceptions. Des femmes à la réputation vertueuse se révèleront très portées sur le sexe, des hommes de cour verront leur impuissance ou leurs infidélités rendues publiques...

Pour parler de sexe, Diderot avait généralement recours à la périphrase, la métaphore, sauf dans le chapitre 47, lors du 26ème essai de l'anneau sur une certaine Cypria au bijou polyglotte. Le bijou de la courtisane va donc s'exprimer successivement en anglais, en latin, en italien et pour finir en espagnol. L'occasion pour Diderot d'user d'un langage beaucoup plus cru, comme dans ces extraits en anglais :

bijoux2" A wealthy lord, travelling through France, dragg'd me to London. Ay, that was a man indeed ! He water'd me six times a day, and as often o'nights. His prick like a comet's tail shot flamning darts : I never felt such quick and thrilling thrusts. (...) This noble lord was successed by a couple, lately return'd from cruising : they fuck'd me." (Un lord fortuné qui voyageait en France m'entraîna jusqu'à Londres. Hé, c'était pour sûr un homme ! Il m'aspergeait (de foutre) six fois dans la journée, et autant de fois la nuit. Sa bite lançait des flèches enflammées comme la queue d'une comète. Je n'avais jamais ressenti de poussées aussi rapides et aussi palpitantes. Un couple de retour d'un voyage en mer succéda à ce noble lord : ils me baisèrent.) 

En relisant les "Bijoux indiscrets" je me disais que c'était un peu la version première des "Monologues du vagin"

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Lundi 14 octobre 2019 1 14 /10 /Oct /2019 08:00

Alaa el Aswany, "J'ai couru vers le Nil", roman traduit de l'arabe d'Egypte par Gilles Gauthier

Editions Acte Sud, 2018, 429 pages.

couru vers le nil

Ce roman fleuve revient sur le soulèvement populaire qui en 2011 a entraîné la chute de Moubarak. Les événements sont vus et vécus par une dizaine de personnages tous différents et éloignés tant par leur statut social que par leurs idées politiques et religieuses. À ce jour, ce récit sans concessions est toujours interdit de publication en Egypte !

Pages 77 et suivantes : portrait intime de Nourhane, femme journaliste, présentatrice de télé, très ambitieuse ( portrait très ironique à lire au second degré)

" On dit que Nourhane est une femme dangereuse qui se joue des hommes, qui les domine par le sexe et qui en fait ensuite ce qu'elle veut.

nourhanePar Dieu tout-puissant ! Va-t-on transformer les qualités en faiblesses et les bienfaits en châtiments ? Est-ce la faute de Nourhane si elle plaît aux hommes ? Allons-nous la sanctionner pour sa beauté ? Faudrait-il pour nous satisfaire qu'elle soit difforme et repoussante ? Toute sa vie, Nourhane a été pudique et pieuse. Elle n'a jamais permis à un homme étranger de la toucher fût-ce du bout des doigts, même à travers ses vêtements. Quant au sexe, puisse chaque épouse musulmane faire la moitié de ce que fait Nourhane pour contenter son mari. La loi religieuse n'ordonne-t-elle pas à l'épouse musulmane de satisfaire son mari au lit de toutes les manières possibles en dehors des choses interdites qui sont la copulation pendant les règles et la pénétration anale ? Les grands savants en religion n'invitent-ils pas la femme musulmane à être une courtisane obéissante dans le lit de son mari de façon à étancher son désir et le fortifier ainsi contre le péché ? Nourhane était une jeune fille naïve, à l'état brut, qui ne connaissait rien au sexe et qui n'a pas ménagé sa peine et ses efforts pour apprendre. Elle a beaucoup lu et vu des dizaines de films explicatifs sur Internet pour parvenir à connaître l'art du lit qu'elle a pratiqué licitement une fois après l'autre, jusqu'à y exceller. Elle a appris à épiler les poils de son corps (dans deux directions) puis à rendre sa peau douce avec une pâte maghrébine, puis à nettoyer ses parties intimes puis à les parfumer d'encens à la façon soudanaise puis à les enduire d'une huile odorante à la saveur de fruit (abricot ou pomme). Elle a appris à exciter son mari d'une façon licite. Il faut imaginer Nour fermant la porte de la chambre, allumant des bougies et faisant brûler de l'encens pour préparer psychologiquement son mari à l'amour. Il faut la voir jeter à son mari un regard perçant plein de convoitise puis se mordre la lèvre inférieure en signe de désir, il faut la voir, vêtue d'une chemise de nuit provocante, se pencher comme par hasard devant son mari pour le tenter avec ses seins. Nourhane a acheté très cher une tenue de danseuse et elle a appris à danser d'une façon obscène, dévergondée et ensorcelante. Au lit, elle a appris quand il faut gémir, quand il faut murmurer à l'oreille de son mari des paroles excitantes et comment il faut caresser les sept parties sensibles de son corps pour lui faire perdre la raison. Nous ne parlons ici que des jouissances licites et il n'y a pas de honte ni de gêne à cela. Nourhane a appris comment faire jouir son mari de sa croupe d'une manière tendre et délicate sans pénétration illicite. Elle s'est entraînée à sucer lentement et avec douceur le phallus de son mari - comme l'autorise la loi divine. Elle va jusqu'à lui offrir des fruits ou lui donner de la cannelle ou du jus d'ananas assez longtemps avant la copulation pour que son sperme ait un goût acceptable dans sa bouche. Est-ce que nous allons reprocher à Nourhane ses efforts louables et la maîtrise qu'elle a du sexe ? Ne ferions-nous pas mieux de blâmer les musulmanes qui profitent de leur mari et qui les négligent au lit, ce qui les fait tomber dans le péché, que Dieu les garde. Nourhane - Dieu seul sait qui est pur et qui est pécheur - est une excellente musulmane qui respecte les prescriptions de la religion et ne s'en écarte pas d'un pouce."

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Vendredi 27 septembre 2019 5 27 /09 /Sep /2019 08:00

Claire Castillon, "Insecte"  (161 pages) Recueil de nouvelles paru chez Fayard en 2006. Un thème commun aux 19 nouvelles : les rapports mère-fille.

insecte

Extrait choisi : "Ils ont bu du champagne au restaurant", page 47

La narratrice soupçonne son mari d'avoir une maîtresse. Elle s'en ouvre à sa mère qui la rassure et lui dit qu'elle se fait des idées. Jusqu'au jour où la narratrice, persuadée qu'elle est enceinte, se rend à l'improviste sur le lieu de travail de son mari pour lui annoncer la bonne nouvelle.

" Je pénètre dans le bâtiment, monte au sixième, je sais que c'est là, mon mari dit toujours que pour entretenir son tonus il gravit quotidiennement ses six étages à pied. J'ouvre une porte, une jeune femme à l'accueil veut m'interdire de passer, alors je la pousse, elle tombe, et moi je prends le couloir, avec les murs qui se penchent comme le jour de mon allergie à la codéine d'un sirop pour la toux que m'avait donné maman. Il y a mon nom sur une porte. Avec son prénom devant. Et j'entre sans frapper, je suis chez moi ici.

C'est là que je vois maman avec les jambes ouvertes, les fesses sur le bureau, et lui les doigts dedans, langue pendante, dans son cou. Je ne tachycardise plus, c'est mon cœur qui s'arrête. Tous les deux se retournent. Il garde ses doigts dedans, et maman, bouche ouverte et visage rosi, continue, choquée, de branler mon mari. "

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Lundi 23 septembre 2019 1 23 /09 /Sep /2019 08:00

Philip ROTH, "La tache". Roman paru aux USA en 2000. En France, chez Gallimard en 2002 (traduit par Joseé Kamoun) .

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Dans ce roman de 442 pages où l'on retrouve le personnage de Nathan Zuckerman, ici narrateur, Philip Roth aborde une nouvelle face sombre de la société américaine, à savoir le racisme récurrent des institutions et des communautés en tous genres...

pages 48-49. Coleman Silk, veuf, ancien doyen d'université, a une liaison avec une femme de ménage prénommée Faunia. Il se confie à Nathan, son voisin.

Éloge du Viagra. " Je suis un homme de soixante et onze ans, avec une maîtresse de trente-quatre, ce qui me rend indigne, dans notre bon État du Massachusetts, de donner des leçons à qui que ce soit. Je prends du Viagra, Nathan. C'est ça, La Belle Dame sans Merci. Toute cette turbulence, ce bonheur, je les dois au Viagra. Sans le Viagra, je ne vivrais rien de tout ça. Sans le Viagra, j'aurais une image du monde appropriée à mon âge, et des intentions toutes différentes. Sans le Viagra, j'aurais la dignité d'un vieux monsieur libéré du désir, et qui se conduit comme il faut. Je ne serais pas en train de faire quelque chose d'insensé. Je ne serais en en train de faire quelque chose d'inconvenant, de téméraire, qui m'attire de l'opprobre et risque d'être désastreux pour toutes les personnes concernées. Sans le Viagra, je continuerais, sur le déclin de mon âge, à entretenir la largeur de vue détachée d'un homme de culture et d'expérience, qui a pris sa retraite à l'issue de bons et loyaux services après avoir depuis longtemps renoncé aux plaisirs de la chair. je continuerais de tirer des conclusions philosophiques profondes sur l'existence, et d'avoir une influence morale apaisante sur les jeunes, au lieu de me replonger dans ce perpétuel état d'urgence qu'est l'intoxication sexuelle. Grâce au Viagra, je viens de comprendre les transformations amoureuses de Zeus. C'est comme ça qu'on aurait dû appeler le Viagra, du Zeus."

roth-latache

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Lundi 16 septembre 2019 1 16 /09 /Sep /2019 08:00

Recueil collectif de nouvelles paru en 2018 aux éditions La Musardine.

osez-candaulisme

Extrait choisi : "La méthode Meisner" d'Eugénie Dragon. pages 27-28 

" Carmen s'est assise à califourchon sur les genoux de Bastien (un jeune apprenti comédien), toujours paralysé, qui a juste su fourrer deux doigts, à la diable, dans la vulve offerte, plus impatient de satisfaire sa curiosité sur la texture d'un vagin que de faire jouir qui que ce soit. Il s'est repassé les scènes de porno, s'est dit que, pour bien faire, il aurait fallu l'enculer, puis la faire nettoyer en suçant et finir en faciale, mais il savait bien que ça fonctionnerait mal, et puis de toute façon, elle était déjà en train de s'empaler, et c'était trop tard, sa queue était bien au chaud dans une délctable humidité.

osez-candaulisme2Carmen offrait à la vue d'Artur son pétard orné d'une marque de maillot, ondulant de bas en haut, avec un peu de gras qui bougeait. Ça n'a pas duré longtemps, elle a vite changé de trou, et son mari s'est rempli les yeux de l'anus de sa femme aspirant la queue, s'est comblé les oreilles du bruit de succion à chaque mouvement comme si le fion tétait la jeune bite. "chpruiik, chpruiik", comme une ventouse. Là c'était trop, Artur n'a pas pu se retenir de gémir :" Oh, elle mouille déjà du cul, rien qu'au bruit, je sais qu'elle mouille déjà du cul, mais quelle pute... Merde, mais j'ai vraiment épousé une pute... merde, mais regardez-vous, bordel... Tu bandes dur pour ma femme, hein, Bastien ? Tu vas te vider les couilles dans ma femme, et moi, je me touche la queue en vous regardant... Elle est bonne, tu vois, tu regrettes pas. Plante-lui bien ta queue dans la chatte, dans le cul, partout où tu veux, elle aime ça. Tu nous fais tous bander, ma chérie, tu vois un peu ce que tu nous fais faire... Putain, c'est n'importe quoi, tu fais faire n'importe quoi aux hommes..."

Carmen s'est un peu penchée en arrière pour se la prendre plus profond et avoir accès à son énorme clitoris. Elle se l'est branlé avec deux doigts. Les gémissements, les bruits mouillés, les encouragements lui ont fait trouvé son plaisir, concentrée sur la peau fine de la queue contre sa paroi anale. Elle a joui excatement comme ça, en se branlant le clito comme si c'était une miniqueue au-dessus de sa chatte ouverte et juteuse, et avec la chair tendre du jeune Bastien au fond de l'anus. "

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Mercredi 11 septembre 2019 3 11 /09 /Sep /2019 08:00

Philip ROTH, "Portnoy et son complexe" (1967)

Portnoy-et-son-complexe

Titre original "Portnoy's complaint", traduit de l'américain par Henri Robillot

Collection Folio n° 470, 372 pages

Pour un extrait de l'ouvrage, j'avais le choix, tant le récit est riche en anecdotes et enseignements. Finalement, je me suis arrêté sur un morceau d'anthologie où nombre d'entre vous reconnaîtront sans doute des moments de leur adolescence. Un conseil : si vous ne l'avais pas encore fait, lisez "Portnoy et son complexe".

page 31 et suivantes : La branlette

" Vint ensuite l'adolescence - la moitié de mon existence à l'état de veille passée portnoy2enfermée dans la salle de bains à expédier mon foutre soit dans la cuvette des toilettes des cabinets soit au milieu des affaires sales dans le panier à linge, soit, projeté de bas en haut contre la glace de l'armoire à pharmacie devant laquelle je me tenais planté, caleçon baissé, pour voir à quoi ça ressemblait à la sortie. Ou alors, j'étais courbé en deux sur mon poing transformé en piston, les paupières étroitement closes mais la bouche grande ouverte, pour recevoir cette sauce gluante à base de chlore et de petit lait sur ma langue et les dents - encore qu'assez souvent, dans mon aveuglement et mon extase, je récoltais tout dans ma houppe savamment ondulée comme une giclée de lait capillaire. Au milieu d'un univers de mouchoirs empesés, de kleenex chiffonnés et de pyjamas tachés, je manipulais mon pénis nu et gonflé dans la crainte éternelle de voir mon ignominie découverte par quelqu'un qui me surprendrait à l'instant même où je déchargeais. Néanmoins, j'étais totalement incapable de ne pas me tripoter la bite une fois qu'elle s'était mise à me grimper le long du ventre. En plein milieu d'un cours, je levais la main pour obtenir la permission de sortir, me ruais le long du couloir jusqu'aux lavabos et, en dix ou quinze furieux coups de poignet, déflaquais debout dans un urinoir. À la séance de cinéma du samedi après-midi, je laissais mes copains pour aller jusqu'au distributeur de bonbons et grimpais m'astiquer sur un lointaisn siège de balcon, lâchant ma semence dans l'enveloppe vide d'une barre de chocolat... Un jour, au cours d'une sortie de notre association familiale, j'évidai le cœur d'une pomme, vis avec surprise (et avec l'aide de mon obsession) à quoi elle ressemblait et courus dans le bois pour me jeter à plat ventre sur l'orifice du fruit, feignant de croire que le trou farineux et frais se trouvait en réalité entre les jambes de cette créature mythique qui m'appelait toujours "mon Grand" quand elle m'adjurait de lui accorder ce qu'aucune fille dans toute l'histoire n'avait jamais obtenu. "Oh, mets-le-moi, mon Grand", s'écriait la pomme creuse que je baisais frénétiquement le jour de ce pique-nique. "Mon Grand, mon Grand, oh donne-moi tout", implorait la bouteille de lait vide que je gardais cachée dans notre réduit à poubelle au sous-sol pour la rendre folle après l'école avec ma trique vaselinée. "Viens, mon Grand", hurlait le moceau de foie délirant que dans ma propre aberration j'achetai un après-midi chez le boucher et que, croyez-le ou non, je violai derrière un panneau d'affichage, en route pour une leçon préparatoire au bar mitzwah."

portnoy1


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Vendredi 6 septembre 2019 5 06 /09 /Sep /2019 08:00

Philippe DJIAN, "Impuretés".

Roman paru en 2005 chez Gallimard. Collection Folio n° 4400, 440 pages.

Sur fond de noyade suspecte, la narration suit le quotidien d'un groupe d'ados de bonnes familles mais totalement déjantés et imprévisibles. Une nuit, ils surprennent une partouze dans un gymnase. 

"C'était toujours intéressant de voir comment les vieux s'y prenaient.

djian impuretesL'affaire se déroulait derrière une porte à tambour qui donnait sur un terrain de basket entièrement financé par une marque de lunettes et les jus de fruits Tropicana. Sur la droite se trouvaient les vestiaires et les douches. Sur la gauche, il y avait un type qui enculait une femme en bas et en corsage. Il y en avait un autre, un peu gras lui aussi, un peu chauve également, qui se tenait par en dessous et qui la ramonait avec ardeur. Tout près se tenait le gardien avec deux femmes proches de la soixantaine, aux joues cuites, aux mèches collées, et ça léchait tous azimuts. Ils étaient vautrés sur des tapis de sol offerts par l'amicale des parents d'élèves, ils grognaient, ils ahanaient, ils jouissaient, ils se baptisaient de tous les noms, et on entendait leurs coudes ou leurs genoux déraper sur la mousse bleue qui brillait de leurs humeurs à tous et à toutes, cependant que trois autres sortaient des toilettes bras dessus bras dessous, passablement ivres, et se joignaient à la partie.

Il y avait dans l'air une odeur désagréable ou plutôt un mélange d'odeurs particulièrement désagréable. Evy et ses deux compagnons se tenaient à l'entrée, dans l'ombre d'un cheval d'arçons, et ils retinrent leur souffle lorsqu'un type en râlant fit gicler sa semence dans les airs et qu'elle retomba directo dans la chevelure d'une femme qui, après un instant d'incertitude, partit dans un rire gras, bientôt suivi par quelques autres.

Prise en levrette, une petite maigre s'essuyait la bouche dans un kleenex, un type versait de l'alcool dans des gobelets, une blonde avait un œil collé, un brun fumait une cigarette, une voix se plaignait d'hémorroïdes."

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