lectures x

Lundi 30 novembre 2015 1 30 /11 /Nov /2015 09:00

ESPARBEC, "Les Biscuitières"

Editions la Musardine, (2014) collection "Lectures amoureuses" n° 185

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Dans "Les Biscuitières", roman pornographique de 358 pages, on retrouve l'univers familier d'Esparbec : un lieu clos, comme coupé du monde extérieur (ici, une fabrique de biscuits dans l'Angleterre des années 50) où se retrouve une micro-société très hiérarchisée (contremaîtres, ouvrières, comptable, secrétaire de direction, infirmière...) Les relations humaines basées sur le rapport de force engendrent le chantage à l'emploi, l'oppression sexuelle, l'humiliation... Le récit est mené à la première personne (en l'occurrence par la jeune Charlotte tout juste embauchée dans la biscuiterie et qui va découvrir au fil des chapitres toutes les dépravations du personnel de l'usine). Tous les fantasmes sont déclinés : voyeurisme, sado-masochisme, pipi-caca, fornication et sodomie, avec beaucoup de scènes d'amours lesbiennes. En conclusion, un bon Esparbec bien construit et bandant à souhait !

Je vous ai choisi un passage lesbien où la jeune Charlotte est dans le bureau de Mélanie, la secrétaire dont elle est l'assistante. Elles viennent de déjeuner, sont un peu ivres et feuillettent ensemble un album d'images pornographiques

Pages 192 à 195.

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" - Nous allons encore regarder les vilains livres, tu veux bien ? Ensuite, je nous ferai un café très fort pour nous dessoûler !

Sa main avait pris un de mes petits seins. Elle le pinçait. J'adorais la légère souffrance que cela me causait. Elle me renversa sur le canapé, me fit écarter les cuisses, me glissa un coussin de plus sous les reins, me replia un genou. Je tenais le livre à bout de bras pour qu'elle puisse le voir et me masturber en même temps.

biscuit7- Tu vas tourner les pages lentement, et moi, je t'expliquerai ce qu'elles font, ces sales lesbiennes...

Elle commençait à perdre la tête, et son affolement sexuel se communiquait à moi. Elle m'ouvrit largement le con et me toucha l'intérieur avec tous ses doigts.

- Oh, la petite salope qui mouille en regardant des images cochonnes ! Si son père pouvait la voir ! Et son oncle Jeremy, donc !

Elle me releva une jambe à la verticale pour avoir accès à mes deux orifices. Elle me  passait le doigt entre les lèvres du sexe, puis, une fois qu'il était bien mouillé, elle me l'enfilait dans l'anus. Je devenais folle, la honte me consumait. Le livre inutile tomba de mes mains.

- Relève tes jambes, tiens-les avec tes mains. Je vais te lécher. On t'a déjà léchée ? Je lui fis signe que non. Tu vas voir comme je vais bien te sucer ton petit bouton...

Elle m'envoya un coup de langue. Je fis un véritable bond. Cela m'avait traversé tout le ventre d'une sorte de secousse fiévreuse. Au second coup de langue, je ne pus m'empêcher de crier. Enfin, elle me lécha toute la fente, en appuyant bien, en me mouillant de salive tiède. Sa langue m'ouvrait, me fouillait, je croyais mourir de plaisir.

- Il est si petit, ton con, si mignon... On dirait un abricot qu'une guêpe vient de fendre !

Elle m'éloignait un peu pour regarder mon sexe qu'elle ouvrait au bout des doigts. Puis elle recommençait à me l'embrasser, à me le sucer.biscuit5

- J'avais le même que toi, à ton âge, sauf que j'étais brune et déjà très poilue... Tiens, je vais te le mordre !

Elle y enfonça les dents avec douceur. Elle me darda en même temps sa langue dans le vagin. Mais chaque fois que je touchais au plaisir, elle s'arrêtait et me regardait d'un air moqueur en léchant sa grosse bouche humide toute barbouillée de rouge. Elle posait sa main sur ma poitrine, aplatissant mon petit sein.

- Comme ton coeur bat ! Tu sens comme il bat ? Cela te plaît, hein, d'être cochonne ? Soyons-le encore plus. N'as-tu pas envie de regarder le mien, je sais que tu l'as déjà vu, sous la table, mais c'était en cachette. Regarde, je vais te le montrer...

Elle releva un genou et écarta la cuisse pour me montrer son sexe. Les lèvres, toutes gonflées, me parurent beaucoup plus grosses que la fois où elle avait renversé ses épingles.

- Il te plaît, mon gros con de salope ? gloussa-t-elle.

Deux fines languettes roses couvertes de bave épaisse pointaient entre les grandes lèvres écartées.

- Viens me lécher la moule, chérie... N'aie pas peur, elle ne va pas te mordre. On va se lécher la moule toutes les deux en même temps. Tu vas voir comme c'est bon. On le fera tous les jours, tous les jours, sans arrêt...

biscuit4Sa voix était devenue rauque. Elle me prit la main et me força à lui toucher le con. Elle se l'ouvrit pour que j'y fasse entrer mes doigts. Son clitoris se présenta de lui-même à mes attouchements.

Elle m'enseigna la caresse qu'elle voulait que je lui fisse ; je devais la fouiller brutalement, lui froisser les nymphes, lui aplatir le clitoris, le lui pincer entre les ongles.

Nous jouâmes ainsi un long moment : elle était assise sur le canapé, en face de moi qui étais accroupie par terre, elle relevait ses genoux repliés, comme une grenouille, et moi, je fouillais dans la large crevasse humide que cette posture faisait bâiller au-dessus de son anus.

- Tripote, tripote bien... enfonce tes jolis doigts dans les trous... tu verras... je t'apprendrai tout ce qu'on peut se faire, entre femmes...

Elle haletait ; soudain, elle poussa un râle étrange, c'était une voix caverneuse qui montait du fond de son ventre et qui exprimait une émotion bestiale, une angoisse terrifiante : elle m'attira contre elle, me faisant remonter entre ses cuisses. Elle me prit par les fesses et me fit frotter mon sexe au sien. Pour mieux me coller à elle, elle m'avait enfoncé un doigt dans le cul. En même temps, elle me léchait les seins. Nous n'en pouvions plus, l'une comme l'autre. Son clitoris glissait entre les lèvres de ma vulve ; il était dur, élastique, j'avais l'impression qu'un gros bec mou me picorait. Elle se branlait dans mon con tout en me branlant : c'était prodigieux. Le plaisir s'échangeait directement entre nos deux sexes comme des baisers entre deux bouches. Je crus que j'allais m'évanouir. J'entendais, très loin, ses râles, ses vociférations. Une bouche poilue m'aspirait le moelle des os.

La crise nous surprit en même temps."

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Mardi 3 novembre 2015 2 03 /11 /Nov /2015 08:30

Quand on pense littérature érotique, il paraît évident que ce n'est pas le nom d'Albert Camus qui nous vient spontanément à l'esprit. Et pourtant, en relisant la semaine dernière "L'étranger", je suis tombé sur deux passages intéressants. Le premier est d'une belle sensualité, le second plus grave. Je vous laisse découvrir ou redécouvrir...

Albert CAMUS" l'étranger", Gallimard, 1957

Collection le livre de Poche n° 406

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1ère partie. Chapitre IV, pages 52-53

Meursault, la narrateur, se rend un samedi à la plage en compagnie de Marie

camus2"Hier, c'était samedi et Marie est venue, comme nous en étions convenus. J'ai eu très envie d'elle parce qu'elle avait une belle robe à raies rouges et blanches et des sandales de cuir. On devinait ses seins durs et le brun du soleil lui faisait un visage de fleur. Nous avons pris un autobus et nous sommes allés à quelques kilomètres d'Alger, sur une plage resserrée entre des rochers et bordée de roseaux du côté de la terre. Le soleil de quatre heures n'était pas trop chaud, mais l'eau était tiède, avec de petites vagues longues et paresseuses. Marie m'a appris un jeu. Il fallait, en nageant, boire à la crête des vagues, accumuler dans sa bouche toute l'écume et se mettre ensuite sur le dos pour la projeter contre le ciel. Cela faisait alors une dentelle mousseuse qui disparaissait dans l'air ou me retombait en pluie tiède sur le visage. Mais au bout de quelque temps, j'avais la bouche brûlée par l'amertume du sel. Marie m'a rejoint alors et s'est collée à moi dans l'eau. Elle a mis sa bouche contre la mienne. Sa langue rafraîchissait  mes lèvres et nous nous sommes roulés dans les vagues pendant un moment.

Quand nous nous sommes rhabillés sur la plage, Marie me regardait avec des yeux brillants. Je l'ai embrassée. À partir de ce moment, nous n'avons plus parlé. Je l'ai tenue contre moi et nous avons été pressés de trouver un autobus, de rentrer, d'aller chez moi et de nous jeter sur mon lit. J'avais laissé ma fenêtre ouverte et c'était bon de sentir la nuit d'été couler sur nos corps bruns." 

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2ème partie. Chapitre II, pages 114-115

Meursault est en prison en attente de son procès pour homicide

 

camus4" Les premiers mois ont été durs. Mais justement l'effort que j'ai dû faire aidait à les passer. Par exemple, j'étais tourmenté par le désir d'une femme. C'était naturel, j'étais jeune. Je ne pensais jamais à Marie particulièrement. Mais je pensais tellement à une femme, aux femmes, à toutes celles que j'avais connues, à toutes les circonstances où je les avais aimées, que ma cellule s'emplissait de tous les visages et se peuplait de mes désirs. Dans un sens, cela me déséquilibrait. Mais dans un autre, cela tuait le temps. J'avais fini par gagner la sympathie du gardien-chef qui accompagnait à l'heure des repas le garçon de cuisine. C'est lui qui, d'abord, m'a parlé des femmes. Il m'a dit que c'était la première chose dont se plaignaient les autres. Je lui ai dit que je trouvais ce traitement injuste. "Mais, a-t-il dit, c'est justement pour ça qu'on vous met en prison. - Comment, pour ça ? - Mais oui, la liberté, c'est ça. On vous prive de la liberté." Je n'avais jamais pensé à cela. Je l'ai approuvé :" C'est vrai, lui ai-je dit, où serait la punition ? - Oui, vous comprenez les choses, vous. Les autres non. Mais ils finissent par se soulager eux-mêmes."

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Samedi 15 août 2015 6 15 /08 /Août /2015 08:30

Jean TEULÉ

« Fleur de tonnerre »

Éditions Julliard 2013. Collection Pocket n° 15766

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Tiré d’un fait divers ciminel authentique, dans « Fleur de tonnerre », Jean Teulé nous conte l’itinéraire meurtrier d’une incroyable serial killer qui a sévi en Bretagne dans la première moitié du XIXème siècle. Elle s’appelait Hélène Jégado. Excellente cuisinière et redoutable empoisonneuse, elle fut guillotinée à Rennes le 26 février 1852.

Extrait : pages 154 et suivantes.

À Port-Louis, Fleur de tonnerre est embauchée comme cuisinière et fille à marins dans un bordel nommé La Sirène et tenu par un certain Aupy.

- J’ai engagé une nouvelle fille. Bon, elle n’a pas seize ans non plus mais la beauté facile et c’est heureux ? Venez.

Tiré par une manche à galons, le gradé se laisse entraîner à La Sirène où Fleur de tonnerre, penchée devant une table, ramasse à même la terre battue un soufflet et des bûches. Le curé défroqué soulève sans façon la robe de la femme de Plouhinec jusqu’au dessus des reins. Elle ne porte pas de dessous. Le sergent de garnison reste bouche bée devant de qu’il découvre.

À bientôt quarante-trois ans, Fleur de tonnerre a gardé un corps adolescent. Peu de taille mais les fesses écartées comme une invitation. Des cuisses minces fuselées à l’arrière de petits genoux. Dessous, de jolis mollets à peine dessinés filent vers des chevilles fines. La barre verticale d’une touffe châtaine est surmontée d’un petit soleil noir.

- Alors, sergent ? … demande Aupy.

- Frappant, monsieur, frappant !... C’est à tirer dessus !

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Le bordel militaire s’emplit du tumulte des hommes où Fleur de tonnerre se laisse rouler de bras en bras comme dans une mer. Sa disponibilité qu’on pourrait juger mauvaise est accomplie avec une entière délibération.

Page 158 :voici Fleur de tonnerre au « travail » avec un adjudant

- Hausse-toi, ajoute-t-il en la reniflant entre les cuisses.

teule0Couchée sur le ventre, Fleur de tonnerre a un petit cul de garçonnet mais dès qu’elle les soulève, ses fesses deviennent extrêmement femelles. L’adjudant voudrait lui raconter les guerres où les foules se vautrent, les mille péripéties de son aventureuse carrière, ses longues campagnes et les féeries des meurtres dans les nuits équatoriales, le bruit des poings cassant les dents. Il aimerait lui dire les rudes chevauchées africaines tout en la chevauchant, elle, mais… une étrange maladie lui corrode les boyaux et il s’affale sur le dos de Fleur de tonnerre comme un tapis bariolé trouvé dans un souk de Bab-el-Oued. La femme de Plouhinec se dégage de ce fardeau et, tandis que sa jolie main caressante pardonne aussi à ces cheveux ras, elle cherche à savoir :

- Quel est le prochain ?

- Ce marin lourdaud qui vient vers toi en ôtant sa grande culotte de matelot, répond François Aupy. Il n’est certainement pas joli mais avec un corps bâti comme le sien il y a de la ressource

- Eh ! Mais comme il est emmanché ! Mes doigts ne feraient pas le tour de son mât.

- À bord des vaisseaux, on l’appelle Sabre d’Attila.

- Hi, hi, quel amant bizarre. Il fera tout de même mon affaire. Ainsi donc, tu es marin, toi ? Raconte-moi le délabrement d’une flotte ruinée, dit-elle en passant une de ses fines cuisses de grenouille par-dessus le marin pour s’enfiler sur lui, couché à plat dos. Ou !... Régale-toi de ce triangle de pâtisserie que je t’offre là et relate les vaisseaux perdus, les noyés !

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Lundi 18 mai 2015 1 18 /05 /Mai /2015 08:00

Louis Ferdinand CELINE

Voyage au bout de la nuit, 1932

630 pages

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C'était la troisième fois que je lisais "Voyage au bout de la nuit", et il m'aura fallu plus de quarante ans pour vraiment comprendre le message de ce roman et réaliser combien il était unique et incontournable. Un monument de littérature et d'humanité  aussi essentiel que "Ulysse" de J.Joyce ou "100 ans de solitude" de G.G. Marquez

 Page 73. 1915 : Le narrateur, Ferdinand Bardamu, soldat en convalescence à Paris, a une liaison avec Lola, une infirmière américaine.

« Son corps était pour moi une joie qui n’en finissait pas. Je n’en avais jamais assez de le  parcourir ce corps américain. J’étais à vrai dire un sacré cochon. Je le demeurai.

Je me formai même à cette conviction bien agréable et renforçatrice qu’un pays apte à produire des corps aussi audacieux dans leur grâce et d’une envolée spirituelle aussi tentante devait offrir bien d’autres révélations capitales au sens biologique il s’entend. .

Je décidai, à force de peloter Lola, d’entreprendre tôt ou tard le voyage aux Etats-Unis, comme un véritable pèlerinage et cela dès que possible (…) Je reçus ainsi tout près du derrière de Lola le message d’un nouveau monde. »

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Page 84. À l’hôpital militaire, la concierge s’envoie en l’air avec les malades et les médecins.

«  En somme, c’était une vicieuse. Au lit par exemple, c’était une superbe affaire et on y revenait et elle nous donnait bien de la joie. Pour une garce c’en était une vraie. Faut ça d’ailleurs pour faire bien jouir. Dans cette cuisine-là, celle du derrière, la coquinerie, après tout, c’est comme le poivre dans une bonne sauce, c’est indispensable et ça lie. »

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Page329. Devenu médecin après la guerre, le narrateur s’est installé à la Garenne-Rancy, en banlieue parisienne. Il est appelé au chevet d’une jeune femme de 25 ans qui vient de se faire avorter pour la troisième fois.

«  Fallait voir comme elle était solide et bâtie, avec du goût pour les coïts comme peu de femelles en ont. Discrète dans la vie, raisonnable d’allure et d’expression. Rien d’hystérique. Mais bien douée, bien nourrie, bien équilibrée, une vraie championne dans son genre, voilà tout. Une belle athlète pour le plaisir. Pas de mal à ça. Rien que des hommes mariés elle fréquentait. Et seulement des connaisseurs qui savent reconnaître et apprécier les belles réussites naturelles et qui ne prennent pas une petite vicieuse quelconque pour une bonne affaire. Non, sa peau mate, son sourire, sa démarche et l’ampleur noblement mobile de ses hanches lui valaient des enthousiasmes profonds, mérités, de la part de certains chefs de bureau qui connaissaient leur sujet.

Seulement, bien sûr, ils ne pouvaient tout de même pas divorcer pour ça, les chefs de bureau. Au contraire, c’était une raison pour demeurer heureux en ménage…. »

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Page 454. Bardamu partage maintenant une chambre d’hôtel à Paris avec un certain Pomone… 

« Comme nous lisions nombre de journaux cochons à notre hôtel, on en connaissait des trucs et des adresses pour baiser dans Paris ! Faut bien avouer que c’est amusant les adresses. On se laisse entraîner, même moi qui avais fait le passage des Bérésinas et des voyages et connu bien des complications dans le genre cochon, la partie des confidences me semblait tout à fait épuisée. Il subsiste en vous toujours un peu de curiosité pour le côté du derrière. On se dit qu’il ne vous apprendra plus rien le derrière, qu’on n’a plus une minute à perdre à son sujet, et puis on recommence encore une fois cependant rien que pour en avoir le cœur net qu’il est bien vide et on apprend tout de même quelque chose de neuf à son égard et ça suffit pour vous remettre en train d’optimisme.

 

On se reprend, on pense plus clairement qu’avant, on se remet à espérer alors qu’on espérait plus du tout et fatalement on y retourne au derrière pour le même prix. En somme, toujours des découvertes dans un vagin pour tous les âges. » 

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Lundi 30 mars 2015 1 30 /03 /Mars /2015 08:30

Marcela Iacub : "Belle et Bête"

 éditions STOCK 2013, 121 pages

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"Roman" à forte connotation autobiographique où la narratrice évoque sa brève et tumultueuse relation avec DSK en 2012.

Page 10

iacub2"La liste de tes maîtresses, de tes conquêtes d'un jour, de tes victimes, de tes putes successives et concomitantes dont la presse ne cessait de s'horrifier et de se régaler montrait un aspect émouvant de ta vie de cochon. Ces femmes étaient laides et vulgaires. Comme si en chercher des jolies était déjà une manière d'être plus homme que cochon. On sait que la plupart des humains n'aiment le sexe que dans certaines conditions. Qu'ils cherchent que l'objet de leurs désirs ait des beautés qui rachètent un acte qui peut être dégoûtant autrement. Il n'y a que les bêtes qui ne font pas attention à cet aspect des choses. Alors que toi tu me faisais penser aux chiens que j'ai eus et dont j'avais remarqué avec un certain étonnement qu'ils aimaient toutes les chiennes en chaleur sans distinction.

Voilà un authentique et merveilleux trait du cochon, une forme de générosité que tu peux montrer envers toute femme pour autant qu'elle ait les organes pour t'accueillir.

Je pensais, ébahie : "Plus elles sont moches et vulgaires, plus elle doivent lui plaire." Certains prétendaient que tu n'avais pas le physique pour trouver mieux. mais je ne me suis jamais ralliée à cette hypothèse mesquine. J'étais sûre que si l'on te faisait choisir entre Angelina Jolie et un laideron tu aurais choisi le laideron. Ton désir de laideur était pour moi un signe de ton appartenance à cette race férocement aristocratique, tragiquement démocratique des cochons." 

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Mercredi 18 février 2015 3 18 /02 /Fév /2015 11:30

CAVANNA

«  … et le singe devint con »

L’aurore de l’humanité

Éditions Belfond, 1984

Dessins de l’auteur.

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L’avènement du règne de l’homme sur la Terre vu et revu par Cavanna

 Extrait n° 1. page 51

«  La domestication des animaux devait avoir sur l’humanité une influence considérable. La Femme, déchue de son rôle ancestral de moteur universel, ne sut plus quoi faire de ses journées. Elle acheta des dessous transparents et se livra à l’adultère. »

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Extrait n° 2. page 141-142. à propos de la découverte du mensonge  par une femme néanderthalienne nommée Petite-Rosée

«  Petite-Rosée prit le mensonge entre ses doigts mignons, et voici, le mensonge fut un prince aux yeux verts, au manteau d’or et de diamants.

Petite-Rosée montra le mensonge aux autres femmes, et le mensonge devint multitude.

Il s’appela rêve, il s’appela poésie. Il s’appela prière, il s’appela pardon. Il s’appela promesses, contrats, fards, confession, art, histoire, déclaration d’impôts…

Il eut une vie innombrable et prodigieuse. Il fut partout, anima tout, compliqua tout, pourrit tout, magnifia tout.

Les hommes vécurent une aventure imprévisible, dans un monde truqué où les mots et les faits ne coïncidaient que par inadvertance.

 

Sans mensonge, point de serments, sans serments, point d’amour. Et sans mensonges, pas de commerce, pas de politique, pas de religion, pas d’histoires de pêche. »

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Lundi 16 février 2015 1 16 /02 /Fév /2015 11:28

Nikki Gemmell

« Les noces sauvages », 1997 ( 2000 pour l’édition française)

 Collection 10/18 n° 3323

Traduit de l’anglais par Dorothée Zumstein

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Résumé : Snip Freeman, la trentaine, artiste peintre, entreprend, au volant d’un pick-up tout neuf, un long voyage  à travers le bush australien à la rencontre de son père. Pour la sécurité de son aventure, elle a choisi de ne pas rouler seule et s’est trouvé un compagnon de voyage, Dave, dont elle va tomber amoureuse. Voici 3 extraits du roman

Page 24 : Snip évoque ses rapports avec les hommes en général.

«  Elle ne laisse personne la connaître à fond, l’approcher de trop près. Elle se ferme dès que quelqu’un menace de le faire, et elle se tire en vitesse. Les hommes apaisent cette démangeaison entre ses cuisses, cette soudaine et violente envie d’une queue dure et brutale. Elle cambre le dos sous leurs poids et place avec insistance leurs doigts sur son clitoris. Dès que c’est fini, elle s’en va. Pas de numéro de téléphone. Pas d’adresse où faire suivre. Une nouvelle ville, une autre rupture. Sa seule constance : l’anonymat. »

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Page 30 : Dans les toilettes d’une station-service, Snip se masturbe en pensant à Dave dont elle se refuse encore à admettre qu’elle l’aime.

« Désolée, mon pote, lui lance Snip (à Dave), avant d’entrer dans les toilettes des femmes. Elle est mouillée, frustrée ; elle a besoin de s’isoler. Elle baisse son pantalon et place l’index sur son clitoris, qu’elle écrase par de fortes pressions circulaires, tout en glissant deux doigts à l’intérieur d’elle-même. Enfin, elle atteint l’orgasme, doux et délectable. Sa tête est fortement pressée conter la fraîcheur de la porte des toilettes et elle reste un long moment  accroupie sur le carrelage froid, ses jambes nues largement écartées. Puis elle s’essuie et sort du pub,  tandis qu’une rangée d’yeux la suit depuis le bar. »

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Page 219. Après une longue séparation et de nombreuses péripéties, Snip et Dave sont de nouveau réunis.

«  Snip est stupéfaite de retrouver les gestes de Dave : ses doigts qui fouillent sa toison, écartent son sexe, la caressent jusqu’à ce qu’elle soit mouillée et s’enfoncent profondément en elle. Puis ils font l’amour et le rythme de leurs ébats s’accélère, ralentit, puis s’accélère à nouveau jusqu’à ce qu’elle jouisse et qu’il se retire aussitôt, éclaboussant de sperme le ventre et les seins de Snip. Elle reconnaît aussi la douceur de sa joue tandis qu’ils frottent, à la manière des poneys, leurs visages l’un contre l’autre ; le parfum de son huile capillaire ; son tatouage, qu’elle embrasse.

Elle se blottit contre son dos et, une demi-heure plus tard, ils recommencent. Mais cette fois, en lui faisant l’amour, Dave mord la peau de Snip comme s’il voulait y laisser sa marque.

- Je veux que tu sois à moi pour toujours, murmure-t-il à son oreille en frémissant, toujours profondément enfoncé en elle. Je ne veux plus jamais te perdre.

Pour toute réponse, Snip replie ses jambes autour du dos de Dave. »

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Jeudi 12 février 2015 4 12 /02 /Fév /2015 08:49

Nedjma, « L’amande »

Editions PLON, 2004

Collection Pocket n° 12409

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Récit autobiographique d’une jeune femme maghrébine qui dans les années 60 a refusé un mariage arrangé et s’est enfuie à Tanger où elle est devenue une femme libre de son corps.

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Introduction, page 9.

« Louange à Dieu qui créa les verges droites comme des lances, pour guerroyer dans les vagins. (…) Louange à Celui qui nous fit don de mordiller et de sucer les lèvres, de poser cuisse contre cuisse, et de déposer nos bourses au seuil de la porte de la Clémence. »

Cheikh O.M. Nefzaoui

Le Jardin parfumé

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En guise de réponse à Cheikh Nefzaoui

amande1Moi, Badra bent Salah ben Hassan el-Fergani, née à Imchouk, sous le signe du Scorpion, chaussant du trente-huit et bouclant bientôt mes cinquante années, déclare ceci : je me fous que les Noires aient les cons savoureux et l’obéissance totale ; que les Babyloniennes soient les plus désirables et les Damascènes les plus tendres pour les hommes ; que les Arabes et les Persanes soient les plus fertiles et les plus fidèles ; que les Nubiennes aient les fesses les plus rondes, les peaux les plus douces et le désir brûlant comme une langue de feu ; que les Turques aient les matrices les plus froides, les tempéraments les plus teigneux, les cœurs les plus rancuniers et l’intelligence la plus lumineuse ; que les Egyptiennes aient le langage doux, l’amitié plaisante et la fidélité capricieuse.

Je déclare me foutre des moutons comme des poissons, des Arabes comme des Roumis, de l’Orient comme de l’Occident, de Carthage comme de Rome, de Henchir Tiemsani  comme des jardins de Babylone, de Galilée comme d’Ibn Battouta, de Naguib Mahfouz comme d’Albert  Camus, de Jérusalem comme de Sodome, du Caire comme de Saint-Petersbourg ; de saint Jean comme de Judas, des prépuces comme des anus, des vierges comme des putains, des schizophrènes comme des paranoïaques, d’Ismahan comme d’Abdelwahab, de l’oued Harrath comme de l’Océan  Pacifique, d’Appolinaire comme de Moutannabi, de Nostradamus comme de Diop le Marabout.amande2

Puisque moi, Badar, décrète n’être sûre que d’une chose : c’est moi qui ai le con le plus beau de la terre, le mieux dessiné, le plus rebondi, le plus profond, le plus baveux, le plus bruyant, le plus parfumé, le plus chantant, le plus friand de bites quand les bites se lèvent tels des harpons.

 

Je peux le dire, maintenant que Driss est mort et que je l’ai enterré, sous les lauriers de l’oued, à Imchoul la mécréante.

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Jeudi 22 janvier 2015 4 22 /01 /Jan /2015 12:50

Katherine PANCOL, «Embrassez-moi »

Editions Albin Michel, 2003

Livre de poche n° 30408

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Angela, la narratrice, est à New-York. Elle va y retrouver par hasard la trace d’un amour perdu et les souvenirs de sa rencontre avec Louise Brooks.

C'est Louise Brooks qui raconte (pages 189 et suivantes). Elle est vendeuse dans un magasin de vêtements et parle de son amie Eileen.

pancol2« - Heureusement, il y avait Eileen ! Eileen me montrait comment faire. Eileen m’encourageait. J’allais la voir chez elle, à Harlem. Elle habitait un grand appartement. Je prenais le métro et, à la sortie, il y avait toujours des hommes noirs qui attendaient. Ils battaient la semelle en attendant que des femmes blanches et riches viennent les enlever. Pour quelques heures, pour une fin de nuit… Elles les emmenaient dans des hôtels minables où elles se donnaient du plaisir pour quelques dollars. Un soir, avec une amie, on est parties chercher un Noir et on a passé la nuit avec lui… Mais après, je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas trouvé ça bien et je n’ai plus recommencé. Tu as lu ce livre de Chester Himes, la Fin d’un primitif ? il y parle de la solitude de l’homme noir misérable, de la solitude de la femme blanche et riche que son mari ne touche plus, de la soif de la femme blanche pour la peau d’un mâle noir, du dégoût de l’homme noir pour cette concupiscence  de femme blanche esseulée, négligée, en colère… C’est tout cela que j’ai ressenti au petit matin, quand le jour s’est levé dans la chambre, qu’on a remis nos masques de Blanches… »

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Après avoir quitté son job de vendeuse, Louise, complètement à la dérive, cherche à renouer avec le monde du cinéma.

« Apposer son nom au bas d’un contrat et obéir.pancol3

Obéir à des producteurs qui ordonnent et décident pour vous.

Elle ne pouvait pas. Elle préférait suivre son désir. Toujours.

Le désir qui le jetait dans le lit d’un homme alors que les responsables des studios la suppliaient de venir travailler. Elle leur raccrochait au nez et reprenait le fox-trot endiablé avec un danseur dont les épaules la chaviraient. Se laisser remorquer par cet homme, le suivre sur la piste de danse, le suivre dans son lit, sentir le poids de son corps sur le sien et cette force qui la transporte quand il entre en elle, quand le sexe de l’homme entre dans son corps, impose sa loi, la saccage, la retourne comme une terre meuble, molle, la soulève en hoquets de douleur, d’extase et de reconnaissance.

- Tu sais ce dont je parle, hein, tu le sais ?

 

Elle insistait en me regardant de ses yeux noirs impitoyables qui ordonnaient ne mens pas, je t’ai reconnue, ne fais pas semblant… La force noire du sexe, la rage des deux corps qui se jettent l’un sur l’autre, la rage d’aller chercher au plus profond de soi la douleur, la douleur initiale, celle qui fait vibrer de plaisir interdit, dangereux, qui fait renaître le trouble ancien, la douleur ancienne. »

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Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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Mercredi 14 janvier 2015 3 14 /01 /Jan /2015 10:01

Yasunari KAWABATA

Ecrivain japonais né en 1899, mort en 1972 (suicide)

Prix Nobel de littérature 1968

« Les belles endormies » 1961 Editions Albin Michel (traduit du japonais par R. Sieffert)

y-kawabata

Au bord de la mer, dans une étrange maison close, des vieillards viennent passer la nuit auprès de jeunes vierges profondément endormies sous l’effet de puissants narcotiques. C’est là que se rend régulièrement le vieil Eguchi. Cette nuit-là, sa « concubine » parle en rêvant…

Pages 77-79

- Maman ! La fille avait poussé une exclamation étouffée.

- Là, là, tu t’en vas ? Laissez-moi, laissez…

toshio-saeki-12- De quoi rêves-tu ? C’est un rêve, un rêve, te dis-je ! Ce disant, Eguchi la serrait plus fort pour essayer de la tirer de son rêve. La tristesse contenue dans la voix de la fille quand elle appelait sa mère envahit le cœur d’Eguchi. Ses seins étaient pressés contre la poitrine du vieillard au point de s’écraser. Elle remua les bras. Dans son rêve, prenait-elle Eguchi pour sa mère, qu’elle cherchait à étreindre ? Mais non, même endormie, même vierge, elle restait incontestablement provocante. Il semblait au vieil Eguchi qu’en soixante-sept ans il n’avait jamais touché à pleine peau une jeune femme à ce point provocante. À supposer qu’un mythe pût être lascif, cette fille-là sortait de ce mythe.

Il en venait à la considérer non comme une ensorceleuse, mais comme la victime d’un enchantement. Avec cela « tout endormie qu’elle fût, elle vivait », en d’autres termes, encore que sa conscience fût plongée dans un profond sommeil, son corps par contre restait éveillé dans sa féminité. Il y avait là non pas une conscience humaine, mais rien qu’un corps de femme. Se pouvait-il qu’on l’eût parfaitement dressée pour servir de partenaire aux vieillards au point que l’hôtesse ( la tenancière de la maison close) en pût dire qu’elle était « entraînée » ?toshio-saeki-147

Eguchi desserra son bras qui la tenait fortement, et quand il eut disposé le bras nu de la fille de telle sorte qu’elle parût l’enlacer, elle lui rendit en effet docilement son étreinte. Le vieillard ne bougea plus. Il ferma les yeux. Une chaude extase l’envahit. C’était un ravissement presque inconscient. Il lui sembla comprendre le plaisir et le sentiment de bonheur qu’éprouvaient les vieillards à fréquenter cette maison. Et ces vieillards eux-mêmes, ne trouvaient-ils pas en ces lieux, outre la détresse, l’horreur ou la misère de la vieillesse, ce don aussi d’une jeune vie qui les comblait ? Sans doute ne pouvait-il exister pour un homme parvenu au terme extrême de la vieillesse un seul instant où il pût s’oublier au point de se laisser envelopper à pleine peau par une fille jeune. Les vieillards cependant considéraient-ils une victime endormie à cet effet comme une chose achetée en toute innocence, ou bien trouvaient-ils, dans le sentiment d’une secrète culpabilité, un surcroît de plaisir ? Le vieil Eguchi, lui, s’était oublié, et comme s’il avait de même oublié qu’elle était une victime, de son pied il cherchait à tâtons la pointe du pied de la fille. Car c’était le seul endroit de son corps qu’il ne touchait pas. Les orteils étaient longs et se mouvaient gracieusement. Leurs phalanges se pliaient et dépliaient du même mouvement que les doigts de la main, et cela seul exerçait sur Eguchi la puissante séduction qui émane d’une femme fatale. Jusque dans le sommeil, cette fille était capable d’échanger de devis amoureux rien qu’au moyen de ses orteils. Le vieillard toutefois se contenta de percevoir leurs mouvements comme une musique, enfantine et imparfaite certes, mais enchanteresse, et il resta un moment à la suivre.  

toshio-saeki-183

 

Les illustrations de Toshio Saeki me semblent avoir été très inspirées du récit de Kawabata

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