le saviez-vous ?

Vendredi 21 janvier 2022 5 21 /01 /Jan /2022 08:00

Deuxième extrait de l'ouvrage "La sexualité dans la magie" de Yves Verbeek.

Pages 64-65 : chapitre intitulé : des pratiques peu avouables

" De nombreux peuples primitifs croient à la vertu virilisante ou fécondante de la nudité. En Polynésie, par exemple, on est persuadé qu'en découvrant les parties génitales et en les présentant à la lumière, elles subiront l'influence bénéfique du mana, c'est-à-dire de l'esprit qui habite le totem protecteur du clan qui porte son nom.

S'il existe des fluides magiques favorables à l'épanouissement de la sexualité, en retour, l'exercice de la sexualité a souvent la réputation d'accroître les pouvoirs occultes de l'individu. Mais dans le monde de la magie, rien n'est "normal", et par conséquent, l'acte sexuel propice à la puissance  magique ne saurait l'être. Il se doit même souvent d'enfreindre les tabous les plus rigoureux. Aussi a-t-il généralement un caractère incestueux. 

Dans une tribu de Madagascar, les hommes qui partent pour la pêche, la chasse ou la guerre ont des relations sexuelles avec leurs sœurs ou des parentes très proches, afin de favoriser le bon déroulement de l'expédition. Cette pratique se retrouve en divers points du continent africain, surtout chez les peuples chasseurs, et cela bien que l'inceste y soit rigoureusement interdit en toute autre circonstance. L'inceste n'a pas seulement la réputation d'accroître la puissance agressive du guerrier ou du chasseur. Dans certaines tribus, on y voit un moyen de lutter contre les dangers extérieurs, notamment contre la morsure des serpents les plus vénimeux. Chez les Anyanja du Nyassaland (aujourd'hui Malawi), on est même persuadé que d'avoir des rapports sexuels avec sa mère, sa sœur ou, pis-aller, avec sa tante, met ensuite à l'abri des balles de l'ennemi. En outre, les sorciers de cette tribu recourent couramment à l'inceste pour renforcer les plus dangereux de leurs pouvoirs occultes. Il arrive ailleurs que le sorcier ne puisse vraiment inaugurer sa "carrière" qu'après avoir eu un commerce sexuel avec sa propre fille.

C'est du reste une constante dans l'histoire de la magie noire : les sorciers et les sorcières auront presque toujours la réputation de se livrer aux pratiques sexuelles les moins avouables, non seulement à la sodomie et à l'homosexualité, mais aussi à l'inceste. De là vient d'ailleurs la croyance largement répandue selon laquelle la sorcellerie serait héréditaire, leurs enfants naissant des amours entre sorciers et sorcières étroitement apparentés.

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Par michel koppera - Publié dans : le saviez-vous ? - Communauté : Fantasmes et écriture
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Vendredi 14 janvier 2022 5 14 /01 /Jan /2022 08:00

Le texte de l'article ci-dessous est extrait de l'ouvrage "La sexualité dans la magie" de Yves VERBEEK paru en 1978  aux Editions Idégraf  (246 pages)

Chapitre Magie d'hier et d'ailleurs : dans l'Antiquité

"Outre le bouc, partiellement représenté par les satyres, un autre animal faisait partie du cortège de Dionysos-Bacchus : l'âne. Ambigu comme tous les animaux qui intervenaient dans la mythologie, ce quadrupède était appelé à jouer également un rôle important dans les traditions de la magie noire, plus particulièrement dans celles qui touchaient à la bestialité, preversion consistant à avoir des relations sexuelles avec une bête. Il mérite donc que l'on ouvre une parenthèse à son sujet.

L'âne a parfois pris un caractère sacré. Chez les Sémites, il était l'incarnation de Baal-Phégor, dieu de la fertilité dont la puissance fécondante et bénéfique s'opposait au pouvoir destructeur de Moloch, divinité néfaste et cruelle qui exigeait des sacrifices humains. Comme Dionysos, plusieurs dieux de l'Inde antique le choisirent pour monture, de même que Balaam, héros de plusieurs légendes de la tradition juive. Jésus lui-même fut gardé par un âne alors qu'il était encore nouveau-né et ce fut également sur un âne qu'il fit son entrée dans Jérusalem.

Mais l'âne n'eut pas toujours cette bonne réputation et même en Occident, bien qu'il eût été associé à la figure du Christ, il prit place dans l'arsenal imaginaire de la magie noire. Déjà en Egypte, on le vouait à Seth, le meurtrier fratricide d'Osiris. Symbole du Mal, il pouvait être aussi bien celui de la bêtise (le roi Midas avait des oreilles d'âne) et bien sûr à celui de l'obstination. Mais surtout, on voyait en lui une incarnation de la puissance sexuelle sous sa forme la plus brutale et la plus lascive. Dans une légende indienne, il est la Bête qui séduit la Belle, en l'occurrence une princesse : dans la journée, il n'était qu'un quadrupède mâchonnant du foin, mais la nuit il prenait forme humaine pour honorer sa maîtresse.

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Si l'on en croit les fabulistes gréco-latins, les femmes ne pouvaient résister aux appâts de cette bête lubrique. Un conte licencieux de Lucien de Samosate en fait foi. Transformé en âne par les potions magiques d''une sorcière, l'auteur-narrateur était devenu sous cette forme l'amant d'une dame de l'aristocratie. Femme d'une grande beauté, elle était tombée follement amoureuse de cet étrange compagnon aux appétits insatiables. Mais un jour, Lucien parvint à trouver des roses et à les dévorer, remède infaillible pour combattre les sortilèges de la magicienne. Aussitôt, il retrouva son apparence humaine et n'eut rien de plus pressé, le soir venu, que d'aller rejoindre sa belle maîtresse. Il était persuadé qu'elle se pâmerait de ravissement en découvrant que son étrange amant était en réalité un homme que la sorcellerie avait mué en bête. Quelle ne fut pas sa découvenue ! Certes, la jeune femme l'accueillit bien et le retint à dîner. Mais c'est qu'elle croyait que l'âne s'était provisoirement métamorphosé en être humain. Et l'affaire tourna mal lorsque la vérité éclata. Lucien de Samosate raconte la suite :

− Je soupe donc avec elle parfumé d'essence et couronné de ces roses bien-aimées, auxquelles de devais ma réintégration parmi les hommes. La nuit étant déjà avancée, et le temps de se mettre au lit venu, je me lève, et croyant accomplir un bel exploit, je me déshabille et me mets tout nu, estimant que je lui plairais davantage par la comparaison avec l'âne. Mais elle,voyant que je n'étais réellement qu'un homme, jette sur moi un regard de mépris, et en même temps :

− Va te morfondre loin de moi et de ma maison, s'écrie-t-elle, va te coucher où tu voudras !

− Quel crime ai-je donc commis ? lui dis-je à mon tour.

− Par Jupiter, dit-elle, ce n'est pas de toi, c'est de l'âne que j'étais amoureuse ; c'est avec lui, et non avec toi que j'ai couché : je pensais que tu avais conservé le grand et beau membre qui distinguait mon âne. Mais je vois bien qu'au lieu de ce charmant et utile animal, tu n'es plus, depuis ta métamorphose, qu'un singe ridicule !..."

En 2008, j'avais déjà consacré à ce texte un article que vous pouvez relire en cliquant sur ce lien  Lucius ou l'âne

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Vendredi 12 mars 2021 5 12 /03 /Mars /2021 08:00

Le saviez-vous ? # 138

Tout le monde connaît l'expression "en catimini" et sait qu'elle signifie "en cachette, sans se faire voir". L'origine de l'expression est surprenante. Le mot "catimini" est en effet dérivé du grec "katamenia" qui signifie menstruation. L'expression "en catimini, a donc été construite en référence au caractère secret des règles qui imposent à la femme la plus grande discrétion.

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Mardi 23 février 2021 2 23 /02 /Fév /2021 08:00

Le saviez-vous ? # 137 (7)

Suite de la lecture de "La vie sexuelle à Rome" de Géraldine PUCCINI-DELBEY.

Chapitre V : l'érotisme. Pratiques et positions sexuelles

La société romaine opposait le couple légitime au couple illégitime, la sexualité conjugale à la sexualité extra-conjugale. La première était une sexualité de reproduction, la seconde une sexualité de plaisir. L'une supposait le respect dû à la matrone fidèle à son époux, l'autre permettait à la femme une liberté relative des mœurs. 

Les conduites sexuelles n'étaient donc pas une question de morale mais de statut social.  Le statut de l'épouse ne tolérait qu'une position et devait chercher à éviter toute forme d'érotisme. Les femmes qui étaient objets de plaisir pour l'homme devaient au contraire se montrer expertes en la matière. Cette opposition est bien soulignée par Lucrère quand il décrit le talent des prostituées qui savent "avec leurs fesses stimuler dans la joie le désir de l'homme et faire jaillir son sperme". Il les oppose aux épouses qui n'ont pas besoin de cet art pour leur mari. Celles-ci n'avaient pas d'attrait sexuel pour leur mari et ne devaient pas en avoir, afin d'éviter tout scandale. Lucrèce pensait que c'était dans l'attitude des animaux quadrupèdes que la femme était le plus facilement fécondée et défendait un point de vue très tradtionnaliste sur ce sujet : "l'épouse n'a pas besoin de recourir à des mouvements voluptueux, car non seulement c'est le propre d'une courtisane, mais surtout elle s'empêche de concevoir". Si la femme est par nature passive, l'épouse doit l'être concrétement, en s'interdissant de bouger durant l'acte sexuel. Si elle était capable de mouvements, c'était qu'elle les avait appris ailleurs que dans les bras de son époux...

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La levrette était la norme des accouplements conjugaux

Martial dans une de ses comédies met en scène un mari qui reproche à son épouse sa gravitas (son sérieux) alors qu'il souhaiterait qu'elle accepte, pour faire l'amour, d'allumer la lampe, d'ôter son soutien-gorge, ses tuniques et ses manteaux sombres, de ne pas l'embrasser comme elle a l'habitude chaque matin d'embrasser sa grand-mère et de cesser de n'avoir pendant l'étreinte ni mouvement, ni parole, ni geste.

Selon Pline l'Ancien, les femmes pouvaient recourir pour stimuler l'acte sexuel à une potion aphrodisiaque dont il énumère les ingrédients : "Du fiel de sanglier, de la moëlle de porc, du suif d'âne mélangé à de la graisse de jars, de l'humeur qui s'écoule d'une jument après la saillie, des testicules de cheval desséchées et émiettés dans une boisson, le testicule droit d'un âne pris dans du vin à dose convenable ou attaché à un bracelet, de l'écume d'âne recueillie après la saillie dans une étoffe rousse et enfermée dans un médaillon d'argent." Il conseille aussi à l'homme pour stimuler son désir de "se frictionner la verge avec de l'huile chaude dans laquelle aura été plongée sept fois une verge d'âne". Pline décrivait aussi "une plante qui permettait de faire l'amour soixante-dix fois".   

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Vendredi 29 janvier 2021 5 29 /01 /Jan /2021 08:00

Suite de la lecture de "La vie sexuelle à Rome" de Géraldine Puccini-Delbey (Editions Tallandier, 2007)

Chapitre III : les amours masculines

Dans la Rome antique, une relation sexuelle entre hommes concernait un citoyen libre adulte avec un esclave, un affranchi ou un non-citoyen, généralement plus jeune, avec qui la liberté sexuelle était pratiquement illimitée. Le statut d'esclave impliquait une absence d'autonomie, un contrôle absolu par le maître, donc une soumission totale et une acceptation sans réserve de toutes ses demandes. "Le corps de l'esclave ne lui appartient pas, mais appartient à son propriétaire. L'esclave est obligatoirement un pathicus, celui qui tient le rôle passif dans la relation sexuelle. Cette famille lexicale caractérise l'esclave et son état de sujétion, notamment sa soumission sexuelle." Les auteurs latins mirent  souvent en parallèle le rôle passif de l'esclave avec celui de la femme, opposant ainsi le vir à la fois à l'esclave et à la femme. Les hommes qui tenaient le rôle passif dans une relation sexuelle "supportaient une position de femme" (muliebria pati). Cicéron exhortait l'homme, surtout dans une situation de souffrance, "à ne rien faire qui soit le propre d'un esclave ou d'une femme". C'était donc le statut social qui définissait le rôle à tenir -actif ou passif - et qui déterminait l'inviolabilité ou non du corps masculin. Ainsi, rôle passif et soumission, s'identifiaient si bien que le citoyen libre devait s'abstenir de tenir le rôle dévolu à l'esclave, sous peine d'encourir un grave blâme ou d'être insulté violemment par des éptihètes qui dénonçaient une passivité indigne (cinaedus, pathicus). L'idéal viril se situait à l'opposé de la "capacité à supporter" propre à l'esclave, cette servilis patentia que mentionnent des auteurs comme Salluste, Cicéron, Tacite et qui se marquait également par l'emploi du verbe pati, "supporter, subir" .

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Par michel koppera - Publié dans : le saviez-vous ? - Communauté : Fantasmes et écriture
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Vendredi 22 janvier 2021 5 22 /01 /Jan /2021 08:00

Le saviez-vous ? 

Les cultes liés à la sexualité dans la Rome antique.

La religion romaine avait institué des cultes propres aux femmes, les uns pour les matrones respectables, les autres pour les prostituées.

Cupido et Voluptas furent ainsi érigés en divinités. Selon les récits mythologiques, Voluptas était la fille de Psyché et de Cupidon, fils de Vénus, dieu du désir et dieu de l'amour qui portait en latin deux dénominations, tantôt Cupido, tantôt Amor.

Chaque année, du 28 avril au 3 mai, les Ludi Florales étaient des jeux dédiés à la déesse Flora, divinité de la germination. Ces jeux furent institués vers l'an 238 av JC pour conjurer une famine et devinrent annuels en 173. D'après la légende, Flora fut une courtisane bienfaitrice qui, à sa mort,  aurait légué sa fortune au peuple romain et serait ainsi devenue la patronne des prostituées. Les rites qui lui étaient consacrés avaient un caractère licencieux et nocturne : les citoyens se rendaient de nuit à son temple, situé près du Circus Maximus, pour voir défiler les prostituées. Le 23 avril, les Vinalia étaient une autre  fête en l'honneur des prostituées.

Le culte de Vénus pouvait prendre deux formes. Au Capitole, le temple de Vénus Érycine était fréquenté uniquement par des prostituées. Le 23 avril, il s'y tenait un veritable marché où se rendaient les proxénètes pour y faire leurs affaires. Ce jour de fête était appelé le "jour des prostituées' (dies meretricum). Le culte de Vénus Verticordia dura environ un siècle, il s'adressait uniquement aux femmes vertueuses. Lors de ce culte en avril, les femmes honorables se baignaient couronnées de myrte et buvaient un breuvage composé de pavot écrasé dans du lait avec du miel, le cocetum, que la déesse elle-même aurait consommé avant d'être conduite à son époux; 

Le désir sexuel féminin était placé sous la protection de la Bona Dea qui possédait un sanctuaire au pied du Mont Aventin. Sa fête annuelle se déroulait dans la demeure d'un magistrat, excluait toute présence masculine et nécessitait la présence des vestales. Sous le nom de lait, les fidèles y buvaient du vin, boisson strictement interdite aux femmes. Ces cérémonies qui se tranformaient parfois en orgie furent ainsi condamnées par Juvenal dans ses Satires : " Alors, c'est le prurit qui ne supporte pas d'attendre, c'est la femelle naturelle, c'est la même clameur répétée dans l'antre tout entier. "C'est désormais permis, faites entrer les hommes !" Si l'amant dort, elle ordonne à un jeune homme d'enlever sa cape et de se hâter : à défaut, on court aux esclaves ; si l'espoir d'avoir des esclaves s'évanouit, un porteur d'eau viendra ; si on cherche celui-ci et que les hommes manquent, elle n'attend nullement pour soumettre ses fesses à la saillie d'un âne."

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Par michel koppera - Publié dans : le saviez-vous ? - Communauté : Arts érotiques
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Mardi 5 janvier 2021 2 05 /01 /Jan /2021 08:00

Je poursuis avec vous la lecture de "La vie sexuelle à Rome" de Géraldine Puccini-Delbey (2007)

Page 116 et suivantes : la prostitution féminine

Le Digeste (code juridique du droit romain) définissait les prostituées comme les femmes "sur lesquelles on ne commet pas de délit sexuel" comme étant "celles qui font de l'argent avec leur corps". Ces femmes, à qui on reconnaissait un statut, se trouvaient cependant au bas de l'échelle sociale : c'étaient des femmes qui "vivent honteusement", des "femmes déshonorées". Pour autant, les prostituées étaient indispensables au bon fonctionnement de la société romaine. Elles assuraient une véritale fonction de régulation sociale qui permettait de canaliser les pulsions sexuelles masculines et devait éviter aux hommes des relations sexuelles illicites avec le groupe protégé des matrones (épouses légitimes des citoyens romains). Recourir aux services des prostituées, lorsqu'on était un citoyen libre, n'était donc nullement déshonorant, à condition de ne pas en devenir dépendant, ce qui aurait témoigné d'un état de servitude vis-à-vis de ses pulsions.

Les prostituées appartenaient à deux catégories bien distinctes. Les unes étaient de misérables créatures, esclaves contraintes par leur maître, les autres étaient des courtisanes d'un milieu social modeste ou élevé, voire aristocratique, qui choisissaient volontairement  de se prostituer. Nonius Marcellus donne pour chacune de ces deux catégories une définition précise :" Entre la courtisane et la prostituée, la différence consiste en ce que la courtisane est d'un rang plus honorable. En effet, les courtisanes tirent leur nom du fait de gagner un salaire parce qu'elles se rendent accessibles seulement de nuit, tandis qu'on les appelle prostituées parce qu'elles se tiennent debout devant leur bouge pour gagner de l'argent nuit et jour." L'idéologie traditionnelle en faisait de purs objets de plaisir avec lesquels les hommes satisfaisaient leurs désirs, objets " que l'on prend et que l'on quitte après en avoir fait bon usage."

Le prostitution forcée provenait de l'esclavage des femmes, des hommes et des enfants servant à la satisfaction sexuelles de leur maître, qui pouvait aussi les faire travailler dans un lupanar. ( À propos de ce dernier mot, saviez-vous qu'il est dérivé de " lupa " la louve. C'est cette métaphore animale qui servait à désigner les prostituées et les courtisanes. Ainsi, la mythologique louve romaine qui aurait allaité les deux frères Romulus et Rémus n'était en réalité qu'une prostituée qui vendait ses charmes, au bord du Tibre !)

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Illustration : Prostituée au "travail", fresque de Pompei 

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Lundi 21 décembre 2020 1 21 /12 /Déc /2020 08:00

Le saviez-vous ? # 137 (3)

Suite des extraits de "La vie sexuelle à Rome" de Géraldine Puccini-Delbey 

Page 45 : croyances médicales de la Rome antique, au sujet de l'âge du mariage 

savoir137-3 leonard de vinci"Les garçons doivent être puberes, capables de consommer le mariage, c'est-à-dire capables de produire du sperme. L'origine  du sperme est expliquée par Lucrèce, qui reprend la théorie de la pangenesis d'Hippocrate. D'après ce dernier, le sperme (comme d'ailleurs le sang de la menstruation pour les filles) est diffusé dans le corps tout entier. C'est l'élément le plus puissant du fluide corporel et il commence à se répandre lorsque les veines sont devenues suffisamment larges et qu'elles le conduisent dans les parties génitales. Durant l'enfance, les veines sont trop étroites pour que le sperme puisse se diriger vers l'organe sexuel et s'y concentrer. D'autres théories existent sur l'origine du sperme. Platon soutient que le sperme émane du cerveau et de la moelle épinière. Aristote, pour sa part, estime que le sperme est un résidu du sang et que les enfants en sont dépourvus car il consument toute leur nourriture durant leur développement, tandis que les personnes âgées n'ont pas assez de chaleur pour fabriquer suffisamment de sang."

illustration : dessin anatomique de Léonard de Vinci

Par michel koppera - Publié dans : le saviez-vous ? - Communauté : Fantasmes et écriture
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Vendredi 18 décembre 2020 5 18 /12 /Déc /2020 08:00

Le saviez-vous ? # 137 (2)

Reprise de l'exploration du l'ouvrage "La vie sexuelle à Rome" de Géraldine Puccini-Delbey

Première partie : le modèle du citoyen viril (pages 26-27)

" La "bisexualité" est le comportement sexuel ordinaire du citoyen romain libre, avec cette réserve que, dans la relation avec un autre homme, il doit tenir le rôle actif, comme dans son rapport sexuel avec une femme. " Être actif, c'est être un mâle quel que soit le sexe du partenaire passif". Le schéma sexuel romain est phallocentrique. savoir137-priapeL'action normative est la pénétration d'un orifice du corps par un pénis. Les Romains ont devant les yeux un modèle d'identification que n'eurent pas les Grecs, le dieu Priape, ithyphallique, dont le sexe démesuré est toujours prêt à pénétrer n'importe qui - garçons, femmes, hommes même adultes. Priape, dont le lieu de culte primitif se trouvait à Lampsaque, a été adopté dans la religion romaine tardivement mais avec facilité, car il existait une divinité italique ancienne du phallus, Mutunus Tutumus, qu'il a pu aisément remplacer. Le phallus occupe une place essentielle dans la culture romaine comme symbole de l'autorité masculine, comme instrument de pénétration et de domination, comme garantie de fertilité, de fécondité, d'énergie vitale, ou comme moyen apotropaïque de protection. Le citoyen romain peut ainsi pratiquer des relations sexuelles avec son épouse, ses esclaves, des prostitués des deux sexes et de n'importe quel âge.

Le vocabulaire désigne trois lieux susceptibles d'être pénétrés et montre que l'homme actif a trois activités possibles d'ordre phallique : futuere indique un acte de pénétration vaginale, pedicare, un acte de pénétration anale, irrumare, un acte de pénétration orale. Il prend son plaisir à pénétrer n'importe qui, par n'importe quel orifice. Ainsi, un pedicator n'est pas un "homosexuel" au sens où nous l'entendons actuellement : il est quelqu'un qui sodomise  une autre personne, quel que soit son sexe. Un irrumator n'a pas d'équivalent dans notre langue : il "baise" les hommes comme les femmes dans la bouche. De même un fututor n'est pas à proprement parler ce que nous entendons par "hétérosexuel" : bien entendu, sa partenaire est une femme et l'acte une pénétration vaginale, mais il peut parallèlement avoir des relations sexuelles avec un ou des partenaires de son sexe  et se livrer à d'autres types de pénétration."

Illustration : fresque de Priape, Pompéi, maison des Vettii, 1er siècle av JC

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Mardi 8 décembre 2020 2 08 /12 /Déc /2020 08:00

"La vie sexuelle à Rome" par Géraldine Puccini-Delbey, éditions Tallandier (2007)

Cet ouvrage, s'appuyant sur les archives et textes littéraires de l'époque, explore de façon quasi exhaustive tous les aspects de la sexualité dans la Rome antique

Extrait n° 1 : la libido des femmes dans la Rome antique (chapitre 1)

" Les médecins antiques pensent que l'abstinence sexuelle involontaire chez une femme, si elle se prolonge, peut entraîner des complications physiques et, dans des cas extrêmes, une "suffocation hystérique", que les Latins appellent "maladie de la vulve" (uuluae morbus) et qui n'est pas sans rappeler l'épilepsie. La cause exacte de l'hystérie est traditionnellement attribuée à la matrice, depuis les travaux d'Hippocrate. De nombreux médecins, à l'exception de Soranos, croient que l'utérus est un être autonome, capable de se déplacer vers toutes les cavités du corps et de provoquer des suffocations là où il s'arrête. Dans les textes hippocratiques, le maintien de l'utérus dans sa position normale dépend de son hydratation. Si celui-ci sèche, il commence à "errer" à travers le corps et se déplace vers l'organe le plus chargé d'humidité, le foie. La santé revient lorsque l'utérus retrouve sa place. (...)

Galien avance une autre explication pour les problèmes féminins résultant d'une continence sexuelle : il s'agirait d'une rétention de "sperme femelle". La femme qui n'a pas de partenaire sexuel risque à ses yeux de devenir hystérique. Précisément, "on est d'accord pour dire que cette maladie se produit surtout chez les veuves, et particulièrement lorsque auparavant elles étaient bien réglées et concevaient et qu'elles avaient des relations sexuelles, au moment où elles sont privées de tout cela." Le veuvage serait donc un état favorisant l'apparition de l'hystérie. (...)

Martial s'amuse à dépeindre l'état hystérique de Léda, une vieille femme condamnée à ne plus avoir de relations sexuelles en raison de l'impuissance de son vieil époux. Au bord du désespoir, ne pouvant plus supporter l'intensité de sa frustration sexuelle, elle est finalement soulagée par les médecins eux-mêmes, avec l'accord de son mari :

"Léda avait dit à son vieil époux qu'elle était hystérique et se plaint d'être dans la nécessité d'être baisée ; mais tout en pleurant et gémissant, elle dit que sa santé ne vaut pas ce prix, et rapporte qu'elle a proposé plutôt de mourir. Son homme lui demande de vivre et de ne pas renoncer à la verdeur de ses années, et lui permet que soit fait ce qu'il ne peut plus faire lui-même. Aussitôt arrivent les médecins, les femmes médecins se retirent, et se lèvent les pieds. Oh ! le pénible remède !"( Martial, Epigrammes XI)"

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