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Vendredi 27 septembre 2024 5 27 /09 /Sep /2024 08:00

Lectures estivales # 5

"L'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski" (567 pages) est le deuxième volet de la saga Sadorski, publié dans la collection Policiers Points, n° P4848.

Ce volume se situe en juin-juillet 1942. La chasse aux juifs est ouverte par le gouvernement de Vichy, Sadorski y effectue de sales besognes sans trop se poser de questions. Le personnage est odieux, méprisable et violent, sauf quand il s'agit de "protéger" une voisine, la petite Julie, une adolescente juive de 15 ans dont il a fait arrêter la maman. Le roman se termine avec la rafle du Vel d'Hiv.

Pour rappel : voir article sur le premier volume de la saga  Romain Slocombe : " L'affaire Léon Sadorski"

Extrait n° 1 :pages 228 à 231. Sadorski qui enquête sur un attentat à la bombe dans un bar se rend chez une des victimes "légères" de l'explosion, une certaine Raymonde Bonnet qui est employée comme secrétaire à Radio-Paris (radio contrôlée par les Allemands)

" Lorsqu'il (Sadorski) se retourne, la secrétaire à la station allemande s'est positionnée avec les jambes suffisamment écartées pour offrir une vue imprenable sur les dentelles de sa chemise de nuit. (...) Melle Bonnet écarte un peu plus les cuisses. Il contemple une culotte noire, bordée de dentelle rouge. Le style d'accessoire que l'on se procure dans les petite magasins autour de la place de Clichy ou de Pigalle.(...)

Contournant la table, Sadorski va vers Melle Bonnet, se penche, caresse sa bonne joue. Le cœur du policier cogne à coups sourds.

– Vous... êtes très belle, Raymonde.

Les yeux dans les siens, elle retire lentement le foulard qui soutient son bras bandé. Se dégage du peignoir pervenche. Sous la dentelle des bonnets volumineux de la nuisette, Sadorski devine un large soutien-gorge noir. Il déglutit. Melle Bonnet répond dans un souffle.

– Vous n'avez pas encore tout vu, ni tout noté, monsieur le détective. J'ai d'autres cicatrices. Savez-vous, devant le café, un morceau de vitre m'a atteinte à la poitrine. Éraflant le sein droit.

– Sans blague ?

– Il est important que vous examiniez ça. Que vous m'inspectiez davantage. Pour ce genre d'enquête nous serons plus à l'aise à côté...

Elle écarte Sadorski, se redresse. Et, de son bras valide, l'entraîne dans la chambre à coucher.

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Extrait n° 2: page 561. Le 29 juiillet 1942, en compagnie de sa femme Yvette, Sadorski assiste sur les Champs Élysées à un défilé de troupes allemandes de retour du front de l'Est

" Serrée contre son époux, Yvette murmure :

– Qu'est-ce qu'ils sont beaux... Mais qu'est-ce qu'ils sont beaux...

On respire des odeurs d'essence et de gaz d'échappement, ce qui était devenu inhabituel à Paris. La main de l'inspecteur se promène sur les fesses de sa femme, à travers le tissu léger de sa robe imprimée toute neuve. La bousculade, autour d'eux augmente, ainsi que les cris de "Heil Hitler" prononcés avec l'accent français ou germanique. En plus des enthousiastes du PPF et d'autres partis collaborationnistes, il y a beaucoup d'Allemands en civil employés dans les bureaux du quartier. Sadorski profite de la confusion, du tohu-bohu et de l'excitation générale : soulevant le bas de sa robe, il introduit sa main entre les cuisses d'Yvette, écarte un peu la culotte. L'opération lui confirme que son épouse mouille profusément. Elle imprègne les gros doigts de l'inspecteur. Il se penche contre son oreille, lui chuchote des paroles flatteuses assorties de promesses tendres pour la nuit prochaine. Yvette rit."

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Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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Vendredi 20 septembre 2024 5 20 /09 /Sep /2024 08:00

Lectures estivales # 4

"Le pornographe", roman de John McGahern paru en 1979 en Irlande puis en France en 1981 aux éditions Presses de la Renaissance (traduction par Alain Delahaye). En 2024, le roman a fait l'objet d'une réimpression en France par Sabine Wespieser Éditeur (380 pages).

Malgré son titre trompeur, il ne s'agit pas du tout d'un roman érotique, mais plutôt d'une balade irlandaise (à la James Joyce) dans un Dublin aux rues jalonnées de pubs. Le narrateur est un auteur de nouvelles pornographiques qui se trouve malgré lui dans l'obligation de gérer deux problèmes : la grave maladie de sa tante et la grossesse inattendue d'une femme rencontrée dans un dancing. Justifiant le titre, le roman ne contient que deux passages pornographiques cités en exemple de la littérature "alimentaire" du narrateur. Voici le premier :

Pages 28 à 31 : Le colonel Grimshaw vient de retrouver sa partenaire Mavis Garmichael

" Elle ôte ses souliers d'un mouvement des pieds et s'installant d'un air alangui dans la chaise longue couleur bordeaux. Elle est vêtue d'une jupe en cuir boutonnée sur le côté et d'un chemisier blanc à jabot. 

Un petit moment, il promène délicatement les doigts sur la dentelle ; elle sourit et lui envoie un baiser, mais ordonne fermement : " Sers-nous d'abord à boire."

Quand il revient avec les deux verres, il s'assied à côté d'elle, sur la chaise longue. "Nous avons largement le temps pour une petite séance habituelle avant d'aller à l'aéroport, tu sais.

– Ouais, ça ne me déplairait pas de baiser un bon coup.

– Avec grand plaisir, ma chère", murmure-t-il, et, tout en buvant de petites gorgées, il déboutonne lentement le chemisier blanc, puis détache l'agrafe du soutien-gorge dans le dos, de sorte que ses seins lourds et fermes sont à présent exposés.

Apercevant le renflement de son pantalon, elle termine son gin, tend les bras et lui ouvre la braguette. Cependant il lui faut aussi desserrer la ceinture avant de pouvoir libérer "le-petit-frère-toujours-fidèle-au-poste". Le colonel frémit de plaisir tandis qu'elle lui caresse légèrement le gland, puis le porte à sa bouche. Incapable de se contrôler plus longtemps, il défait les boutons de la jupe et écarte le cuir pour se repaître du spectacle de la soie pâle et de la douce peau encore plus pâle. Les doigts tremblants, il fait sauter les deux petites attaches latérales du mini-slip : désormais son mont de Vénus, son sexe aux poils si doux, respire librement entre les cuisses opulentes.

" Si nous allions dans la chambre ? Je suis fatiguée ", dit-elle.

Il la soulève comme une plume et l'emporte jusqu'au lit, avec l'impression de pouvoir la soutenir sans les mains, par la seule force de son membre dressé comme une baïonnette.

"Laisse-moi contempler ce merveilleux mont de Vénus, bien en hauteur", dit-il. Il lui glisse un gros oreiller sous les fesses et se rassasie les yeux de cette douce éminence, et du clitoris rose qui apparaît sous les poils. Quand elle lui entoure les épaules de ses bras, les pointes bien fermes de ses seins se redressent instantanément, et il se penche pour les mordiller l'une après l'autre, tirant dessus jusqu'à la faire gémir de plaisir. Lentement, il écarte les lèvres de sa grosse chatte bien en vue sur l'oreiller, il les masse avec le jus qui en coule, puis il y enfonce légèrement le bout de sa pine et continue le mouvement de va-et-vient. Sans cesser de tirer avec ses dents sur les pointes des seins, il remue délicatement sur l'oreiller, entre les cuisses maintenant très écartées, et elle crie : " Plus fort ! Fais-moi mal, fais de moi tout ce que tu veux, je suis folle d'envie !" Elle soupire et gémit à nouveau lorsqu'elle le sent plonger en elle plus profondément, avec son membre gonflé qui glisse le long de ses parois bien lubrifiées. " Oh, bon Dieu!" s'exclame-t-elle, tandis qu'il la pénètre encore plus fort et que le rythme s'accélère.

" Baise-moi, oh baise-moi, oh sacré bon Dieu, je jouis !" Elle lui plante ses ongles dans le dos au moment précis où le sperme chaud jaillit en elle avec des pulsations délicieuses. Quand leurs corps sont de nouveau calmes, il lui dit :" Accorde-moi cette faveur" Et sa tête chauve disparaît entre les cuisses sur l'oreiller, sa langue rêche sépare les lèvres de sa vulve pour lécher avidement l'abondante folliculine, puis il lui excite une nouvelle fois le clitoris et elle se remet à soupirer frénétiquement.

mcgahern pornographe

" Il faut que je prenne une douche", déclare-t-il d'un ton ferme, s'adressant aussi bien à lui-même qu'à elle. " Il ne nous reste plus tellement de temps, tu sais", lui répond-elle. " Dans ce cas, nous allons nous doucher ensemble !" réplique-t-il, et il la prend dans ses bras pour l'emmener dans la salle de bains. Elle lui entoure les hanches de ses cuisses, et de nouveau, elle sent sa grosse pine, raide comme une barre de fer, se glisser en elle. Dès qu'elle allume l'interrupteur, ils peuvent se voir sur tous les murs, entièrement couverts de miroirs ; elle se regarde se trémousser, empalée sur cette énorme bite bien solide qui vibre, jusqu'au fond de ses entrailles. " Nous devons nous dépêcher", dit-elle. Puis, le dos contre le miroir embué de vapeur, elle sent le foutre monter et gicler en elle ; elle le serre plus fort, et s'ouvre et se ferme pour aspirer de toutes ses forces chacune des pulsations. Finalement elle hurle : " Oh, bon Dieu !", sentant les derniers battements se mêler à l'extase de sa propre jouissance, tandis que graduellement le monde réapparaît, avec l'agréable sensation de l'eau chaude qui coule sur eux."


Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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Vendredi 13 septembre 2024 5 13 /09 /Sep /2024 08:00

Lectures estivales # 3

"Soupapes & Cie", roman de Helen Dewitt (347 pages) paru aux USA en 2011, puis en 2024 en France aux éditions Le Cherche Midi (traduction de l'anglais par Anne Le Bot) 

Voici le point de départ du roman : Joe est un représentant de commerce aux États-Unis qui tente vainement de vendre des encyclopédies puis des aspirateurs à une population indifférente. Il lui vient alors une idée originale pour s'enrichir : lutter contre le harcèlement sexuel en entreprise  par un système de "soupapes". Pour cela, en accord avec la direction, il conçoit un système ingénieux qui permet au personnel masculin d'assouvir, sur le lieu même de travail, leur libido exacerbée et cela en toute impunité.

Ce système de "soupapes" trouve son origine dans un fantasme érotique récurrent de Joe lorsqu'il se retrouve seul le soir dans des motels. Voici ce fantasme décrit page 12 :

" Son fantasme numéro un était une histoire de mur. Le haut du corps de la femme se trouvait d'un côté du mur. Le bas de son corps se trouvait de l'autre côté.

Parfois, à vrai dire la plupart du temps, le haut du corps était entièremement habillé. Rien ne laissait deviner ce qui se passait de l'autre côté du mur.

Parfois la femme était nue sous la ceinture. La plupart du temps, elle portait une petite jupe moulante qu'on pouvait retrousser et une culotte qu'on pouvait baisser. Parfois, il (Joe) avait du mal à décider si c'était mieux avec ou sans culotte. Le summum, c'était de remonter lentement la jupe pour révéler un cul ferme, étroit et ingénu. Ensuite, une bite s'introduisait et le point de vue changeait pour passer de l'autre côté du mur, où le haut entièrement habillé de la femme ne laissait en rien deviner qu'une verge était vaillamment à l'œuvre de l'autre côté. Pour une raison ou une autre, il fallait qu'elle fasse comme si de rien n'était.

soupapes dewitt

Le problème avec ce fantasme, c'était de trouver le mur adéquat. Est-ce que la femme pourrait se pencher par-dessus le comptoir d'une cuisine ouverte sur la salle à manger ? Mais alors, on verrait ce qui se passe derrière elle. Et s'il y avait un store roulant ? Mais pourquoi serait-il baissé ? Et on verrait quand même à travers. Est-ce que la femme pourrait se pencher à une fenêtre à l'étage ? Une fenêtre à guillotine dont le  store serait baissé. Elle pointerait la tête pour parler, mettons à une voisine. La fenêtre serait trop grippée pour s'ouvrir plus. Pendant ce temps, son locataire, mettons, arrive derrière elle, fait glisser ses mains vers le haut de ses cuisses, remonte sa jupe moulante et lui offre un bonus intattendu en plus du loyer. De l'extérieur, on la verrait en train de discuter gaiement avec une voisine – gaiement mais avec une expression un peu figée. "

Commentaire : je vous recommande chaudement la lecture de ce roman  qui, avec humour et ironie, aborde les travers de la société américaine, notamment la priorité absolue donnée à la productivité et à la rentabilité. 

 


Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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Vendredi 6 septembre 2024 5 06 /09 /Sep /2024 08:00

Lectures estivales # 2

"Pop love", roman paru en 1971 aux éditions Galliéra ( 313 pages)

1970 : bienvenue dans la France pompidolienne ! C'est la fin des "trente glorieuses". Mai 68 est passé par là. La jeunesse s'est libérée : sea, sex and drugs. Destination Ibiza ou l'île de Wight, on roule des joints, on prend du LSD en écoutant de la musique pop anglo-saxonne comme il se doit... On flirte beaucoup... on baise aussi, mais plus rarement.

Il se trouve que j'ai connu ces années-là. Mais je ne me suis pas reconnu dans cette jeunesse dorée et insouciante. Autant dire que ce roman "érotique" est complètement déconnecté des réalités sociales, économiques et de la géopolitique de la période comme la guerre du Vietnam. 

Extrait pages 116 à 118 : Corinne, vierge de 17 ans, connaît son premier amour avec Jean-Luc, photographe à la mode.

" Il (Jean-Luc) la prit par les épaules et la retourna contre lui. Elle noua ses bras autour de son cou et lui donna ses lèvres qu'il aurait embrassées jusqu'à la fin des temps, tant elles étaient douces et brûlantes sous son baiser. (...)

Il était déjà à côté d'elle et la reprenait dans ses bras. mais tout en l'embrassant, il caressait ses seins qui palpitaient sous sa robe, son ventre qui se creusait comme pour l'attirer plus loin. Un instant plus tard, elle put s'allonger et Jean-Luc vint à côté d'elle. Sa main vint se nicher au sommet de ses cuisses qu'elle lui ouvrait, confiante. 

Elle ne saurait dire comment il s'y prit pour la déshabiller sans le moindre heurt. Elle se laissait faire en se sentant déjà délicieusement proche d'une jouissance qu'elle voulait encore retenir. 

Ils étaient nus tous deux et, depuis bien longtemps, la nuit d'or qui s'était glissée dans la pièce n'avait admiré un couple aussi beau, si bien créé pour l'amour parfait.

Il la caressait toujours et sa main à elle avait trouvé, émerveillé, la vigueur de son corps. Ses doigts fins et gracieux apprenaient à connaître, par instinct, comment ils pouvaient lui procurer le plaisir de l'attente insupportable. Mais leurs caresses simultanées devenaient trop dangereuses...

– Viens... viens sur moi... dans moi..., dit-elle avec un soupir.

Il était déjà merveilleux de le sentir sur elle et, pourtant, il se faisait léger et la prenait avec une précaution infinie. Il entra lentement dans elle, elle s'offrait davantage et pour lui elle était douce et chaude comme la mousse au soleil.

– Je ne te fais pas mal ? demanda-t-il dans un baiser.

– Non... viens, mon amour...  viens...

Il pénétra profondément en elle. Elle ressentait bien une vive douleur, mais ce n'était rien, elle l'avait déjà oubliée sous la jouissance qui accourait, brûlant tout sur son passage.

Elle haletait, tendait son corps, résistait encore dans un suprême effort.

– Mon amour..., murmura-t-elle. Viens maintenant... viens... je...je ne peux plus attendre...

Leur passion victorieuse éclata à la même fraction de seconde comme l'orage qui déchire enfin le ciel. Cela dura une éternité, et, pourtant, c'était si court...

Ils reprirent lentement leur souffle. Il l'embrassa avec une grande tendresse. Ils se regardaient et se souriaient."

pop love

Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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Vendredi 30 août 2024 5 30 /08 /Août /2024 08:00

À compter de ce jour, je ne mettrai en ligne qu'un article par semaine. Le blog a maintenant quasiment 17 ans et force est de reconnaître que l'enthousiasme des premières années n'est plus vraiment là. Cependant, j'ai encore pas mal de choses à partager avec vous, notamment mes découvertes littéraires et mes coups de cœur graphiques ou photographiques.

Lectures estivales # 1

Ava Weissmann, "La fiancée de personne" (228 pages), roman paru en avril 2024 aux éditions Le Tripode. Voici en guise de présentation, le début du texte de la quatrième de couverture : " C'est l'histoire d'une femme ordinaire. Enfin presque. Comment dire, il y a chez elle  une fâcheuse manie. C'est plus fort qu'elle : elle évalue chaque homme qu'elle rencontre de 1 à 10 sur une échelle de connard. Ceux qui ont le malheur de dépasser les 8, elle les met à mort illico. Le mode opératoire ? Émasculation d'un grand et grâcieux coup de mâchoires."

Extrait pages 18-19 : Comme "mise en bouche", je vous propose un passage du chapitre intitulé "XVe arrondissement". La narratrice qui attendait un taxi a été abordée par un inconnu qui s'est présentée comme réalisateur de films. Elle accepte de le suivre...

" Il t'a fait visiter son appartement. Rien à foutre de son intérieur. Pas tes affaires. Et pourquoi pas sa collection de Tupperware  ? tu t'es demandé. Un connard épouvantablement lénifiant. Mais surtout donc : miroirs dans chaque pièce. Ce mec aime se mater, même avec sa gueule. Il t'a demandé si tu portes du vernis sur les ongles des pieds ? pendant qu'il s'apprêtait à te montrer un de ses courts métrages dont tu n'avais strictement rien à carrer. Et comme tu as dit oui, il a dit enlève tes chaussures. Et tu les as enlevées. Puis une série d'ordres, à intervalles espacés mais réguliers, pendant que vous regardiez sa vidéo. Chacun commençait par enlève : ton chemisier, ta jupe, ton soutien-gorge, ton string. Et tu as obéi consciencieusement. Il était enfoncé dans un énorme fauteuil de bureau matelassé. Il t'a observée regarder sa vidéo. Que tu n'as pas vue, qui ne t'a pas intéressée. Tu n'as rien dit. Tu as plongé ton regard dans l'écran. Tu t'es laissé scruter. Puis il t'a demandé : tu mouilles ? Tu n'as rien répondu. Même position. Nouvelle demande : écarte les cuisses. Tu as écarté les cuisses. Plus grand, il a dit, et tu as écarté davantage. Il t'a regardée quelques minutes avant d'enfoncer un doigt dans ta chatte. Elle était mouillée. Il n'a pas cherché à te faire mouiller davantage. Il a enfoncé son doigt en disant c'est bien, c'est bien. Tu as maintenu ton regard rivé sur l'écran. Il a enfoncé son doigt très loin en toi, très fort et très vite, tout de suite. Ça t'a plu, eh oui. Tu dois le reconnaître, ça t'a plu. Et il a répété c'est bien, c'est bien. Après quelque temps il s'est levé devant toi. Son sexe à hauteur de ton visage. Il a ordonné : ouvre ma braguette. Ce que tu as fait. Il a fallu que tu regardes ce que tu faisais. Sors ma queure Et tu l'as sortie, sans rien dire. Puis tu as suivi ses ordres : ouvre la bouche ; lèche-toi les lèvres ; montre-moi ta langue ; regarde-moi et montre-moi ta langue. C'est là que ton regard a changé. Fini la mijaurée. Tu as planté les yeux dans les siens et sorti la langue. Tes yeux lui ont dit tu vas y passer. Et lui, il y a lu tu vas adorer. Tu l'as sucé quand il t'a dit suce. Il répétait c'est bien, c'est bien. Tu as frotté son gland sur ta langue en le regardant droit dans les yeux..."

ava weissmann

Je vous laisse le plaisir de découvrir la suite de ce roman délicieusement incorrect, à l'écriture jubilatoire... Un vrai bonheur !!!


Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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Mardi 4 juin 2024 2 04 /06 /Juin /2024 08:00

 

" À moi pour toujours", 2007, dans la collection  Le Livre de Poche  n° 31077 (377 pages)

Laura KASISCHKE est une écrivaine américaine née dans le Michigan en décembre 1961. C'est dans cet état qu'elle situe le roman qui retrace une aventure extraconjugale de Sherry Saymour, mariée, mère d'un fils unique, quadragénaire de la middle class, professeur de littérature anglaise dans une université. Tout part d'un billet anonyme qu'elle découvre un matin dans sa boîte à lettres professionnelle avec juste ces mots tracés d'une écriture qu'elle ne connaît pas : "Sois à moi pour toujours" (titre original  "Be mine")

Extrait pages 70-72 : un après-midi d'hiver, alors qu'elle est seule dans sa maison, Sherry s'offre le plaisir d'une sieste. 

" Dehors, le soleil parvenait péniblement à percer les nuages lourds de neige, je baissai donc les stores. Je m'allongeai et tirai sur mon corps le couvre-lit qui se trouve au pied du lit. Je fermai les yeux, j'attendis de glisser doucement dans le sommeil, emportée par l'odeur de linge propre, la poussière de l'hiver, la chaudière, le silence d'une maison dans laquelle ne se trouve qu'une épouse et mère, quand soudain j'y repensai.

À la lettre.

Sois à moi pour toujours

J'ouvris les yeux

Sherry ( Chérie !)

Je me mis sur le côté. Puis sur le ventre et ensuite, à nouveau, sur le dos – avec ce frisson qui démarre derrière mes genoux, qui remonte comme la main d'un homme le long de mes cuisses, entre mes jambes.

Depuis quand ne m'étais-je pas masturbée ?

Des années ?

Avant notre mariage, c'était quelque chose que je faisais tous les jours. Voire deux fois par jour ! Parfois dans le bain, ou sous la douche. Systématiquement avant de m'endormir. Dans l'avion, un jour. J'allais à New York voir une amie. J'avais trois places pour moi toute seule. J'avais posé ma doudoune sur mes genoux, et comme l'avion avançait en cahotant sur la piste avant de s'élancer le nez en l'air vers le ciel, en grondant, en vibrant et en bringuebalant, de cette manière déconcertante qu'ont les avions de faire ça en quittant le sol, j'ai glissé ma main dans mon jean et me suis offert un orgasme si intense et si rapide que je me suis demandé après, inquiète, si je n'avais pas gémi dans m'en apercevoir. J'avais alors regardé autour de moi. Personne ne semblait s'être rendu compte de quoi que ce soit.

À cette époque, tout m'emplissait de désir. La vue d'un homme qui desserre sa cravate. Un couple enlacé qui marche dans la rue. Le bout de mon petit doigt entre mes dents.

En fait, je crois maintenant que c'était mon propre corps que je désirais. Même les hommes laids – ceux qui me faisaient peur, ou qui me dégoûtaient –, lorsqu'ils me regardaient en me dépassant dans la rue ou en traînant devant la caisse quand j'enregistrais leurs achats de livres ou de magazines, même ces hommes me faisaient battre le cœur plus vite.

Parfois même, quand on me regardait, le bout de mes seins se durcissait et j'étais alors toute mouillée.

J'étais folle, je crois, de moi, de moi-même. Il m'arivait de prendre un miroir à main, de le placer entre les jambes et de me regarder en train de me toucher. Je pouvais jouir en quelques secondes, ou de pouvais faire durer ça une heure, je forçais mes doigts à s'éloigner de mon clitoris et restais allongée sur mon lit, les jambes écartées – nue, pantelante, je m'amenais si près du plaisir que je devenais une fille au bord d'un précipice de jouissance, je me touchais les seins, je me léchais les doigts, et je m'autorisais enfin de plonger, le torse trempé de sueur et m'abandonnais alors violemment à l'orgasme.

Cet après-midi-là, ce fut plus lent, et mes mains, entre mes jambes, avec un peu d'imagination, devinrent celles d'un inconnu. Mais j'ai atteint un orgasme qui m'a malgré tout surprise. Une fureur bouleversante qui m'a fait monter les larmes aux yeux, comme si, en me faisant l'amour à moi-même, j'étais rendue à un amant après lequel je soupirais violemment depuis longtemps.

Lorsque je m'éveillai – lentement, avec langueur, comme une remontée agréable des profondeurs de quelque chose vers la surface –, j'allai dans la salle de bains pour me regarder, une fois encore, dans le miroir."

be mine


Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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Vendredi 17 mai 2024 5 17 /05 /Mai /2024 08:00

"Chevreuil" de Sébastien Gendron est un polar paru en mars 2024 chez Gallimard, nrf collection "La Noire" (342 pages) 

"Chevreuil", roman jubilatoire absolument et résolument déjanté, nous conte les aventures de Connor Rigby, sujet britannique de sa majesté, résident de Saint-Piéjac, bourgade typiquement française, représentative de la France qu'on dit "profonde". L'existence de Connor va être bouleversée par l'arrivée impromptue d'une rousse incendiaire prénommée Marceline

Extrait pages 46-47. Début du chapitre "Gras de canard", jour de l'arrivée de Marceline. 

" Quand Connor revient dans la chambre au retour des toilettes, il trouve que ça pue. L'animal triste sans doute, et ça lui donne l'impression d'entrer dans une étable alors qu'il y a un instant, il sortait d'un lit qui sentait bon tout un tas de choses, la plupart un peu crades, venant de fluides visqueux et gras, collants et déjà secs par endroits.

En fait si, ça existe les femmes qui débarquent chez vous en fin de matinée avec juste une imposante envie de baiser. Connor et elle ont eu le temps d'arriver jusqu'à la chambre, pas de fermer les volets.

– On s'en fout des volets. Fais-moi voir ta bite, plutôt.

Après, ça a été n'importe quoi et, tout le début en tout cas, à moitié habillé, les fringues à peine retroussées sur la chair. Il a voulu très vite voir ses seins. Il a tiré sur un des bonnets et ça a surgi exactement en même temps qu'elle tirait sur les boutons de son jean pour faire sortir sa queue. Elle a commencé à le branler un peu violemment. Il a voulu la calmer avant qu'elle lui déchire le frein, mais elle s'est jetée là-dessus et l'a avalé en feulant. Connor s'est littéralement agrippé à sa poitrine, arrachant le second sein au soutien-gorge, tortillant les tétons dans tous les sens quand il a compris que ça la rendait dingue, que ça lui faisait avaler son sexe encore plus profond, encore plus vite. Et il a descendu une main jusqu'à son pantalon rouge, à moitié déchiré la fermeture éclair, et il est entré là-dedans, les doigts aspirés comme dans une machine atomique. Elle lui a repeint la paume. Il a vite manqué de place alors il a lâché le sein et l'a secouée dans tous les sens pour lui retirer son pantalon trop serré. Et elle se marrait. À un moment donné, il s'est retrouvé entre ses jambes, sa main droite en elle jusqu'au poignet et elle qui hurlait à l'autre bout. Il s'est fait la réflexion hébétée qu'il n'avait jamais fait ça à aucune femme. Ils ont joui l'un sur l'autre à plusieurs reprises et dans diverses positions, sans échanger autre chose que des grognements, des soupirs et des grossièretés.Ils sont sortis à tour de rôle pour aller chercher de l'eau, se passer sous une douche froide, s'arrêter aux toilettes, mais rien que de se croiser dans le couloir suffisait à leur redonner envie. À la fin, Connor sentait que ça lui faisait même mal d'éjaculer. Il a eu le malheur de lui dire, elle l'a sucé avec tellement d'envie et de ricanements qu'il a rendu ses dernières gouttes en hurlant de douleur.

L'après-midi touche à sa fin quand il revient dans la chambre et qu'il trouve que maintenant ça pue. Marceline dort sur le dos, les jambes écartées, les seins couchés de part et d'autre de sa cage thoracique."

gendron chevreuil

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Vendredi 3 mai 2024 5 03 /05 /Mai /2024 08:00

"L'Art de perdre", roman d'Alice Zeniter, est paru en 2017 aux Édtions Flammarion ( 506 pages)

Pour résumer, il s'agit d'une grande fresque historique qui, à travers le parcours de vie de trois personnages (Ali, le grand-père, Hamid, son fils, et Naïma, la petite-fille) retrace les bouleversements de l'Algérie de 1945 à nos jours... Le récit est passionnant, émouvant... Je vous en recommande chaudement la lecture. 

Bien que le texte n'aborde que rarement la sexualité en général, il y a, de ci de là, quelques allusions voire, pour Naïma en particulier, jeune femme à la sexualité plus "libérée", des passages qui parlent ouvertement du désir

Page 369 : Naïma est au lit en compagnie de Christophe, son patron et amant, avec qui elle vient de faire l'amour

" Sur son bas-ventre, le sexe est désormais si minuscule qu'il ne dépasse plus du triangle de poils vers le nombril. Il est enfoui dans la toison, fragile, lové. Naïma ne l'aime pas beaucoup quand il est comme ça. Une des raisons pour lesquelles Christophe lui plaît, c'est que sa bite en érection lui ressemble : droite, longue, peut-être un peu trop fine. Elle ne lui plaît pas en elle-même mais dans la ressemblance qu'elle entretient avec le corps et le caractère de l'homme auquel elle est attachée. Sol (une amie de Naïma) a écrit l'année dernière un article sur la manière dont le porno a uniformisé ce que devaient être les parties génitales pour les hommes comme pour les femmes, une certaine taille, une certaine variation chromatique, des proportions fixes. Naïma pense que c'est absurde. Les hommes qui l'ont troublée ont toujours eu des queues qui leur ressemblaient – aussi leur faire l'amour paraissait-il être une continuation de dialogue."

zeniter

en illustration, un dessin signé Jean-Jacques Lequeu (1757-1826) à qui j'ai consacré en 2012 une série d'articles que je vous recommande. Voir ici le lien pour le premier de ces articles  Jean-Jacques LEQUEU # 1

Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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Mardi 16 avril 2024 2 16 /04 /Avr /2024 08:00

En 2005, paraissait aux Editions le Cercle mon premier roman érotique intitulé "La seconde vie de Maximilien Bémol" (n° 101 de l'édition Cercle Poche), "chronique achevée de sa merveilleuse et tragique aventure"

Pour vous donner envie de lire ce roman, je vous ai choisi un passage, pages 43 à 46 de l'édition de poche, lorsque Maximilien, petit coiffeur pour dames,  découvre pour la première fois le ventre extraordinairement touffu d'une nouvelle cliente nommée Teresa Dos Santos. Il est venu réaliser une coupe un peu particulière au domicile de Teresa :

      "Elle revint dans la cuisine, regarda longuement Maximilien avec un sourire grave, et alors qu'il s'apprêtait à ôter sa blouse blanche dont la pochette était ornée de l'entrelacs de ses initiales brodées en fil de soie émeraude, Teresa Dos Santos releva sa robe batiste et posa ses fesses nues sur la faîence de la paillasse, entre un saladier d'oranges sanguines et une rangée de bocaux aux saumures colorées.

Ce que vit alors Maximilien Bémol, ce que plus tard, dans leurs égarements post-prandiaux, il n'hésiterait pas à comparer à la place Saint-Marc un jour d'Assomption, avec ses milliers de touristes, ses pigeons mégalomanes et ses orchestres à l'ombre des arcades, ce que Teresa Dos Santos offrait ingénument au cliquetis de ses ciseaux, le plongea dans une muette béatitude si proche de l'extase qu'il sentit à peine son membre prendre la consistance du marbre et des proportions jusque-là ignorées. Donc, Maximilien Bémol se mit à bander comme un âne, et cette érection spontanée et décisive – puisqu'elle marqua comme une aiguille à midi le moment exact du début de sa nouvelle existence, bien qu'il l'ignorât à cet instant précis –  lui arracha des larmes et un soupir que Teresa Dos Santos prit pour de la compassion.

– Pensez-vous que vous pourrez faire quelque chose ? demanda-t-elle tristement sur le ton d'une malade inquiète devant le silence du médecin. J'ai bien essayé de les raser, mais ils repoussent si vite et encore plus longs... Ils m'ont déjà privée de mon mari, un homme charmant mais qui était pris de nausée dès qu'il découvrait un cheveu dans son potage... En trois années de vie commune, il ne m'a honorée que certains soirs d'hiver, lorsque son membre glacé cherchait de lui-même la chaleur d'un gant de fourrure. Et, vous vous en souvenez, ces trois hivers furent très doux, à peine égayés de pauvres gelées matinales et sans lendemain. J'espérais la neige, les anticylones massifs et persistants descendus tout droit de Sibérie... J'aurais accepté de vivre n'importe où au-delà du cercle polaire, au Groenland ou en Alaska... mais il m'a quittée pour une petite garce au ventre glabre avec qui il est parti vivre dans le Sud, là où il ne fait jamais froid. 

À ces mots, elle porta la main à sa bouche. Pour étouffer sa peine, elle se mit en devoir de ronger jusqu'à l'os ses ongles mutilés.

Elle le regardait droit dans les yeux, ignorant – ou feignant d'ignorer – la protubérance qui déformait la blouse immaculée de Maximilien, comme s'il tenait caché à la ceinture un yatagan à pommeau de bronze ou une lupara sicilienne chargée de chevrotine blanche.

Saisissant entre le pouce et l'index un peigne en écaille de tortue, aux dents serrées comme des brins de pelouse anglaise, il le passa doucement, de haut en bas, dans l'incroyable profusion de poils noirs qui recouvraient le ventre de madame Dos Santos, depuis la fontaine de son nombril jusqu'à l'entrebâillement de ses cuisses pâles, et lorsque le peigne épousa l'arrondi du mont de Vénus, il libéra des senteurs de croissant chaud qui achèvèrent de lui faire perdre la tête.
     - Sacré nom de Dieu ! grogna-t-il en lâchant le peigne et de puissantes giclées de sperme aveugle." 

En illustration, une photo volontairement un peu floue qui correspond assez bien à l'image que je me faisais de la toison pubienne de Teresa Dos Santos

maximilien bemol

Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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Mardi 9 avril 2024 2 09 /04 /Avr /2024 08:00

Anixa CARRIE : "Tock" (214 pages), paru en mars 2024 aux Éditions KUBIK, collection OUTRENOIR

Tock

Mon commentaire 

Elle a une vingtaine d'années, on l'appelle "Tock". Elle coche toutes les cases de l'exclusion sociale : une tignasse rousse, un papa qui se suicide, une maman qui sombre dans l'alcoolisme, une scolarité chaotique... Même son nom, Anaïs Tocsin, ne présage rien de bon. Son errance va croiser celle d'un "mauvais garçon". Je vous laisse découvrir la suite.

Écrit à la première personne, le récit d'Anixa Carrie nous immerge dans un monde parallèle, celui de la petite délinquance, des plans foireux, de l'argent qu'on croit facile, un monde où la machine judiciaire broie les individus, jusqu'à la prison où l'on se sent parfois plus en sécurité que dehors.

Un beau roman noir contemporain sur les ravages du déterminisme social.

Extrait pages 72-73. Anaïs qui vient d'avoir son bac décide qu'il est temps de perdre sa virginité. Elle va se donner à un jeune rencontré dans une soirée. Il la raccompagne en voiture. 

" On s'est garés sur le chemin. Il a éteint les phares, puis il a allumé l'ampoule du plafonnier. Il n'était ni beau ni moche. Il était celui qu'il devait être, le mec qui allait faire de moi une femme.

Je me suis tournée dans sa direction, on s'est regardés. On ne devait pas être très expressifs. On se regardait, juste. J'ai avancé mon visage vers le sien, et on s'est embrassés. Ce n'était pas spécialement désagréable. Son haleine ne puait pas. Il a glissé sa langue dans ma bouche, et c'était parti.

Je me rappelle que je portais une robe, un truc léger. Il a posé ses mains sur mes cuisses. Il m'a caressée, un peu tremblant. J'ai écarté les jambes. J'ai touché son sexe, il bandait déjà. 

– Attends ! il m'a prévenue. J'ai ce qu'il faut dans la boîte à gants.

Il a fouillé à l'intérieur, en a retiré un préservatif. On a repris les embrassades. C'est lui qui s'est occupé du préservatif. Je n'avais aucune idée de comment faire.

Quand j'écris que ça a été pénible, c'est parce que je n'avais pas super envie et que c'était dans le but de m'en débarrasser. Après, il était assez doux, pas bourrin. Il respirait fort, mais il n'était pas lourd, il faisait gaffe de ne pas m'écraser. Il prenait soin de moi.

On l'a fait sur la banquette arrière, un classique. Il bougeait au-dessus de moi. Je voyais ses yeux serrés, sa bouche entrouverte. Je m'agrippais à ses épaules. Il y a un détail qui ne m'allait pas, et dont je me rappelle distinctement, c'était la croix du Christ qu'il portait autour du cou. Elle n'en finissait pas de se balancer au rythme des coups de reins. Parfois, elle m'effleurait la figure et je ne le supportais pas, alors je lui ai dit : 

– Vire-moi ça, putain ! Vire-moi ton pendentif !

– Hein ? Quoi ? il s'est étonné, avant de comprendre et d'obéir. 

Qu'est-ce que je peux ajouter ? Je n'ai pas senti une douleur extrême. J'ai léger saigné. Je n'ai pas joui au moment où il a joui. J'ai eu moins de plaisir que lorsque je m'étais caressée. Mais c'était réglé. Je pouvais partir de ce bled sans être à côté de la plaque. C'était le but, c'était ce que je voulais."

tock 2

Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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