lectures x

Lundi 27 mai 2013 1 27 /05 /Mai /2013 12:01

2) Jane OWEN, extrait de « Accès toutes zones »

Dans une soirée, la journaliste narratrice rencontre une star du rock. Elle se retrouve avec lui à l’hôtel.

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owen3« Puis il m’embrasse. Ouah !!

Ensuite, nos fringues volent à travers la chambre. On passe du lit au balcon, du balcon à la douche, nous tartinant de fruits rouges et les rinçant avec du champagne, nous attachant au lit avec des bas, penchés au-dessus du canapé, nous roulant sur le tapis et nous voilà de retour sur le lit pour le bouquet final. Sans l’ombre d’une hésitation, je déclare que jamais de ma vie on ne m’a fait l’amour en me faisant frissonner de la colonne vertébrale, en me titillant les orteils, en me suçant les mamelons, en me faisant plier le dos, battre le cœur, rougir l’aine, déverser des flots de sueur, en me fessant, en me mordant le cou, en m’arrosant la bouche, en me léchant le visage, en me labourant le dos, en m’embrassant de cette façon.

Après, il a ouvert une autre bouteille de champagne et on a parlé pendant des heures. Quand le soleil s’est levé sur Londres, on s’est assis sur le balcon pour finir le champagne. J’arrivais pas à y croire. Ai dû le traîner à nouveau sur le lit pour être bien sûre de ce qui m’arrivait. La deuxième fois, ça a été plus lent. Beaucoup plus lent. Si lent. Presque immobiles, aines et visages collés, en se regardant toujours dans les yeux. Sexy petit fils de pute. Ai fini par m’endormir tout enchevêtrée dans ses bras et ses jambes. »

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Samedi 25 mai 2013 6 25 /05 /Mai /2013 13:14

Une soirée entre filles, Nouvelles

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Recueil de nouvelles d’auteures britanniques paru en 2003. Collection J’ai lu n°6481

colgan11) Jenny COLGAN, extrait de « Dougie, Spoons et le vivarium-solarium »

Doug est au bureau avec une collègue prénommée Maia. Cette dernière est en train de chercher un document dans une pile de dossiers

«  Avant que Doug ait eu le temps de ses poser des questions, elle tendit les bras et se pencha en avant. Au fur et à mesure qu’elle se baissait, sa jupe se relevait de plus en plus.

Doug secoua la tête. D’habitude sa vie n’avait pas grand-chose à voir avec un film porno. D’ailleurs il n’aurait jamais imaginé que cette femme se comporterait de la sorte. Mais il fallait se rendre à l’évidence, à moins qu’elle ne portât un modèle tout à fait inédit, Maia ne mettait pas de culotte. Il se demanda fugitivement si, par hasard, ce n’était pas juste un oubli, mais le serpent qui habitait son pantalon et à qui il pouvait faire confiance lui souffla que ce n’était certainement pas le cas.

D’au air aguicheur, elle releva la tête et la tourna dans sa direction.

- On se voit ce soir ?

- Hu, hu, hu… Heu, j’en serais ravi…

Il regarda une certaine partie de son anatomie commençant pas la lettre C quitter prestement la pièce. Et, bizarrement, ce n’était pas son cerveau. »

 

Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 12:49

ESPARBEC, « Frotti-frotta », 305 pages. Éditions La Musardine, 2011, collection Lectures amoureuses.

Extrait n°2, pages 297-298. Deux pensionnaires, Rebecca et Amandine sont au lit et se sont déjà bien branlées quand Rebecca décide de faire découvrir à sa compagne les plaisirs du « frotti-frotta »

« - Cette chose, ce sont les noces de deux chattes. Et pour que les chattes s’épousent, ma chérie, il faut qu’elles soient bien mouillées, bien énervées, au bord de la rage… Ça tombe bien, la tienne est aussi mouillée que la mienne, on va donc pouvoir se payer une bonne séance de frotti-frotta…

frotti-frotta6- Frotti-frotta ?

- Tu vas voir… je vais te mettre le feu aux tripes, tu vas monter jusqu’au septième ciel…Écarte bien les cuisses, viens au bord du lit, tu vois je pose un pied par terre, l’autre sur le lit, et je m’accroupis, toi tu relèves la cuisse qui se trouve au bord du lit… voilà, comme ça, alors, moi,  je me baisse et tu sens ? Nos deux fentes, l’une sur l’autre, comme deux bouches… deux bouches qui mélangent leurs salives… qui se roulent des pelles… comme si on se léchait là en bas avec quatre langues… Les langues, ce sont les petites lèvres… Un baiser sur les lèvres…

Tout en parlant, Rebecca se frottait à Amandine sexe à sexe, elle se branlait sur le sexe d’Amandine tout en la branlant par la même occasion avec le sien.

- C’est pas génial ? On éprouve toutes les deux les mêmes sensations en même temps ! Exactement les mêmes sensations ! Tu sens, tu sens ? Tu sens comme ça fait ventouse… comme ça se colle bien… on dirait qu’on n’a plus qu’une seule chatte à nous deux… je sens ton bouton dans mon trou et quand je descends, c’est mon bouton qui entre dans le tien… oui, tu peux crier ma chérie… c’est bon, hein ? L’amant de ta mère ne pouvait pas te faire ça, hein ? Tu sens comme la mouille coule de nous ? Comme nous adhérons l’une à l’autre… C’est ça, la véritable union des âmes… Le temps s’est arrêté. Il n’y a plus que toi et moi.

- Rébecca… Rébecca…

- Oui, coquine, frotte bien ta moule contre la mienne. Entre filles, frottons-nous bien ! Tu sens… le feu est en train de prendre… Continue, continue, même si ça brûle, n’arrête pas, plus vite, plus fort, ça va être l’illumination ! »

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Samedi 11 mai 2013 6 11 /05 /Mai /2013 12:26

ESPARBEC, « Frotti-frotta », 305 pages. Éditions La Musardine, 2011, collection Lectures amoureuses.

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Avec Frotti-frotta, Esparbec renouait avec un de ses thèmes favoris, à savoir le huis clos pornographique. Dans un lieu coupé du monde extérieur (une institution pour jeunes filles installée dans un château en pleine campagne), réunissez une directrice dépravée, des pensionnaires en chaleur et un personnel lubrique, vous mélangez le tout, et vous obtenez une suite de tableaux des plus excitants… Le seul reproche que l’on pourrait faire à Esparbec, c’est d’ouvrir trop de pistes et de les abandonner en cours de route. Au final, on a une impression d’inachevé, comme si au bout d’un certain temps, cette histoire ne l’intéressait plus… et ça se termine comme souvent en queue de poisson, sur une pirouette littéraire

Extrait n° 1, pages 87-88. Karen Scott, une jeune Américaine de Boston, se retrouve la proie de Max, un appariteur de l’institution. La scène se déroule dans un couloir obscur.


frotti-frotta2« Il s’avance, plie un peu les genoux, guide son gland entre les lèvres du con, appuie, tâtonne pour trouver l’ouverture, puis, quand il l’a enfin trouvée, pour l’élargir. Karen Scott a fermé les yeux ; d’angoisse, elle se mord les lèvres jusqu’au sang. Et d’un coup d’estoc, Max s’enfonce dans la tiédeur onctueuse et souple du vagin. Quand il arrive au fond, elle sent les lourdes couilles glisser entre ses cuisses. Il la prend à pleines mains, par les fesses, et la soulève pour bien l’empaler. Leurs visages se touchent presque. Elle tremble d’ivresse.

- Tu la sens bien ? demande Max.

Elle fait signe que oui, plusieurs fois, les yeux écarquillés. Oh, sa tête fait que non, maintenant. Oui, fait sa tête, oui, oui, oui ! La tenant par le cul, Max fait coulisser sa verge. Avec un cri d’allégresse, elle se renverse, se cambre, s’ouvre, se dresse sur la pointe des pieds pour être éventrée plus profondément.

Elle pose ses mains sur les épaules de l’appariteur, en sanglotant de bonheur. Ah, ça valait la peine d’attendre ! Il la baise lentement, avec son sourire débile plein de supériorité imbécile. Avec le sentiment d’une souillure irrémédiable, Karen commence à jouir. Elle sait que tout à l’heure, il voudra l’enculer, et que c’est dans son cul qu’il voudra juter, et qu’elle l’acceptera. Trop heureuse de le lui donner, elle se prosternera devant lui, en écartant d’elle-même, de ses mains, ses belles fesses de fille riche pour bien faire ouvrir son anus. Elle sait qu’il lui agrandira d’abord l’orifice , en se servant d’un doigt mouillé de salive, et en émettant les commentaires les plus injurieux sur ce qu’elle lui offre, puis il posera son gland au centre de la brune corolle, sur ce qu’il appelle sa « médaille de bronze », et c’est Karen elle-même, s’appuyant sur ses mains posées à terre devant elle, c’est Karen elle-même qui s’enfoncera le gros pénis en érection dans le cul, elle-même qui s’enculera… Ah ! On peut dire qu’il l’a bien dressée ! »

frotti-frotta3Une vignette de Hugdebert pour accompagner ce paragraphe

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Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 11:33

Christine ANGOT, « L’Inceste », Éditions Stock, 1999.  Livre de poche n° 15116

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En extrait je ne vous ai pas choisi les passages les plus connus relatant ses rapports incestueux avec son père, mais quelques lignes de ses amours avec Marie-Christine.

Pages 20-21

angot2« Toucher, s’enfoncer, faire tourner le doigt, ressortir, le mettre dans la bouche, faire aller le mouillé du vagin à l’anus, ce qu’on ne supporte pas n’est pas ça, mais ce qu’on a vu un dimanche, en plein jour, la lumière entrait pas les baies vitrées grandes ouvertes, je regardais son sexe, la veille, j’avais lu des extraits de Fleur du désert d’une Africaine infibulée, on pourrait le couper, je me disais, au rasoir, aux ciseaux, le recoudre, couper les fils ensuite, etc. Pas au hasard. On enlèverait la petite chair glissante d’une pluie épaisse. Ce qu’on a vu de la vie au milieu l’après-midi un dimanche ou dans le désert, lui enlever sa chair là où ça coule que MCA aime CA. J’ai décidé de ne plus y penser. De ne pas lui dire : « tu sais à quoi je viens de penser ? » Mais de calmer la plaie, en la léchant doucement tant qu’il en était encore temps. Le nymphéa ouvert se répète sur ma fille aussi, je ne peux pas calmer. Ne plus y penser. »

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Mercredi 24 avril 2013 3 24 /04 /Avr /2013 10:14

Kenneth ANGER, “Hollywood Babylone”, Éditions Tristram, mars 2013

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Suite à un article dans la presse, je me suis décidé à acheter ce livre et le moins qu’on puisse dire est qu’on en a pour son argent. En 300 pages (compter presque autant de photos d’époque que de texte), Kenneth Anger nous retrace les pages noires d’Hollywwod (qui s’appelait aux origines Hollywoodland) du début des années 20 jusque dans les années 60. Au fil des chapitres, ce ne sont que scandales sexuels, meurtres, addictions et perversions en tous genres, adultères et partouzes… L'image de marque des stars hollywoodiennes en prend un sacré coup !

La photo de couverture est à elle seule tout un programme : on y voit Jayne Mansfield en avril 1957 à Berverly Hills à l’occasion d’une fête organisée en l’honneur de Sophia Loren. De toute évidence, le décolleté plus que plongeant de Jayne avait fasciné les photographes !

Dans les prochaines semaines, je vous livrerai régulièrement, dans la rubrique « Jadis et naguère », quelques extraits illustrés et gratinés de ces chroniques hors du commun.

 

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Mardi 16 avril 2013 2 16 /04 /Avr /2013 14:00

Alexandre Jardin, « Le Zèbre » (Gallimard, 1988)

Collection Folio n° 2185

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Pages 92-93 : Camille, la quarantaine, professeur de lettres et épouse du Zèbre,  a accepté un rendez-vous secret avec un inconnu qui lui a demandé par courrier de l’attendre dans une chambre d’hôtel miteux. Elle est persuadée que l’inconnu n’est autre qu’un de ses élèves prénommé Benjamin.

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« Elle s’allongea sur le lit pour reprendre ses esprits et son souffle ; quand tout à coup elle vit la poignée remuer.

zebre0L’Inconnu apparut dans l’embrasure, masqué par une cagoule, croyant sans doute maintenir ainsi le mystère de son identité. Cette attention émut Camille. Elle n’en trouva benjamin que plus troublant. Muet, il avança ses mains gantées et lui noua sur les yeux un épais bandeau noir. Un à un, les boutons-pression de son corsage sautèrent, avec une exquise lenteur. Frémissante, Camille se laissa dévêtir entièrement. Il ôta ensuite ses gants et frôla ses hanches. Enfin, les belles mains de Benjamin jouaient sur sa peau, arpentant son anatomie du bout des doigts. Sans un mot, il la couvrit de caresses tremblées, interminables et enveloppantes.

Camille essaya de le déshabiller ; mais il lui fit sentir qu’il pouvait s’acquitter lui-même de cette tâche, et s’exécuta. Il la repoussa à nouveau quand elle tenta à tâtons, de l’attirer contre son sein. Elle comprit alors que Benjamin voulait éviter tout contact susceptible de l’identifier. Conciliante, elle renonça à ses velléités de câlins.

Ils s’aimèrent deux fois, d’une manière peu recommandée par les missionnaires. Au prix d’acrobaties palpitantes et scabreuses, ils atteignirent l’un et l’autre les stratosphères du septième ciel  sans que Benjamin eût jamais pesé sur Camille. Le diable dut y prendre du plaisir.

Rassasiée, elle l’entendit remettre ses vêtements et s’éclipser lentement. Après ce corps à corps, elle savait déjà qu’elle succomberait s’il la convoquait à nouveau. Elle était prête à affronter cent fois les clins d’œil vicelards du patron de l’hôtel et la crasse de la chambre 7 pour retrouver la volupté de ces étreintes aveugles. Seule, elle dénoua son bandeau et enfila son chemisier. »

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Jeudi 28 mars 2013 4 28 /03 /Mars /2013 08:32

Vanessa DURIÈS, « Le Lien », Spengler éditeur, 1993

Collection J’ai lu n° 3678

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Pages 47-48

lien4« Je compris enfin que le membre qui me pénétrait était un olisbos à ceinture dont Maïté s’était ceint la taille. Cette audace m’excita. Je me sentis fondre, mon ventre se liquéfia. Avec un vocabulaire outrageusement vicieux, elle exigea de moi que je me cambre davantage, que je m’offre afin qu’elle puisse me remplir jusqu’au fond. Je cédai à l’impétuosité d’un orgasme que j’aurais voulu pouvoir contrôler, tout simplement parce que c’était la première fois qu’une femme me pénétrait ainsi, comme sur les photos des revues pornographiques qu’il m’avait été donné de feuilleter, le rouge aux joues et le ventre tendu. Je jouis avec la certitude que Maïté connaissait elle-même le plaisir en m’embrochant comme si elle avait été un de ces mâles qu’elle aime dresser pour les humilier de leur machisme.

Épuisée – quelques gouttes de sueur étaient venues éclater sur mes épaules - , Maïté se décolla de moi comme l’animal après l’accouplement et m’aida à sortir de ma prison. Après m’avoir conduite à la salle de bains, où elle me doucha comme si j’avais été une enfant, elle m’ordonna d’aller rejoindre les deux hommes.lien5

Ainsi, j’étais l’objet de plaisir de ces deux hommes et de cette femme. Maïté parut subitement échauffée : elle s’approcha de moi, me coucha sur un lit, écarta ses jambes juste au-dessus de mon visage et exigea avec humeur que je la lèche comme une chienne. Je lapai son intimité avec une docilité absolue. Elle était douce, et ce contact nouveau me transporta. Ses cuisses musclées de femme mûre s’écartaient sous la pression de ma langue et de mes dents. Elle ouvrit davantage son sexe et se libéra violement dans ma bouche. Surprise par cette véritable éjaculation, je connus un nouvel orgasme qui me tétanisa, lorsque je pris brutalement conscience que je jouissais sans l’autorisation de mon Maître. »

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 Ce que j'en ai pensé : Petit récit SM, sans prétention, qui nous raconte l'initiation à la soumission d'une jeune femme par Pierre, son amant et maître. On est loin d'Histoire d'O mais ça se laisse lire...

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Jeudi 14 mars 2013 4 14 /03 /Mars /2013 09:31

Calixthe BEYALA, « La négresse rousse », 1997, Collection « J’ai lu » n° 4601, (ouvrage paru aux Éditions Belfond-Le pré aux Clercs sous le titre « Seul le diable le savait »)

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Au Cameroun, dans un village de brousse, l'arrivée d'un mystérieux étranger va bouleverser la vie de la communauté. Un peu comme la version africaine du film "Théorème" de Pasolini

negresse-rousse1Page 25 : «  Chacun savait que quelque chose d’ignoble se cachait sous l’apparence de jeunes filles et corrompait jusqu’au sang le plus droit des hommes. Ne voyait-on pas les villageois, en manque de femmes ou rêvant d’une de ces fées démoniaques, faire le charivari avec une génisse, une chèvre ou un âne ? Ou encore ces filles du samedi soir, qui venaient au moment des récoltes de cacao, quand les hommes touchaient les salaires. Talons hauts, bouches agrandies au rouge, ongles laqués, elles faisaient la chose dans les champs derrière les palissades ou dans les cabinets. Il y en avait qui la faisaient debout, appuyées aux portes. »negresse-rousse2

 

 

 

 

 

 

 

 


Page 96 : Mégri, la narratrice, découvre l’amour.

« Il m’embrassa les joues, les lèvres. Sa langue à la saveur de mangue et de tabac me fait défaillir. Lentement, ses lèvres descendent, dessinent des arabesques sur mes seins, sur mon ventre. Encouragé par mon trouble, il saisit mes jambes, l’une après l’autre, les porte sur ses épaules et s’enfonce en moi. Le contact de son membre dans ma chair m’arrache un léger cri. Honteux mais souriant, il me demande s’il m’a fait mal. Comment lui expliquer ce désir d’une intensité incommensurable qui me prend jusqu’à la douleur et dont l’effet persiste alors qu’il se trouve comblé ? Lentement, il m’éduque, il me disloque, il me réinvente. Sur nos corps, la sueur. De l’index, il déplace une goutte, sourit. Nos hanches s’épousent, s’élèvent, synchronisées, langoureuses, flottantes comme pour arrêter l’espace et le temps. Le temps qui s’efface. La proximité du plaisir accélère nos mouvements, encense la nuit d’un doux bruissement de voix qui, bientôt, débouche sur une plage de cris et de râles. Il s’écroule sur moi tel un chêne abattu. Saisie des braises de merveille, je ferme les yeux pour relire des moments déjà perdus, presque invisibles. »

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Vendredi 22 février 2013 5 22 /02 /Fév /2013 11:58

Virginie LOU, Œil pour œil

Editions La Musardine, 1998. Collection Pocket n° 10570 (illustration de couverture : "femme dénudée et allongée" par Rodin )

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Un recueil de nouvelles d’une qualité exceptionnelle. Très difficile de choisir un extrait tant l’ensemble est dense, magistralement écrit. Donc, j’ai opté pour une nouvelle intégrale. J’ai choisi la première du recueil : « L’ogre »

v-lou4« Toutes les nuits maintenant je vais rejoindre l’ogre. J’enjambe la fenêtre. Mon père et ma mère sont dans la chambre à l’étage supérieur, côte à côte comme des gisants.

Je traverse le jardin dans l’odeur macabre des buis et j’ouvre le portillon sur le chemin de halage. L’ogre vit dans une cabane en planches au bord du fleuve. Il pue, une odeur de bête, de caverne, qu’aigrit celle de pisse des chats.

Il trône dans un vieux Voltaire récupéré à la décharge, ses greffiers autour de lui comme des courtisans, assis au sommet du dossier déchiqueté par leurs griffes, poussant du museau au creux de son oreille, ou ronronnant sur ses genoux, ou dressés sur ses épaules, les accoudoirs.

La porte à peine ouverte, l’air croupi colle au visage et sur les mains. L’ogre sans se lever allume la lampe à gaz couverte de chiures de mouches.

- Te voilà, petite salope.

C’est son bonsoir, des mots qui n’ont jamais passé les murs de ma maison. Les chats sautent à terre et viennent flairer les chevilles, se frotter à mes jambes.

- Ferme la porte.

J’obéis en silence et prends ma place, debout devant lui dans la lueur brunâtre de la lampe, sur une carpette usagée mais qu’il tient propre, sans tache ni poussière. Partout ailleurs la crasse luit. Sur le parquet, le buffet bancal, la table où s’empilent des assiettes mangées de moisissures.

- Qu’est-ce que tu me montres ce soir ?

Il fait froid dans la cabane mais l’œil de l’ogre brûle. Je détache les boutons du cardigan tricoté par maman (depuis toujours le même modèle, la même laine rouge, la taille seule a changé au fil des ans). L’ogre s’impatiente.

- Dépêche-toi, putain !v-lou1

Je pose le gilet sur la chaise de paille, en prenant bien soin de ne pas le salir. Sinon, il faudrait expliquer cette tache, chez moi tout est si propre.

- Enlève ça maintenant !

Je déboutonne aussi le chemisier, très lentement. Lorsque j’ouvre les deux pans de soie, la chaleur bourdonne dans ma poitrine. L’ogre crie.

- Plus vite ! Tout ! Je veux tout !

Quand maman m’a acheté le soutien-gorge, l’ogre s’est plié dans son fauteuil comme si ses vertèbres avaient cassé, tige de verre. Ses mains se tendaient. Autour de la colonne brisée ses chairs en tas enguirlandé de guenilles flageolaient. Je ne me suis pas approchée malgré ses supplications.

Je n’avais pas encore l’habitude de détacher l’agrafe. J’ai mis du temps, la première fois, à la défaire. L’ogre est devenu très rouge et gémissait – Plus vite ! Plus vite ! La peur mouillait mes doigts.

Depuis, je sais comment la dégrafer, sans me presser. Il faut attendre que l’ogre devienne rouge. À ce moment-là, il se met à dire les mots que j’attends. Petite putain, chienne, femelle, salope, je vais te bouffer. Ses poings se referment, ses épaules se gonflent. Un spasme soulève du fauteuil l’amas de graisse, bloqué soudain par les deux bras arrimés aux accoudoirs comme des étais pour contenir la furie. Ses yeux à fleur de tête me mangent. La haine et l’envie perlent au coin des paupières.

v-lou3Je ne bouge pas. Des gouttes de sueur cascadent de ma nuque entre les fesses, de ma gorge entre les lèvres du sexe. Le fleuve roule au ras de la cabane, ronge la berge. La lampe à gaz chuinte. Dans la pénombre, les prunelles de l’ogre ont des reflets rougeoyants comme ceux des bêtes, la nuit.

Il se laisse retomber dans le fauteuil.

- Enlève le reste.

Chaque soir, je vais un peu plus loin, jusqu’où je peux supporter. Le fracas du fleuve emporte le crissement de la fermeture éclair, le froissement de la jupe.

- Enlève tout !

Le froid de la cabane sur la peau nue fait du bien.

- Fais-moi voir ton cul d’abord.

Lorsque je me retourne, je vois par la fente, entre les planches de la porte, les fenêtres du premier étage où mes parents gisent sans se toucher. J’aime le moment où l’ogre me commande de me pencher en avant. À cette hauteur j’aperçois les marches blanches qui montent au perron de ma maison, et luisant à la clarté des réverbères la plaque de cuivre ovale où est inscrit le nom de mon père, huissier de justice. L’ogre hurle.

- Ta chatte ! Montre-moi ta chatte.

Le mot me fait rougir. J’ai chaud. Les courants d’air qui filtrent par toutes les fissures n’apaisent pas la sensation d’étouffement.

- Écarte tes jambes, je veux la voir de plus près. Écarte encore.

J’obéis. Un peu plus chaque soir. L’ogre se redresse d’un bond. Le monceau de ses chairs se déploie et enfle démesurément. Sa tête frôle le plafond bas. Mon cœur saute. Il tend les bras.

- Écarte encore, salope !v-lou2

La voix de l’ogre est un mugissement étouffé. Il étire vers moi ses mains, tentacules tremblants aux extrémités de corne cassée comme des débris de buccins vomis par les flots.

- Écarte avec tes doigts. Je veux tout voir. Je veux te voir jusqu'au trou du cul !

Les mots de l’ogre me saoulent. J’ai toujours peur que lui aussi, un soir, aile plus loin. Sa respiration se mêle au bruit du fleuve, coulée sombre roulant sans détour ni suspension, arrachant tout sur son passage.

- Je le dirai à ton putain de père ce que tu fais chez moi. Il te tuera. Moi aussi je lui prends tout mais lui le sait pas. Écarte encore ! Mets tes doigts !

Le souffle de l’ogre coule avec la sueur sur mon ventre, descend jusqu’à la fente mouillée, entre en moi. Je rêve au jour de ma mort dans une débauche de tulle et de gerbes de confettis de couleur de sans. Rouge et blanc sur fond d’azur, le drapeau de ma trahison. L’ogre ne s’avance pas encore, il se plaint.

- Caresse-toi. Montre-moi comment tu fais quand tu es toute seule.

- Non.

Vite, je remets les vêtements et m’en vais. L’ogre retombe dans son fauteuil. Ses sanglots dominent un instant le bruit du fleuve et s’y engloutissent.

Je cours jusqu’à ma chambre, allume la lampe de chevet, une très belle lampe signée Lalique que mon père a saisie dans la maison de l’ogre, celle d’avant, son château, quand il lui a tout pris.

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Par michel koppera - Publié dans : lectures x - Communauté : Fantasmes et écriture
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