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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 09:09

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DELIGNY

(poème non daté, extrait du recueil "Cantilènes en gelée")


Il faut bien se le dire, avec tristesse

Les femmes jolies nues ne coïncident jamais

Avec les jolies habillées

Il y a naturellement des exceptions

Ma femme, pour commencer. La vôtre aussi

Si vous avez écrit ces lignes

Mais je ne le crois pas, vous mentez comme je respire.

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Samedi 23 juillet 2011 6 23 /07 /Juil /2011 10:04

Pascal Guignard, « Tous les matins du monde », Editions Gallimard, 1991

À la fin du XVIIème siècle, le jeune Marin Marais devient l’élève de Monsieur de Sainte Colombe, maître de musique (viole de gambe) sous le règne de Louis XIV. Monsieur de Sainte Colombe est veuf, misanthrope et père de deux filles, Madeleine et Toinette. Après avoir séduit Madeleine, l’aînée, Marin tombe sous le charme de Toinette

touslesmatins2Chapitre XVII

« Une autre fois, à quelque temps de là, un jour d’été, alors que Guignotte ( la servante), Madeleine et Toinette étaient convenues d’aller à la chapelle nettoyer les statues des saints, enlever les toiles d’araignée, laver le pavé, épousseter les chaises et les bancs, fleurir l’autel, Marin marais les accompagna. Il monta à la tribune et joua une pièce d’orgue. En bas, il voyait Toinette qui frottait avec une serpillière le pavé et les marches qui entouraient l’autel. Elle lui fit signe. Il descendit. Il faisait très chaud. Ils se prirent la main, passèrent par la porte de la sacristie, traversèrent en courant la cimetière, sautèrent le muret et se retrouvèrent dans les buissons à la limite du bois.

touslesmatins1Toinette était tout essoufflée. Sa robe laissait voir le haut des seins qui luisaient de sueur. Elle avait les yeux qui brillaient. Elle tendit les seins en avant.

« La sueur mouille le bord de ma robe, dit-elle.

- Vous avez les seins plus gros que ceux de votre sœur. »

Il regardait ses seins. Il voulut approcher ses lèvres, lui prit les bras, voulut se séparer d’elle et repartir. Il avait l’air égaré.

«  J’ai le ventre tout chaud », lui dit-elle en prenant sa main et en la mettant entre les siennes. Elle le tira à elle.

«  Votre sœur… » murmurait-il et il l’enferma dans ses bras. Ils s’étreignaient. Il baisait ses yeux. Il désordonna sa chemise.

«  Mettez-vous nu et prenez-moi », lui dit-elle.

C’était encore une enfant. Elle répétait :

« Mettez-moi nue ! Puis mettez-vous nu ! »

Son corps était celui d’une femme ronde et épaisse. Après qu’ils se furent pris, à l’instant de passer sa chemise, nue, illuminée de côté par la lumière du jour finissant, les seins lourds, les cuisses se détachant sur le fond des feuillages du bois, elle lui parut la plus belle femme du monde.

«  Je n’ai pas honte, dit-elle.

-  J’ai honte.

- J’ai eu du désir. »

Il l’aida à lacer sa robe. Elle levait les bras et les tenait ployés en l’air. Il serrait la taille. Elle ne portait pas de pantalon sous sa chemise. Elle dit :

«  En plus, maintenant, Madeleine va devenir maigre. »

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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 10:49

Comme promis, voici le premier poème d'une longue série extraite du recueil "Cantilènes en gelée" ( 10/18 n° 517)

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PREMIER AMOUR

À Jean Boullet

Pour lui changer les idées vian-premieramour

Le 10 mai 1947

 

Quand un homme aime une femme

D’abord, il la prend sur ses genoux

Il a soin de relever la robe

Pour ne pas abîmer son pantalon

Car une étoffe sur une étoffe

Ça use l’étoffe

Ensuite, il vérifie avec sa langue

Si on lui a bien enlevé les amygdales

Sinon, en effet ce serait contagieux

Et puis, comme il faut occuper ses mains

Il cherche, aussi loin qu’il peut chercher

Il a vite fait de constater

La présence effective et réelle de la queue

D’une souris blanche tachée de sang

Et il tire, tendrement, sur la petite ficelle

Pour avaler le tampax.

 

 

 

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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 14:01

EROS ET LES CHIENS

Collection 10/18  n°756 ( Edition française, Christian Bourgeois, 1969 )

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L’ouvrage est composé d’une série d’essais publiés pour la première fois à Londres en 1936, sous la forme de deux recueils intitulés Phoenix I et Phoenix II.

Je dédie particulièrement cet article à J.L. ( alias « Concombre masqué » ou encore "this-is-the-end") qui dans un récent courriel émettait le souhait -le voeu ?- de voir moins de pornographie sur mon  blog…( mon blog, qui est aussi le vôtre, fidèles abonné(e)s et lecteurs-lectrices)

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Pornographie et obscénité

« Leur définition dépend, comme d’habitude, entièrement de l’individu. Ce qui pour l’un est pornographie est, pour l’autre, le rire du génie.

Le mot lui-même, nous dit-on, signifie « appartenant aux prostituées », caractéristique de la prostituée. Mais, de nos jours, qu’est-ce qu’une prostituée ? S’il s’agit d’une femme qui fait payer un homme pour coucher avec lui, nombre d’épouses, en vérité, se sont vendues par le passé, et nombre de prostituées se sont données pour rien quand elles en avaient envie. Si une femme n’a pas un peu de la prostituée, c’est généralement une godiche sans aucune chaleur. Et la plupart des prostituées ont certainement quelque part une trace de générosité féminine. Pourquoi des opinions si arrêtées ? Mais la loi est une chose desséchante et les avis n’ont rien à voir avec la vie.

eros-chiens3Il en est de même du mot « obscène » : nul ne sait ce qu’il signifie. Supposons qu’il vienne d’OBSCENA : ce qui ne peut être représenté sur scène. Est-on plus avancé ? Nullement. Ce qui est obscène pour Pierre, ne l’est pas pour Jean ou Paul ; or le sens d’un mot dépend de la décision de la majorité. Si une pièce choque dix personnes du public sans choquer les cinq cents autres, alors elle est obscène pour dix personnes et inoffensive pour cinq cents. Elle n’est donc pas obscène à la majorité. Certaines pièces d’Aristophane choquent tout le monde de nos jours alors qu’elles ne semblent pas voir galvanisé le moins du monde les Grecs de l’Antiquité. L’homme est un animal changeant, et les mots changent de sens en même temps que lui. (…)

Même les critiques d’art d’opinion assez avancée voudraient essayer de nous faire croire que tout livre ou tableau qui a du « sex-appeal » est ipso facto un livre ou un tableau mauvais. C’est de la tartuferie, simplement la moitié des grands poèmes, tableaux, œuvres musicales, histoires du monde entier sont grands à cause de la beauté de leur sex-appeal. Dans Titien ou Renoir, le Cantique des Cantiques ou Jane Eyre, dans Mozart, ou Annie Laurie, la beauté est tout imprégnée de sex-appeal, ou de stimulant sexuel, appelez-le comme vous voudrez. Même Michel-Ange, qui détestait le sexe, ne peut s’empêcher de remplir sa Corne d’Abondance de glands phalliques. Le sexe est un stimulant très puissant, bénéfique et nécessaire à la vie humaine et nous éprouvons tous de la reconnaissance à sentir son flux chaud et naturel nous traverser, comme une sorte de soleil. » 

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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 08:56

Franz BARTELT

Simple ( Mercure de France 1999, réédité en Cercle Poche en 2004)

simple

Simple a demandé à Adam d’écrire son histoire, mais Simple veut avoir son mot à dire sur le travail d’écriture d’Adam. Voici le début du chapitre 6 :

«  Pourquoi écris-tu sexe au lieu de chatte, de cramouille, de con, de trou, de cul ? Que signifie le mot intumescence ? Qu’est-ce que vient faire la masturbation dans une histoire de branlette ? Adam, tu écris n’importe quoi, comme un professeur de collège qui voudrait gagner un concours de poésie.

simple3- Les mots sont les mots.

- Queue, bite, nœud, chatte, branler, bander, c’est largement assez pour écrire un livre. Je n’en souhaite pas d’autres. Tous les autres mots ralentissent l’action ou sonnent vulgairement. Le poireau ou l’asperge, c’est vulgaire. La saucisse, le zob, la gaule, c’est ridicule. Le sifflet cracheur, la flûte à un trou ou la seringue à boulets hirsutes, c’est faussement métaphorique et ça prend beaucoup de place par rapport à pine, queue, bite et nœud. Même le très convenable «membre » fait dans la brièveté. Pour ce qui est de la vulve, j’accepte encore bien le con, à la limite le trou à bites ( à condition que bites soit au pluriel), la cramouille, mais ni le moule à pine ni le trou qui pisse.

- Ce sont des mots qui ne me viendraient jamais sous la plume, se défendit Adam en agitant les mains devant lui.

- Je te mets en garde, c’est tout. J’ai le droit. En tant que lectrice, je peux exprimer mon opinion sur le style, le fond, la forme, le lexique, la phrase et tout le fourniment.

- J’ai fait pour le mieux. Un texte érotique exige que…

- Je ne t’ai pas demandé d’écrire un texte érotique. Je veux un livre dégueulasse, grossier, qui parle clairement de ce que je suis : une salope qui attend l’heure d’être défoncée par la bonne bite et qui distrait son attente en se branlant et en racontant des saloperies."

 

Commentaire : Outre son caractère érotique, le roman est intéressant dans sa tentative d’analyse en profondeur de la complexité des rapports entre l’artiste et son sujet. Rapports d’interdépendance, mais aussi de domination… Qui décide et de quoi ? Adam a-t-il la liberté de création ou n’est-il que l’instrument de Simple ? Autant de questions auxquelles ce roman tente d’apporter des réponses

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Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 10:04

Attention aux contrepéteries !

 

Il court, il court, le furet,

Le furet des bois, mesdames.

Il court, il court, le furet,

Le furet du bois joli

 

Le furet est bien caché

Le furet des bois, mesdames.

Pourras-tu le retrouver ?

Le furet du bois joli

 

furet

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Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 09:11

Boris VIAN

Un homme tout nu marchait

extrait du recueil de poèmes : « Je voudrais pas crever »

 

Un homme tout nu marchaitpub-visa

L’habit à la main

L’habit à la main

C’est peut-être pas malin

Mais ça me fait rire

L’habit à la main

L’habit à la main

Ah ah ah ah ah ah ah

Un homme tout nu

Un homme tout nu

Qui marchait sur le chemin

Le costume à la main.

 

 

Cet été, je consacrerai plusieurs articles aux poèmes érotiques de Boris Vian, tirés de l’ouvrage intitulé « Cantilènes en gelée » et paru aux éditions 10/18 en 1970 (n° 517 )

Quant au rapprochement avec la pub pour la carte Visa, il m'a paru comme allant de soi

 

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Jeudi 23 juin 2011 4 23 /06 /Juin /2011 10:35

La Nue, Michel Bernard

Editions Cercle Poche, n° 63, 2004  ( Editions “L’or du temps », 1969 )

lanue

Pages 43-44

lanue4« Fé quitte la salle Louis XV, dont le carrelage évoque trop précisément le jeu du narrateur, et gagne un boudoir pentagonal , entièrement tapissé de miroirs (murs, planchers, plafond), meublé de gonflables transparents. Nulle fenêtre, nulle source visible d’éclairage, mais une douce lumière cependant, ce qui s’explique par le fait que quatre des miroirs latéraux sont sans tain et cachent derrière leur surface trompeuse des candélabres. Fé referme la porte, s’accroupit. Elle ne peut se retenir de pisser en ce lieu où rôde la magie. L’urine forme une grossière étoile d’or sur le miroir ainsi brouillé, et Fé y voit l’image vorace de son sexe. Ensuite, elle s’étend sur l’un des sofas de plastique et guette dans la perspective infinie des répétitions suggestives les frémissements de ses cuisses. Si l’os poli qu’elle glisse en elle ne suffit pas à les provoquer – ce qui peut arriver, quand elle a déjà beaucoup joui - , elle invoque alors la scène suivante : sur ce même sofa, nue et fardée comme elle ( les yeux, les ongles), une autre qui lui ressemble à s’y méprendre se livre au même manège. Mais au lieu de se contempler dans les miroirs, elle regarde – sans la voir, bien sûr – Fé qui la guette derrière l’un des panneaux sans tain. Fé l’imite, et bien que cela soit ordinairement impossible, c’est du même os qu’elle se sert ; en sorte que, avec un seul et unique objet, et bien que séparées par une cloison, fût-elle de verre, elles se posséderaient mutuellement. L’effet ne tarde pas, Fé tremble de tout son corps, et elle n’a pas trop de ses mains, de toutes ses mains, pour maintenir tous ces corps  sur leurs couches respectives. Elle en déduit que le lieu est propice à la lévitation. »

lanue0
Commentaire : bon livre, langue  intéressante et riche.  Cadre spatio-temporel très mystérieux, parfois déroutant. Analyse de rapports humains complexes (domination/soumission, recherche d'identité...)

lanue5

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Jeudi 16 juin 2011 4 16 /06 /Juin /2011 12:22

Extrait n° 10

Guillaume Dustan (1965-2005)

« Dans ma chambre » Editions POL, 1996

On se croirait en train de lire un chapitre du manuel du parfait enculeur…

  dustan3

« Je rentre par devant, c’est pas mal, il est un peu crispé, il ne pense pas trop à me faire les seins alors que je ne bande pas à fond, je ne sens pas trop son cul, mais bon, c’est pas trop mal, au moins il n’est pas serré, crispé. Je le chope au-dessous des genoux, je cale les bras, il ne peut plus bouger, je le tire doucement en cabrant un maximum.

dustan5Je le baise exactement comme Quentin me baisait. D’abord l’empoignage. Je le prends dans mes mains et je le tiens doucement et fermement. De face, il y a plusieurs possibilités, de dos aussi, mais moins. Quand il a les chevilles sur les épaules, pour le baiser de face, je mets mes poignets autour de son cou ou de ses hanches. Je le tiens par les chevilles, jambes écartées : il a les jambes repliées sur lui-même, les pieds sur mon ventre ou sur mes flancs. Si je l’attrape par le dessous des genoux, je peux le baiser bras tendus, plus en profondeur avec le poids du corps dans les reins, c’est top. Je peux aussi le tenir dans le dos au niveau des reins, par en dessous un peu en l’air, par les chevilles les jambes en grenouille ou alors droites sur ma poitrine. Je peux aussi le tenir en croisant les bras autour de ses cuisses ou de ses jambes. Ce sont les meilleures positions, les plus stables, on peut maîtriser la pénétration, en plus, en variant les angles, je sens des parties de bite et de cul chaque fois différentes, plutôt le dessous de la bite et du cul, plutôt le dessus bien dans l’axe, un peu par en haut, ou par en bas… Après il y a le cambrage. Ça c’est pour faire sentir sa bite au maximum. Plus je me cambre, plus la pénétration est ample et ressentie par le mec. Ça le détend bien. Et puis il y a le poussage. Au bout du mouvement, ne pas oublier d’exercer une pression de plus en plus forte avec le bassin pour ouvrir de plus en plus profond. On se retient de taper comme un sourd tout de suite en pensant que tout à l’heure on pourra taper comme un sourd mais beaucoup plus longtemps et dans un cul beaucoup plus mouillé et en provoquant beaucoup plus de gratitude. Je l’encule vraiment bien à fond pour la première fois, ça dure enfin assez longtemps avant qu’il jouisse pour que j’arrive au cul bien souple, tellement détendu qu’il fait flotch, flotch, flotch, que je sois couvert de sueur, et qu’après j’aie mal aux cuisses. Comme Quentin dans le temps avec moi. »

dustan4dustan1

 

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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 08:56

Extrait n° 9

Jacques Serguine, « De la coupe aux lèvres »  (Editions Blanche, 2004)

 serguine2

Eloge de l’épilation pubienne ( vous voyez bien que je ne suis ni sectaire, ni manichéen !)

serguine«  J’ai un courage, si je n’en ai qu’un : je vis pour réaliser mes phantasmes, ayant su comme d’instinct, et comme tout de suite, que sinon je n’ai pas de vie. N’étant pas un prédateur, m’efforçant, tant bien que mal, de n’être pas un égoïste, je demande. Je retire ma demande au plus léger soupçon de refus, de répugnance, de simple embarras, mais je la produis partout et toujours. ( ndlr : je fais miennes ces deux premières phrases dans lesquelles je me reconnais en tous points) J’ai envie de te voir en petite culotte, puis nue, j’ai envie de te sucer les seins jusqu’au lait, la vulve et le vagin jusqu’à la sève, j’ai envie que tu me mettes dans toi, j’ai envie de te donner une fessée, j’ai envie par allusion presque trop claire, d’enfiler un thermomètre, à travers le gracile anus, dans ton rectum. Pourquoi pas ? Où, quand, comment serait-ce désobligeant ? Ce qui l’est, est de contraindre, de seulement insister.

J’ai envie que ton ventre, et ici, surtout, la merveilleuse amande, soit aussi nu que tes fesses. Alors l’enfant sera reconstitué, non, retrouvé. Si tu veux, toi aussi, me dénuder, je serai un enfant plus vieux, démoli, moins beau, mais quand même à ton côté dans cette origine du monde, le jardin tu sais, les plages où bercés par la respiration des arbres nous avions chaud. Pour tout le reste des gens, tu seras ce que tu veux, ou ce qu’ils peuvent. Une dame, une femme de tel âge et non pas de tel autre, tu porteras des vêtements, qui permettront à ces mêmes gens de faufiler plus ou moins sournoisement, entre chair et cuir, leurs projections et leurs substitutions plus ou moins imbéciles. Pour moi seul, toute vivante sous les vêtements et prête à en émerge, comme la pousse au printemps jaillit du sol, tu seras l’enfant, mon bébé nu avec ses seins de fleurs, le creux indécent de son nombril, le magique petit escargot rose de son sexe, ses fesses de fruit qui n’a que la pulpe. Jouons, mon bébé. Pardonne-moi si je suis-je suis un enfant bien défraîchi et peu plus âgé. Ah, jouons. Vraiment cet ambigu escargot rose, potelé, fendu, me dérange. Il me met hors de moi, me bouleverse. A-t-il des cornes ? N’en a-t-il, ainsi que moi après tout, qu’une seule, simplement beaucoup plus petite ?

J’ai dû le dire, enfant, j’étais pédophile, les enfants filles me donnaient du trouble. Leurs paroles, à certains moments, me laissaient rêveur et me consternaient. Oui, je veux bien qu’on joue au papa et à la maman, mais c’est toi qui commences !

Vieilli, j’ai changé un peu. Très peu. Je veux bien commencer, même si je préfère toujours, au fond, que l’on commence ensemble : les derniers seront les premiers. Mais c’est bien. Enlève ta petite culotte, enlève ta petite fourrure, montre-moi dans ta confiance et dans la leur ton olive ou ton amande, ton petit escargot rose. Oh, regarde toi aussi, c’est trop mignon, il bave ! »

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