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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 20:59

Extrait n° 8 : André Pieyre de Mandiargues ( 1909-1991 )

"L’Anglais décrit dans le château fermé" ( 1951 )

Réédité en 1979 aux éditions Gallimard

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Le chien

« - Ces animaux bandent diablement vite, observa Montcul, plus prodigue en commentaires qu’un montreur de pantomime. Celui-ci, pourtant, possède un engin d’un calibre que la plupart des hommes (je ne parle que des blancs) lui envieraient.mandiargues1

Du chien, le groupe où j‘étais n’eut que mépris. Déçu par notre odeur ou par notre immobilité, le féroce animal se lança d’abord contre Viola, qui seule était debout et qui avait trop manié l’extrait de chienne pour n’en pas conserver, sur elle, quelque relent. Il mit ses pattes sur les épaules de la femme (qui par un géant semblait invitée à la danse), la fit reculer, presque tomber, et il donnait de grands coups de reins où s’entrebaisaient sa verge et le duvet d’oiseau qui bordait le peignoir.

- À bas, Nelson, dit la belle intrépide. Tu auras mieux que moi, ce soir. Va pincer la petite fille, bon chien.

Sans effort, elle se dégagea, et elle le poussa, qui grognait, du côté de Michelette. Dès qu’il eut flairé les parties saupoudrées, il se jeta sur l’enfant dont il prit le torse entre ses pattes, culetant sur un rythme tellement forcené que pas un de mes lecteurs, certainement, mis à pareille épreuve ne l’aurait soutenue. Viola lui fit quelque caresse, comme elle avait fait à la croupe de Michelette ; ses doigts longuement fuselés, ensuite, saisirent l’énorme verge, la guidèrent jusqu'au con dans lequel elle entra, floc, du premier coup, comme une cuillère dans le ventre d’un perdreau très mûr. Le dogue culeta vigoureusement pendant quatre à cinq minutes, sans provoquer aucune réaction, chez sa monture, que des sursauts de peine (mais je fis l’observation qu’il manquait un miroir, lequel, placé devant nous, eût montré le visage et peut-être les sentiments de l’exploitée), puis il s’arrêta et demeura stupide, tandis qu’une sale odeur de chenil envahissait la pièce. »

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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 17:34

Extrait n° 7 : Hervé LE TELLIER

La chapelle sextine (éditions Estuaire, 2005)

Membre de l’Oulipo, Hervé le Tellier a utilisé pour composer cette suite de tableaux érotiques des contraintes empruntées aux géométries des dallages et plafonds d’une chapelle imaginaire : 26 personnages ( 13 femmes, 13 hommes) devant chacun rejoindre le 7ème ciel 6 fois avec 6 partenaires différents et de sexe opposé. 

 

« BEN ET CHLOE. Dans la banlieue chic de Houston, Texas, dans le grand lit de la chambre de ses parents – dont les vacances à Nassau se passent on ne peut mieux, nous rentrons lundi – Ben sent son pénis grandir entre les doigts de Chloé qui l’embrasse timidement, puis avec une résolution croissante. La télévision est allumée sur CNN, elle diffuse en boucle les images d’un attentat qui vient d’être commis à New York. Chloé s’enhardit jusqu’à lécher le gland. La peau, à cet endroit, a, trouve-t-elle, la douceur sèche d’un coussinet de chaton. Ben ne ronronne pas pour autant.

Chloé se dit que si elle était un homme, elle serait homosexuel. Puis, dans un second temps, que cette réflexion est assez con.

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CHLOE ET DENNIS. Dans une baignoire ivoire de marque Kimberley Clark, Chloé s’est accroupie sur Dennis, lui présentant son dos bronzé et ses cheveux bruns coups courts, et a introduit son phallus en elle ( au prix de quelques contorsions). Ils ont inondé la salle de bains, puis Chloé s’est décidée à ouvrir la bonde. Et c’est dans une vasque vide qu’elle s’emploie à monter et descendre en gémissant, avec l’énergie qui sied à la situation. Leurs sexes pistonnent dans un chuintement de succion, avec, de temps à autre, un bruit d’échappement d’air, proche de la crevaison.

Dennis a mal au dos, trouve la lumière trop crue, et ses bras trop courts pour atteindre ses seins et le convaincre qu’il est bien avec une fille.

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DENNIS ET ELVIRE. L’ascenseur ART (deux personnes, 180kg) transporte au septième étage d’un immeuble parisien Dennis et Elvire (« Monte avec notre ami, a dit son  mari à Elvire, Chloé et moi prendrons le prochain »). Au premier, Dennis embrasse la nuque d’Elvire et caresse ses fesses à travers sa robe. Au troisième, sa main contourne ses hanches, soulève le tissu et les doigts se glissent entre les étoffes, jusqu’à son ventre. Au cinquième, le majeur s’insinue plus loin encore entre les chairs humides. Au septième, le doigts s’éclipse (à regret) après une ultime caresse. La porte va s’ouvrir, Dennis remonte délicatement sa main et ils sortent. L’ascenseur repart aussitôt.

Rien n’est plus rassurant que le désir mouillé salé d’une femme, songe Dennis en respirant sa main parfumée. »

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Mercredi 11 mai 2011 3 11 /05 /Mai /2011 09:10

Extrait 6 : Renée DUNAN ?

Colette, ou les amusements de bon ton ( 1937 )

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Publié sous le pseudonyme de Spaddy en 1937, cet ouvrage met en scène une certaine Colette qui se livre avec quelques amis des deux sexes à toute une série de joyeuses débauches. Il n’est pas sûr que l’auteure en soit Renée Dunan (1892-1936) qui publia cependant de son vivant, sous divers pseudonymes, quelques récits érotiques.

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«  - Branle-le, que je te dis ! ordonna Colette avec cet emportement qu’elle a dès qu’on résiste à ses plus extravagants caprices. Et puis, pelote-lui le cul… il doit l’avoir joli… ça te dédommagera.

Et comme toujours, ma passion pour cette adorable garce me fit céder à son exigence.

Sans qu’il s’interrompit de sa plaisante besogne qui déjà tirait des soupirs à Colette, je rabattis la culotte de René et, agréablement surpris par la blancheur et la tournure rondelette de ses fesses, je ne me fis pas violence pour les lui patiner.

- Ma foi, m’écriai-je, enchanté, c’est un vrai cul de fillette !...goutdusexe-rdunan2

- Eh bien ! tout à l’heure, tu l’enculeras !... Pour l’instant, astique-lui le vit… ça m’excite !

« Ça m’excite ! » c’est son mot le plus familier. Il est irrésistible et sans réplique.

Je branlai donc le joli cousin, tout en prenant de mon autre main une revanche sur sa charmante croupe où je cherchais la perverse émotion du sexe bâtard. Sa verge, courte et fluette, servait mon illusion, tandis que mon doigt s’amusait autour de son anus sans poils.

- Lèche !... Lèche bien !... lui disait Colette. Pointe ta langue dans le haut… Trouve… ne sens-tu pas le petit bouton ?... Oui… là… comme ça… un peu plus fort… Ah ! ah !... parfait !

Elle lui avait passé sa jambe gauche en collier, et paresseusement adossée, les deux bras sous sa nuque, elle balançait sa motte aux coups de langue du gamin.

- Mais, c’est qu’il sait faire, le vicieux !... Ah ! qu’il suce bien !...

Elle ne fut pas longue à jouir.

- Plus vite !... plus vite !... Mets ton doigt dans mon cul… Ah ! ah !...

Elle agita son ventre.

- Ah ! ça y est !... ça y est !... gémit-elle dans son étreinte de ses jambes autour de la jolie tête.

Au même moment, je sentis la petite queue se gonfler, quelques gouttes chaudes perlèrent sur mon pouce et le gosse tituba.

- Vite, viens me le mettre, dit Colette qui l’attirait à elle de toute la force de son désir… Viens, petit, que je me paie ton pucelage !...

Mais la queue de René n’était plus qu’une chiffe molle.

- Quoi ? Déjà tu débandes ? … T’es donc pas un homme ! fit Colette avec humeur.

Ma jalousie d’amant se gaudissait de cette défaillance.

- Voyons, observai-je, tu ne vas pas te faire monter par un même qui n’a que du lait dans les couilles !

- Mais si, mais si, s’obstinait la goule. Je veux qu’il me baise devant toi… Hein ! mon petit, que tu vas me baiser ? Allons, bande ! Tu verras si c’est bon de mettre sa quéquette dans un con de femme ! Puisque t’oses pas avec ta mère, c’est moi qui vais te régaler !... Seulement, bande, petit couillon… D’abord, foutons-nous à poil !... »

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Mercredi 4 mai 2011 3 04 /05 /Mai /2011 14:06

Extrait 5 : Oscar WILDE

Teleny ou le revers de la médaille ( 1893 )

L'extrait est, je l'avoue, assez long mais d'une grande qualité littéraire. Alors, si possible, prenez le temps de le lire et d'éprouver ce que Barthes appelait "le plaisir du texte"

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«  Les fumées du tabac et celles du vin nous montaient à la tête, notre sensualité se réveilla et bientôt nous eûmes dans non bouches un morceau de chair autrement plus volumineux que l’ambre de notre pipe turque. Nos têtes disparurent entre nos cuisses, nous ne formions plus qu’un corps, nous pressant l’un contre l’autre, cherchant de nouvelles caresses, de nouvelles sensations, dans une ivresse de lubricité de plus en plus violente, avec l’âpre désir non seulement de jouir, mais de faire jouir l’ami. Bientôt des monosyllabes, des mots inarticulés exprimèrent le summum de notre volupté, jusqu’à ce que, plus morts que vifs, nous retombâmes l’un sur l’autre en une masse de chair frissonnante. Après une demi-heure de repos et un bol d’arak, de curaçao et de punch au whisky parsemé excitantes épices, nos bouches s’unirent de nouveau.oscarwilde2

Ses lèvres humides frémissaient si légèrement sur les miennes que je les sentais à peine ; elles éveillaient seulement le désir de sentir plus étroitement leur contact, tandis que la pointe de sa langue tantalisait la mienne. Pendant ce temps, ses mains passaient et repassaient sur la partie la plus délicate de mon corps aussi légèrement qu’une douce brise d’été ride la surface des eaux, et toute ma chair en tressaillait de plaisir.

J’étais étendu sur des coussins qui m’élevaient à la hauteur de Tenely ; il mit mes jambes sur ses épaules, et, écartant mes fesses, il commença de baiser, puis de lécher l’orifice médian, ce qui procurait un ineffable plaisir. Quand il eut ainsi préparé l’entrée en la lubrifiant de sa langue, il essaya d’y enfoncer la tête de son phallus. Vains efforts, elle ne pouvait pénétrer…

- Laisse-moi l’humecter, dis-je, il glissera plus aisément.

Je remis alors son membre dans ma bouche, le caressai de ma langue, le suçai presque jusqu’à la racine.

- Maintenant, dis-je, jouissons de ce plaisir que les dieux eux-mêmes n’ont pas dédaigné.

Du bout de mes doigts j’écartai les bords de cette fosse encore inexplorée et qui bâillait pour recevoir l’énorme instrument qui se présentait à l’entrée.

Une fois encore il y pressa son gland ; le bout pénétra, mais le formidable champignon ne put passer outre, et la verge se trouva ainsi arrêtée dans sa carrière.

- J’ai peur de te faire mal, demanda-t-il, peut-être faut-il remettre cela à une autre fois ?

- Oh ! non, ce m’est un tel bonheur de sentir ton corps pénétrer dans le mien.

Il essaya encore, poussa doucement mais fermement ; les muscles de l’anus se relâchèrent : le gland fut enfin logé ; la peau se tendit tellement que quelques gouttes de sang tachèrent les bords ; mais le passage était forcé et le plaisir surpassa la douleur.

Teleny se trouvait emprisonné ; il ne pouvait ni enfoncer ni retirer son instrument ; quand il essayait de l’enfoncer davantage il lui semblait qu’il allait être circoncis. Il suspendit un moment son travail, et après m’avoir demandé s’il ne me blessait pas, sur ma réponse négative, il fit entrer le pénis d’un vigoureux coup de reins.

Le Rubicon était franchi ; la colonne commença à glisser ; il pouvait maintenant entreprendre l’agréable besogne. Le membre entier s’enfonça ; la douleur que j’endurais s’assoupit et le plaisir s’en accrut d’autant. »

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Samedi 30 avril 2011 6 30 /04 /Avr /2011 10:09

Extrait 4 : Melvin BURGESS

Une idée fixe ( doing it ), Gallimard Jeunesse, 2002

Trois jeunes ados de 14-15 ans ne pensent qu’à une seule chose : «Le faire ». Voici Ben avec une de ses profs, l’étrange Miss... aux méthodes pédagogiques pour le moins originales

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«  Elle était tordue…. Certaines fois, j’avais vraiment la trouille. Elle me faisait faire des trucs au lycée aussi. Au début, c’était plutôt excitant. Elle m’emmenait dans la réserve pour me rouler une pelle, et je lui caressais les seins. C’était bon, mais ça foutait quand même la pétoche. Une fois, elle m’a chopé dans les coulisses, elle a relevé son T-shirt et le mien, elle a retiré son soutien-gorge et elle m’a roulé une pelle monstrueuse, torse contre torse, alors que tous les acteurs étaient de l’autre côté du rideau. J’ai cru mourir. C’était hallucinant.

Mais elle devenait de plus en plus incontrôlable. En fait, elle aimait bien prendre des risques. Elle essayait toujours de m’attraper les couilles quand j’étais derrière elle. Elle faisait barrage avec son corps pour que personne ne voie. Un jour, elle m’a mis une heure de colle pour que je reste au lycée après les cours. C’était vraiment gonflé ! Elle a prétendu que j’avais fait un truc alors que je me tenais bien tranquille. Personne n’a été dupe ! J’ai cru qu’elle allait m’obliger à la sauter au lycée, mais ça a été pire. Elle m’a emmené en coulisses, elle a baissé mon jean et taillé une pipe. En me plaçant face aux rideaux pour que je vérifie que personne n’arrive.

- Fais attention à ce que personne ne nous voie, elle m’a dit.

J’ai voulu l’arrêter, mais avec elle, j’ai toujours l’impression de ne pas savoir dire non. Elle n’en fait qu’à sa tête, rien qu’à sa tête. C’est dégueulasse. »

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Mercredi 27 avril 2011 3 27 /04 /Avr /2011 10:27

Extrait 3 : Jacques ABEILLE ( né en 1942)

Belle humeur en la demeure (Mercure de France, 2006)

Une domestique découvre en faisant le ménage un objet érotique…

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«  Ce matin, le souffle oppressé par la boîte à cigares, elle atteint la dernière tabatière de la seconde étagère. Elle est faite d’une porcelaine laiteuse qui brille doucement. Son couvercle à peine convexe présente une minuscule illustration colorée. À chaque extrémité de l’image s’incline un palmier, dans son schématisme assez semblable au plumeau de la petite bonne. Au centre de la composition est une sorte de brouette qui, débarrassée de ses flancs, ressemble à un fauteuil ou à une chaise longue dont la pente aboutit à une petite roue qui pose sur quelques hachures vertes figurant un gazon. abeille2

Sur cette brouette, à demi renversée et la nuque appuyée sur le panneau du fond du véhicule, est installée une jeune femme au visage ovale, encadré de trois coques de cheveux noirs. Son vêtement bariolé bouillonne en s’écartant sur son corps nu, de la blancheur de la porcelaine.  Des seins très menus marqués d’une infime pointe rose, un ventre à peine galbé, les cuisses largement écartées, l’une basculée vers le spectateur, dans un raccourci un peu gauche qui n’est est que plus touchant, l’autre levée presque à frôler la poitrine, et entre les deux, au bas du ventre, un ove de hachures noires de l’épaisseur d’un cheveu, rayonnantes, qui mettent en relief une vulve oblongue aussi blanche que le ventre, à son tour fendue d’un trait rose à peine courbe où vient s’ajuster le petit sexe, rose et mince comme un sucre d’orge, du partenaire masculin presque accroupi, cuisses écartées toutefois pour ne rien céler de la région intéressante, le buste incurvé au-dessus du ventre de sa maîtresse, vêtu d’une courte veste d’un bleu céruléen, serrée à la taille et se terminant au-dessus des organes génitaux en un bref feston onduleux. La tête penchée vers le visage de la femme est montrée de profil, avec la tache noire des cheveux collée sur l’occiput par un petit chignon serré en boule. Le plus étonnant, quand le regard a fait le tour des figurines pour revenir aux visages qui se font face, est la délicatesse de ces derniers. La précision de quelques traits, d’un pinceau qui ne pouvait comporter qu’un seul poil, qui animent les deux physionomies d’un sourire qui n’est pas du jouir –sourit-on quand on jouit ?- mais d’une gaieté espiègle et vive qui replace l’étreinte dans le climat léger d’un  jeu d’enfant  assez absorbant et fort remuant – l’indécent écarquillement des membres favorise l’expression du mouvement – mais exempt de toute gravité. »

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Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 15:17

Extrait 2 : Louis Aragon

La défense de l’infini, Gallimard, 1997 ( le texte original date de 1928 )

Déception au bordel

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« Nous montâmes. Ma compagne s’ennuyait beaucoup justement, elle n’aimait pas lire, elle, elle ne savait pas faire du crochet. Alors j’étais bien tombé. Elle faisait valoir en même temps la potiche de chine orange et or garnie de grands iris en toile qui se recroquevillaient montrant le fil de fer, et se seins qu’elle portait déjà très voisins, et qu’elle rapprochait encore à se toucher, d’une main, parce qu’elle croyait que cette mesquinerie naturelle faisait sa beauté. Sa motte était très joliment ombragée par des poils qui avaient gardé leur couleur propre. Les lèvres un peu longues pendaient. Pour le corps assez long, les épaules étaient bien rondes, et le cou commençait à peine à se marquer de plis gras, exagérés par la crème. Sur le lit, elle eut soudainement l’air d’un tas de macaronis. Elle s’embêtait, elle voulait faire des fantaisies. Elle me montrait son cul avec un air canaille. Elle se renversait. Elle gambillait, et disait : Je t’excite, ah le cochon, etc. C’était bien inutile. Rien ne me faisait plus le moindre effet, je n’aurais pas débandé pour un coup de canon. Elle me dit qu’elle voulait se mettre en train et m’attrapa comme je me défaisais, le pantalon tombé, les souliers encore aux pieds. Du lit où elle s’était jetée elle approcha comme une bête absolument distincte d’elle, sa bouche où je vis une dent bleue, à cause d’un plombage à bon marché. Sa langue n’eut pas plus tôt atteint le membre qu’elle tenait énergiquement que le foutre lui sauté aux yeux. J’avais à peine senti ce qui se passait là. Allons, ça ne valait pas mieux qu’un rêve. »

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Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 09:14

Paul Verlaine : Sonnet du trou du cul

 En forme de parodie d'un volume de blasons, composés par Albert Mérat intitulé L'Idole, où étaient détaillées toutes les beautés d'une dame : "Sonnet du front, Sonnet des yeux, Sonnet des fesses, sonnet du ... dernier sonnet ."

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Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d'amour, qui suit la fuite douce
Des fesses blanches jusqu'au coeur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
A travers de petits caillots de marne rousse,
Pour s'aller perdre où la pente les appelait.

Mon rêve s'aboucha souvent à sa ventouse;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

Cest l'olive pâmée et la flûte câline,
C'est le tube où descend la celeste praline,
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos!

1871- in Album Zutique

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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 07:05

Le goût du sexe, Mercure de France

goutdusexeEn  2009, les Editions Mercure de France eurent l’excellente idée d’enrichir la collection « Le goût de… » d’une petite compilation de 42 extraits de textes érotiques sous le titre « Le goût du sexe ».  Les textes furent choisis et présentés par Philippe Di Folco, et le livre illustré en couverture par une photo d'Isabelle Munoz.

Les textes sont de toutes les époques (d’un extrait du kâmasûtra pour le plus ancien jusqu’à des textes contemporains, en passant par des classiques comme Stendhal, Apollinaire ou Oscar Wilde). Le format du bouquin (16X 10 ) est idéal pour être glissé dans la poche et la lecture en est délicieuse.

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 Extrait 1 : Antonio VIGNALE

« Pourquoi le cul des femmes n’a pas de poils »

Antonio Vignale est un écrivain siennois de la Renaissance (1500-1559) qui serait resté un illustre inconnu s’il n’avait rédigé vers 1525 « La Cazzaria » ( qu’on pourraitt traduire par la biterie ou la fouterie) où il affirmait entre autres préceptes que « le vit est une des premières choses qu’il convienne d’apprendre en philosophie »

goutdusexe-poilducul Voici un extrait du « dialogue priapique » entre Arsiccio ( l’Ardent) et son disciple Sodo

ARSICCIO. – En tout cas, tu remarqueras que le cul des femmes ne bénéficie pas de la faveur de porter des poils, comme le vrai cul d’homme ; le Musco Intronato a inventé mille fables à dormir debout pour tenter d’expliquer pourquoi le cul des femmes est dépourvu de poils ; à mon avis, il s’est égaré, car la vraie raison en est que leurs culs ne se peuvent à proprement parler de culs, mais tiennent plutôt du genre connin, et fut attribué aux femmes pour que, si elles sont enceintes, on n’aille pas jeter sperme sur sperme et fabriquer ainsi quelque monstre ayant plusieurs têtes ou trop de jambes, comme il est arrivé maintes fois par l’inadvertance de ceux qui, leur femme étant grosse, ne savent pas le leur mettre dans le cul, c'est-à-dire dans le petit con. Voilà, Sodo, la raison pour laquelle certains enfants naissent avec plus de membre qu’il ne faut, comme je viens de te le dire.

goutdusexe2SODO. - Tout cela est fort bien ; mais, dis-moi, Arsiccio : si le cul des femmes est un con, il devrait être, selon moi, plus poilu que celui des hommes, puisque la femme a plus de poils au con que l’homme au cul.

ARSICCIO. – Tu dis vrai, Sodo, et penses finement. Mais je te montrerai tout à l’heure que le con a ses poils et aussi ceux du cul (…) Sache à ce propos que la malice des hommes est plus puissante que la Nature, dont elle a dépravé, abrogé et gâté toutes les lois. La Nature avait en effet créé un homme et une femme, un vit et un con, et attribué à chacun le sien ; en ce temps-là, tout con avait un vit à sa mesure. Mais depuis l’invention des guerres, depuis que les nations se sont mêlées, ils se sont séparés et il semble impossible aujourd’hui de trouver un con à sa taille

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Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 12:25

ARAGON : Le con d'Irène

Texte paru clandestinement en 1928 sous le pseudonyme de Albert de Routisie

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Si petit et si grand! C’est ici que tu es à ton aise, homme enfin digne de ton nom, c’est ici que tu te retrouves à l’échelle de tes désirs. Ce lieu, ne crains pas d’en approcher ta figure, et déjà ta langue, la bavarde, ne tient plus en place, ce lieu de délice et d’ombre, ce patio d’ardeur, dans ses limites nacrées, la belle image du pessimisme. Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux.

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C'est dans ce sillage humain que les navires enfin perdus, leur machinerie désormais inutilisable, revenant à l'enfance des voyages, dressent à un mât de fortune la voilure du désespoir. Entre les poils frisés comme la chair est belle sous cette broderie bien partagée par la hache amoureuse, amoureusement la peau apparaît pure, écumeuse, lactée. Et les plis joints d'abord des grandes lèvres bâillent. Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d'un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti.

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Que j'aime voir un con rebondir.

Comme il se tend vers nos yeux, comme il bombe, attirant et gonflé, avec sa chevelure d’où sort, pareil aux trois déesses nues au-dessus des arbres du Mont Ida, l’éclat incomparable du ventre et des deux cuisses. Touchez mais touchez donc vous ne sauriez faire un meilleur emploi de vos mains. Touchez ce sourire voluptueux, dessinez de vos doigts l’hiatus ravissant. Là que vos deux paumes immobiles, vos phalanges éprises à cette courbe avancée se joignent vers le point le plus dur, le meilleur, qui soulève l’ogive sainte à son sommet, ô mon église.

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Ne bougez plus, restez, et maintenant avec deux pouces caresseurs, profitez de la bonne volonté de cette enfant lassée, enfoncez, avec vos deux pouces caresseurs écartez doucement, plus doucement, les belles lèvres, avec vos deux pouces caresseurs, vos deux pouces. Et maintenant, salut à toi, palais rose, écrin pâle, alcôve un peu défaite par la joie grave de l’amour, vulve dans son ampleur à l’instant apparue. Sous le satin griffé de l’aurore, la couleur de l’été quand on ferme les yeux.

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Ce n’est pas pour rien, ni hasard ni préméditation, mais par ce BONHEUR d’expression qui est pareil à la jouissance, à la chute, à l’abolition de l’être au milieu du foutre lâché, que ces petites soeurs des grandes lèvres ont reçu comme une bénédiction céleste le nom de nymphes qui leur va comme un gant. Nymphes au bord des vasques, au coeur des eaux jaillissantes, nymphes dont l’incarnat se joue à la margelle d’ombre, plus variables que le vent, à peine une ondulation gracieuse chez Irène, et chez mille autres mille effets découpés, déchirés, dentelles de l’amour, nymphes qui vous joignez sur un noeud de plaisir, et c’est le bouton adorable qui frémit du regard qui se pose sur lui, le bouton que j’effleure à peine que tout change. Et le ciel devient pur, et le corps est plus blanc. Manions-le, cet avertisseur d’incendie.

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Déjà une fine sueur perle la chair à l’horizon de mes désirs. Déjà les caravanes du spasme apparaissent dans le lointain des sables. Ils ont marché, ces voyageurs, portant la poudre en poire, et les pacotilles dans des caisses aux clous rouillés, depuis les villes des terrasses et les longs chemins d’eaux qu’endiguent les docks noirs. Ils ont dépassé les montagnes. Les voici dans leurs manteaux rayés. Voyageurs, voyageurs, votre douce fatigue est pareille à la nuit. Les chameaux les suivent, porteurs de denrées. Le guide agite son bâton, et le simoun se lève de terre, Irène se souvient soudain de l’ouragan. Le mirage apparaît, et ses belles fontaines... Le mirage est assis tout nu dans le vent pur. Beau mirage membré comme un marteau-pilon. Beau mirage de l’homme entrant dans la moniche. Beau mirage de source et de fruits lourds fondant. Voici les voyageurs fous à frotter leurs lèvres. Irène est comme une arche au-dessus de la mer. Je n’ai pas bu depuis cent jours, et les soupirs me désaltèrent. Han, han. Ire appelle son amant. Son amant qui bande à distance. Han, han. Irène agonise et se tord. Il bande comme un dieu au-dessus de l’abîme. Elle bouge, il la fuit, elle bouge et se tend. Han. L’oasis se penche avec ses hautes palmes. Voyageurs vos burnous tournent dans les sablons. Irène à se briser halète. Il la contemple. Le con est embué par l’attente du vit. Sur le chott illusoire, une ombre de gazelle...

Enfer, que tes damnés se branlent, Irène a déchargé.

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